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Un visiteur
2,5
Publiée le 19 septembre 2008
On sent déjà dans ce film la volonté de préparer l'après guerre, au travers des guides on montre les vertus qui permettront de redresser la france, un film honnête.
Un jeune homme se destine à devenir guide de haute montagne, comme son père, mais un accident lors d'une ascension hypothèque ses chances. Ce fil dramatique est bien léger. La production peut toujours se flatter de tourner en décors naturels, sur les lieux de l'action et sans trucage, Louis Daquin réalise un film sans relief ni personnalité, adossé aux alpages et à de beaux panoramas de montagne. Le film ne manque pas de points de vue, contrairement au cinéaste, pas inspiré par les sommets où il posé sa caméra. Il filme certes avec les moyens de l'époque mais son récit, adapté de Frison-Roche, n'est pas une aventure ; c'est juste un petit drame bavard au enjeux faibles et aux personnages insuffisants sur un plan romanesque en même temps que médiocrement représentatifs de l'existence alpestre ou de l'activité des guides. Les quelques scènes d'ascension filmées en plongées ou contre-plongées et en gros plans n'ont pas d'intérêt, pas même documentaire. Les prises de vue sont anodines et n'ont pas grand-chose de spectaculaire ou d'exaltant. L'épisode dramatique de l'orage en montagne avec touriste inconséquent -tourné en studio très probablement- donne même dans le grotesque. Daquin manque de finesse. On le voit notamment lorsqu'il multiplie les vues brouillées pour signifier le vertige du jeune alpiniste. Cela dit, s'il loue le courage des guides et salue leur sens des responsabilités, il n'en fait pas trop, moins que ce que je craignais, suivant cette époque du cinéma français qui a la glorification des grands hommes assez facile.
Film tourné en 1944, présenté en 46 et restauré en 2017. Film qui présente le dur métier de guide de haute montagne mais de manière assez édulcoré. De beaux paysages, quelques moments un peu long ou redondant dans les ascensions, une histoire entre l'avant et l'après (symbolisme entre avant 40 et après les épreuves de la Guerre) la vie rurale fière de ses traditions face au monde moderne ou un emploi stable est plus sûr. Amitiés, confiance, camaraderie, transmission, solidarité face à la montagne qui symbolise la rigueur du monde et qu'il faut rester vigilant pour ne pas être emporté dans le tourment.
Premier de cordée souffre de sa bande son, de qualité trop faible, et de son ouverture plutôt brouillon, il est dans un premier temps difficile d'accrocher à l'histoire. Heureusement, porté par des paysages de toutes beautés filmés à travers des angles de vues vertigineux, le film parvient à rebondir et à prendre un second souffle après le premier départ de Pierre. Un film qui ravira les passionnés de haute montagne qui, comme moi, se rêve en haut de sommets comme ceux présentés dans ce film.