Andrej Zulawski, qui selon moi, offra son plus plus beau rôle à Romy Schneider dans "L'important c'est d'aimer", revient quelques années plus tard avec "L'amour braque".
Dans ce film, il explore à nouveau la folie et oppose la beauté à la laideur.
Il s'agit d'un groupe de braqueurs qui fait la rencontre d'un prince Hongrois nommé Léon et interprété par Francis Huster, sortant d'un hôpital psychiatrique. Le chef de ce groupe est fou amoureux d'une prostituée, Marie, incarnée par Sophie Marceau.
Lorsque Léon voit pour la première fois Marie, il en tombe immédiatement éperdument amoureux.
Très vite, on s'aperçoit que les personnages ont tous perdu l'espoir. La noirceur est présente tout le long du film.
Léon, interprété par Francis Huster, pense que ce ne peut être Dieu qui l'a créé car sinon il serait autrement. Il pense également qu'il n'y a pas de vie mais uniquement une guerre. En effet, il se considère comme étant un être imparfait et se sent constamment en guerre contre l'horreur du monde et contre lui-même, se sentant prisonnier de son propre corps et de son propre esprit.
Quant à l'une des prostituées, le théâtre représente pour elle une échappatoire à sa condition.
On a cette impression d'être pris en otage, la même impression que pour le film "L'important c'est d'aimer".
Le réalisateur nous oblige à voir l'horreur telle qu'il a décidé de nous la montrer.
Puis il y a ce sentiment d'oppression omniprésent.
Le réalisateur continue de nous choquer,
notamment lors de la scène finale où l'on comprend pourquoi le personnage de Sophie Marceau a basculé dans le milieu de la prostitution grâce au visionnage d'une cassette vidéo contenant les conditions de la mort de sa mère.
La scène la plus marquante est sans aucun doute celle où Sophie Marceau maquille Francis Huster pour lui faire ressentir les mêmes émotions qu'elle pour qu'il puisse comprendre ce qu'elle ressent avec ses clients.
Il y a là une forme de mimétisme.
Le film dénonce en somme la cruauté du monde et la perversion des hommes en utilisant le milieu de la prostitution et du banditisme comme exemples.
En conclusion, un film trop démonstratif, trop noir, trop cruel, à la limite du supportable.
Le réalisateur ne sera pas parvenu à recréer le miracle de "L'important c'est d'aimer".
On ne peut s'empêcher de faire le parallèle avec ce film car il a recréé la même ambiance sans réussir à nous bouleverser comme il l'avait fait avec ce dernier.
1 étoile pour "L'amour braque" qui mérite d'être regardé uniquement pour les scènes avec Sophie Marceau dont le charisme est indéniable.