1026 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
97 critiques spectateurs
5
11 critiques
4
32 critiques
3
29 critiques
2
15 critiques
1
6 critiques
0
4 critiques
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
CrystalEagle
5 abonnés
121 critiques
Suivre son activité
4,0
Publiée le 31 mai 2026
La peur d'aimer. Stéphane, luthier muré dans son atelier, sent tout trop fort, alors il a verrouillé son cœur derrière la raison et l'a laissé s'endormir, comme une pièce qu'on cesse de chauffer parce qu'on a renoncé à y vivre. Mais ce cœur-là n'est pas mort, il dort, et il guette un dégel qui le terrifie. Tout se joue dans les regards, dans les phrases laissées en suspens, dans ce qu'on ne dit pas : Claude Sautet n'explique rien, et c'est ce silence qui resserre l'étau. L'atelier de lutherie, les brasseries, les appartements parisiens du début des années 90, tout baigne dans une lumière feutrée et froide. Daniel Auteuil est bluffant de retenue, au point qu'on l'admire et qu'on lui en veut dans le même souffle, et Emmanuelle Béart, en Camille, est magnifique, d'une justesse rare et très crédible au violon (elle a travaillé l'instrument plus d'un an pour en arriver là). Et puis il y a la musique de Ravel, qui ne se contente pas d'accompagner le film : elle avoue tout ce que les personnages taisent. On ressent un malaise qui creuse en sourdine, une tension qui ne dit pas son nom. Et puis, ça nous rattrape d'un coup, comme un immense gâchis qu'on n'a pas vu venir. Un film sur des êtres incapables de se rejoindre, et qui laisse un peu de givre sur le cœur.
Avec Un cœur en hiver, Claude Sautet signe un film d’une grande élégance sur l’incapacité émotionnelle et les ravages silencieux de la retenue affective. La mise en scène, d’une sobriété presque musicale, repose sur les regards, les silences et les non-dits plutôt que sur les démonstrations sentimentales habituelles du mélodrame. Daniel Auteuil livre une performance fascinante de froideur ambiguë, incarnant un homme dont l’intelligence émotionnelle semble paradoxalement incapable de produire un véritable abandon amoureux. Sautet capte avec une précision remarquable les fragiles déséquilibres entre désir, orgueil et frustration au sein de ce triangle relationnel d’une grande maturité psychologique. Malgré un rythme feutré et une distance émotionnelle qui peuvent déconcerter, le film atteint une profondeur mélancolique exceptionnelle.
J ai adoré le jeu des 3 acteurs principaux. Avec la musique de Ravel tout du long..Emmanuelle Béart est criante de vérité, dommage que cela n'est pas été plus souvent dans sa carrière. L'histoire de 2 personnes qui se passent à côté, pour de multiples raisons... Ah.. la difficulté d'aimer et d'exister..
Pour son avant-dernier long-métrage sorti en 1992, Claude Sautet livre un drame psychologique éprouvant. Au côté d’André Dussollier (César du meilleur acteur dans un second rôle), il réunit le couple à la ville le plus radieux de l’époque, à savoir Emmanuelle Béart et Daniel Auteuil. Dans une sorte de triangle amoureux, l’auteur décortique les affres de la séduction pouvant reposer tout autant sur la passion que la manipulation. Les textes extrêmement travaillés sont par ailleurs sublimés par les silences ou les regards des acteurs. Certes, le propos est plus intellectuel que fougueux mais l’ensemble reste captivant. Bref, une œuvre cruelle mettant en avant la sécheresse sentimentale d’un homme introverti.
« Un cœur en hiver » est une drame psychologique réalisé par Claude Sautet en 1992 avec Daniel Auteuil, Emmanuelle Béart et André Dussollier dans les rôles principaux. Le film se déroule dans le milieu très calme de la lutherie parisienne, la thématique centrale est l'incapacité d'aimer. D'autres thèmes sont développés tels que la peur de l'engagement, l'amitié masculine et l'art de la non-communication. Le jeu des acteurs est bon, André Dussollier a reçu le César du meilleur acteur dans un second rôle pour son interprétation dans « Un cœur en hiver » en 1993 et Claude Sautet celui du meilleur réalisateur.
dans ce film on constate: le triangle amoureux, le refus de vivre et d'experimenter ses emotions, l'éloignement du bonheur par peur de souffrir, stéphane n'a pas oser déclarer qon amour à camille par crainte de se perdre et de s'éloigner de sa solitude habituelle. fin ambigue mais plutot comprehensible.
Un romancier peut décrire la réalité psychique d'un personnage sans évoquer ses paroles et ses actions(« Emma pensait que ... »), un cinéaste ne le peut pas (sinon en un certain moment de l'histoire du cinéma par l'utilisation du truchement de la voix extérieure pervertissant l'essence même du film). Toute réalité « intérieure » du personnage ne pourra donc apparaître au spectateur qu'à travers des interprétations (dont il n'a pas conscience) d'où cette expérience heureuse et si précieuse offerte au regardeur de cinéma de comprendre et non pas de constater, de saisir et non de recevoir, de supposer et non d'affirmer, bref de penser et non d'absorber. Et pour scusciter cette interprétation le cinéaste ne dispose que de l'image et du son, et surtout de l'image comme dans le film de Sautet où la « vérité » ne se trouve pas dans les dialogues (sinon pour dévoiler la défaillance du langage) qu'au sein des regards, et des expressions. Alors que va-t-on « voir » dans « un cœur en hiver » ? pour l'essentiel des failles, des blessures, des manques, comme si la nature humaine tenait toujours dans l'impossible incarnation du désir. Et Sautet construit, élabore à travers son film et d'une façon très subtile et remarquablement efficace cette « vision ».
C'est toute l'intelligence de Claude Sautet qui se manifestait une nouvelle fois. Parce que, théoriquement, ce "Coeur en hiver" avait absolument tout pour se viander en beauté. Et pour cause : une histoire d'une grande banalité et mettant en scène des personnages déroutants. Une violoniste brûlante de passion mais qui, lorsqu'on la voit comme ça, semble être froide comme un glaçon. Et un luthier visiblement imperméable à quelque sentiment que ce soit. Et pourtant, ça marche. Parce que Sautet sait écrire, il sait utiliser les mots quand il le faut tout comme il sait les taire, quand seules les images suffisent. Et il sait diriger ses acteurs. Emmanuelle Béart y est parfaite et Daniel Auteuil n'est pas en reste, trouvant un rôle qui colle très bien avec son tempérament taciturne. La relation entre les deux manque cependant d'ambiguïté, mais Sautet saura améliorer son travail quand il écrira "Nelly et Mr. Arnaud". Si l'on peut s'accommoder de cette carence, il n'est en revanche pas possible de passer outre une énorme faute de goût : aussi peu étendue soit-elle, cette discussion sur ce qu'est l'art à grands coups de déclarations péremptoires est aussi mal venue narrativement qu'intellectuellement.
Je ne m'attendais pas à tomber face à un tel chef-d’œuvre. Je connais très mal Claude Sautet, de lui je n'ai vu que Max et les Ferrailleurs et Un Mauvais fils, deux films que j'avais bien aimés, mais que j'ai vus il y a une éternité. Il semble que dans cette œuvre de la maturité qu'est Un cœur en hiver, Sautet ait épuré encore son art, tout en s'adonnant à son amour pour la musique.
Il a composé comme un film ravelien à mon sens, beau, élégant, sophistiqué, aride... et percé d'éclairs de sensibilité, qui déchirent le cœur de certains personnages, et le nôtre. Ce film atteint une perfection rare, rien n'est de trop et rien ne pourrait être enlevé. Chaque dialogue est à sa place, qu'il semble anodin ou recherché. Il y a un sens du rythme de bout en bout, dans un calme olympien, ou ravelien plutôt.
Une mécanique précise, dans chacune de ses composantes, mais qui n'est pas froide. Elle nous laisse dévasté par ce que l'on vient de vivre lorsque le film s'achève, sur le regard perdu de Daniel Auteuil, bouleversant ici. Emmanuelle Béart n'est pas en reste, c'est probablement l'une de ses meilleures performances. André Dussolier complète impeccablement ce trio.
Tout est réussi dans ce film. Notamment ce scénario et ces dialogues. Des pistes sont lancées : est-ce un film hitchcockien ou clouzoien (pardon pour le néologisme :-)) ? Il semble qu'il soit typique de Sautet, en définitive, par ce goût pour la peinture de sentiments extrêmement subtils et complexes - et très forts. Un Sautet que l'on découvre sous un autre jour, d'une finesse incroyable. Je suis encore ébloui par ce que je viens de voir (et d'entendre), c'est une pure merveille.
La beauté d'Emmanuelle Béart pourrait valoir à elle seule le film mais ce serait réducteur. Daniel Auteuil excelle en faux autiste manipulateur même si on se demande comment refuser les avances d'une telle violoniste ! Un film qui vaut aussi pour sa replongée dans le Paris bourgeois des 90's.
Bien que parfois classieux ou littéraire, ce triangle amoureux nous entraîne dans son émoi grâce à la puissance de certaines scènes (le taxi, le restaurant) où explose la vérité des émotions d'une sublime Emmanuelle Béart incarnant avec intensité une femme entière face au salaud ordinaire par lâcheté que campe avec une froideur pathétique Daniel Auteuil. Par la justesse du dessin psychologique des personnages, l'intrigue propose une vision (lucidement?) pessimiste des relations sentimentales tout en donnant pleine place à la force (dangereuse) de l'art (musical) qui par son onirisme peut couper des contingences du réel pourtant seules véritablement vécues. Un drame douloureux, délicat, désenchanté.
16 217 abonnés
13 167 critiques
Suivre son activité
4,0
Publiée le 16 septembre 2024
Tournè en 1992, "Un coeur en hiver" est un des films les plus èlègants du cinèma français, par le rèalisateur de "Vincent, François, Paul… et les autres" (1974) et "Un mauvais fils" (1980), mis en lumière par Yves Angelo, le directeur photo de "Nocturne indien" (1989) et sur les conseils techniques de Etienne Vatelot qui a soignè les instruments tout en participant à l'èlaboration du dècor de l'atelier de lutherie! Autant dire du très beau monde pour conter ce drame de la plus belle veine qui, sans nul doute, eût sèduit Herbert Maisch! Tout est ici dans la suggestion et les non-dits avec deux quadras amoureux des violons (Daniel Auteuil & Andrè Dussolier) et d'une charmante et talentueuse concertiste (Emmanuelle Bèart). Le rèsultat est à la hauteur des espèrances et il ne faut pas perdre de vue que Claude Sautet ètait un grand passionnè de musique ainsi qu'un ex-critique musical! Merci donc à lui pour cette partition intime et subtile sur l'amour impossible! Cèsar du meilleur rèalisateur (le premier pour Sautet) et du meilleur acteur dans un second rôle (le premier aussi pour Dussolier)...
Juin 2024 - Un drame mélancolique et savoureux. La finesse des dialogues, la justesse des regards. Un titre parfait qui p pourtant ne dévoile rien. Beard sublime, Auteuil parfaitement intérieur. Et Ravel magnifique !
LA CONCORDANCE DES TEMPS. Les cordes sont tendues, la sonate est en raie mineur, amère mélodie. Le luthier frotte avec son archet la belle noiseuse, sans vibrations ni motivation. Galinette a aimé.
C'est la 1ère fois que je quitte une séance, comment c'est possible de faire des trucs aussi nuls, et pourquoi je vais voire ce genre de trucs, daniel auteuil est amoureux d'emmanuel beart qui est violoniste et voilà, ça parle, ça joue du violon et ça parle, ce film est une souffrance.