Troisième volet de la franchise, Le Fils De Frankenstein, réalisé par Rowland V. Lee qui succède à James Whale, est un film de bonne facture, bien qu'inférieur à ses deux prédécesseurs. L'histoire nous fait suivre Wolf Frankenstein, le fils d'Henry, qui revient avec sa femme et leur enfant habiter la demeure familiale dont il a hérité. Seulement, à son arrivé, l'homme reçoit un accueil hostile de la part de la population locale traumatisée par les expériences scientifiques de son père. Alors qu'il s'aventure dans l'ancien laboratoire de son paternel, il rencontre Ygor, un forgeron qui lui demande de l'aide pour sortir du coma la créature monstrueuse que tous les gens du village pensent anéantie. Ce scénario s'avère plutôt plaisant à visionner pendant toute sa durée d'une heure et quarante minutes. Une durée plus conséquente que celle de ses deux aînés qui se fait légèrement ressentir. La faute à une intrigue sous forme de redite qui n'a pas grand chose de neuf à raconter. On assiste pendant tout ce temps à un récit mettant en avant la créature une énième fois ressuscitée, qui sème la terreur dans la petite localité. Le principal problème provient justement de la façon dont est traité le monstre. Alors qu'il avait évolué dans le précédent métrage en apprenant à se comporter et à parler, il est ici de retour à l'instinct primaire. Cela enlève tout le côté humain et c'est franchement dommage tant il fallait poursuivre dans cette direction. Il en va de même concernant la femme créée dans le deuxième volet qui passe ici totalement à la trappe. L'élément scénaristique qui fait tenir le film est la culpabilité qui plane au dessus de la tête de Wolf, soupçonné d'être à l'origine du retour du monstre. Tout cela donne lieu à des scènes de confrontations physiques et verbales réussies. L'ambiance est pour sa part peu horrifique. L'ensemble est porté par des personnages appréciables. Des rôles interprétés par une distribution convaincante comportant Basil Rathbone, Bela Lugosi, Lionel Atwill, Josephine Hutchinson, Donnie Dunagan, Emma Dunn, Edgar Norton, Perry Ivins, Lawrence Grant, Lionel Belmore ou encore Gustav von Seyffertitz. Mais, une nouvelle fois, la véritable tête d'affiche est bien le rôle du monstre toujours aussi bien incarné par Boris Karloff, seul rescapé du casting originel. Tous ces individus entretiennent des rapports conflictuels soutenus par des dialogues bien écrits. Sur la forme, la réalisation du cinéaste américain s'avère qualitative. Sa mise en scène est soignée et efficace. Si elle est un cran en dessous de celle de son prédécesseur, elle reste tout à fait honorable. D'autant plus qu'elle évolue toujours au sein de très beaux décors et qu'elle bénéficie d'une photographie léchée, notamment à la faveur d'un bel éclairage rendant le noir et blanc esthétiquement joli. Ce visuel de qualité est accompagné par une bonne bande originale signée Frank Skinner, dont les compositions collent très bien à l'atmosphère. Ses notes sont beaucoup plus présentes que pour les deux premiers volets. Reste une fin au goût de déjà-vu venant mettre un terme à cette œuvre. En conclusion, Le Fils De Frankenstein est un long-métrage méritant le coup d'œil, sans pour autant être aussi indispensable que les deux premiers, en particulier le deuxième, qui est assurément le plus abouti.