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thamnophile
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5,0
Publiée le 2 octobre 2008
J'ai regardé ce très beau film voici quelques années et je l'ai alors enregistré en VHS. L'ambiance de la Pologne de l'époque est très bien reconstituée. Les acteurs ont un jeu excellent notamment les jeunes Roma ALEXANDROVITCH et Sacha IAKOVLEV. Dans leur jeu, il y a beaucoup d'émotion, de sincérité et de vérité. Leur amitié est plus forte que tous les clichés car c'était une époque où l'antisémitisme empoisonnait la vie des gens en Europe surtout de l'Est. Le film a été réalisé en noir et blanc, ce qui ajoute à sa beauté plastique. Je ne sais pas s'il existe en DVD mais si tel est le cas, n'hésitez surtout pas à l'acheter. Sinon, enregistrez-le le jour où une chaîne de télévision le programmera ce que nous souhaitons tous tant c'est un beau film qui mérite d'être découvert. Une idée serait qu'il soit difusé dans les collèges dans le cadre d'une réflêxion sur le racisme et l'antisémitisme. C'est une belle leçon de tolérance et souhaitons qu'elle porte ses fruits pour que les horreurs du passé ne se répètent plus jamais.
Esthétiquement, le film est remarquable, car il dispose d'une photographie en noir et blanc somptueuse, d'autant que la réalisatrice, Yolande Zauberman, a parfaitement réussi à capter et transmettre une atmosphère de la Pologne des années 30, notamment grâce aux regards miséreux, mais très vifs des enfants acteurs. Mais voilà, ça peut être beau, mais c'est aussi très long. Y a de l'ambition, indiscutablement, mais l'ensemble manque cruellement de dynamisme. Et puis surtout... d'originalité. Car si le sujet aurait pu être intéressant, il est traité de manière trop pathétique et convenue pour ce qui est des personnages pour être convaincant. Moyen.
Ressortie en salle de cet opus de YZ, réalisé en 1994, sorte de chronique d'un village du fin fond de la Pologne pendant les années 1930.
Faisant penser à SHTTL (2022), " moi Ivan, toi Abraham" révèle par petites touches l'antisémitisme qui y régnait et les signaux avant coureurs de la tragédie à venir.
Filmé en noir et blanc, avec talent, il manque pourtant un scénario structuré. Les portraits de quelques personnages sont mis en avant, mais il me semble que la cinéaste reste beaucoup trop sur la réserve dans son propos.
Premier long-métrage de fiction de Yolande Zauberman, qui n’avait jusqu’ici réalisé que des documentaires, ce film de 1993 nous embarque au cœur d’un shtetl – un village juif – dans les confins de la Pologne rurale de la fin des années 30. Recréant une atmosphère à jamais perdue, ce film dense et très documenté nous offre un fascinant voyage linguistique et culturel entre yiddish, polonais et russe. Porté par de jeunes acteurs superbes, il raconte à la fois les tensions naissantes entre communautés – chrétiens, juifs et tziganes – sur fond de rumeurs en tous genres, d’antisémitisme larvé et de pauvreté galopante, mais propose aussi un second niveau d’intrigue plus intime, qui parle du poids des traditions juives sur les jeunes générations, qui ruine tout désir d’émancipation. Ainsi le jeune Abraham est-il critiqué pour son amitié indéfectible envers le goy Ivan. Ainsi la jeune Rachel, sœur d’Abraham, est-elle promise à un homme qu’elle ne connaît pas alors qu’elle est amoureuse de Aaron, lui-même recherché en raison de ses activités communistes. Pour le petit frère comme pour la grande sœur ne s’offrira que la possibilité de la fuite ou de l’exil, et la découverte du (rude) monde extérieur à leur communauté. Filmé dans un noir et blanc superbe, baigné d’une musique magnifique, Moi Ivan, toi Abraham est une proposition de cinéma rare et ambitieuse qui offre des séquences d’une grande émotion.
Excellent film poignant de deux enfants qui fuient les contraintes de la société et des religions dans lesquelles tous les deux vivent et que l’amitié soudé de façon indéfectible. Film bourre d’émotions.
Un très bon film, juste, émouvant, pertinent, très bien filmé et très bien joué. On apprend beaucoup sur l'antisémistisme vu à l'échelle d'un village, sur ses conséquences sur les individus et leurs relations sociales. L'histoire d'amitié entre les enfants sonne juste, elle touche. Selectionné à la quinzaine des réalisateurs à Cannes, il mérite d'être découvert et nous change des grosses machines larmoyantes du type "liste de schindler".
Un film absolument remarquable parce que le monde juif en noir et blanc dans lequel il nous plonge n’est pas du tout refermé sur lui-même. Bien au contraire, il intègre l’autre, Ivan le goy, les tziganes, pour que le monde soit finalement plus large -et jusqu’à l’horizon. C’est tout l’objet du film, déjà annoncé dans son titre. Un tour de force, un véritable chef d’œuvre.