Un film catalogué dans le bas du bas du panier de l'oeuvre wilderienne et qui mérite pourtant grandement qu'on s'y arrête. Pour la seule fois de sa carrière où le réalisateur s'attaque à une figure ayant réellement existé (si on fait exception de François-Joseph Ier d'Autriche dans "La Valse de l'empereur" et qui n'est utilisé que comme toile de fond comique et nostalgique!), on peut faire comme grand reproche à Wilder de ne pas avoir réussi à lui donner autant de substance qu'à ses personnages fictifs. C'est la seule véritable réserve que l'on puisse faire sur cette oeuvre totalement méconnue. Et bien qu'il soit un peu trop âgé pour le rôle, James Stewart s'en sort avec tous les honneurs. Le sens du spectacle du cinéaste est encore ici très bien affuté car malgré l'étroitesse d'une grande partie de l'action, on ne s'ennuie pas un seul instant. On n'a même le droit à quelques beaux moments de lyrisme quand l'aviateur survole certaines paysages en particulier ceux qui sont irlandais. La partition céleste de Franz Waxman sert très bien le tout. Un beau spectacle.
Le film retrace une belle aventure humaine à l'époque des pionniers de l'aviation avec la navigation "à l'estime". Sans instruments de navigation ou radio. Ce qui étonne du coup lorsque on voit le nombre de gens qui l'accueille au Bourget en pleine nuit!!!! La biographie est passionnante et nous présente un personnage vraiment sympathique
Film de commande pour Billy Wilder, un biopic tout à la gloire de l’exploit de Lindbergh. Exit donc les allusions aux sympathies nazies du bonhomme, ce qui ne l’empêchait pas par ailleurs d’être l’ami d’un cinéaste juif. Hollywood et ses contradictions… Raconté de manière assez classique par Wilder, en une succession de flash-back enchaîné avec un récit plus linéaire, le film n’en reste pas moi captivant, Le charme du vieil Hollywood fonctionne à plein. Les scènes de vols sont de pure beauté rehaussée par la musique élégiaque de Franz Waxman, les moments de doute et de solitude plutôt bien rendus et on ressort de cette odyssée agréablement enchanté.
Billy Wilder adapte au cinéma l'exploit de l'aviateur Charles Lindbergh qui fut le premier à réaliser le trajet New York - Paris par la voie des airs sur le fameux Spirit of Saint Louis. Le réalisateur arrive à nous proposer un film palpitant alors même qu'une bonne partie de l'histoire se déroule dans le cockpit avec James Stewart comme seul intervenant. Même si l'on connait la conclusion heureuse de ce voyage, on ne peut s'empêcher de partager avec le personnage une certaine tension ou une excitation. Ces scènes de huis clos sont clairement les points forts du long métrage bien que le reste (flashbacks et la préparation) s'incruste bien dans l'intrigue.
Une grande aventure oui, de là à la rendre passionnante à l'écran pas si simple et c'est le grand Wilder qui s'y colle, délaissant un peu ses comédies mais ne perdant jamais une occasion pour rajouter un peu d'humour au film. Au final avec un James Stewart parfait pour le rôle il réalise une bonne reconstitution particulièrement soignée sur les détails techniques.
Film qui retrace l'exploit de Lindbergh. Billy Wilder arrive a rendre très prenantes des séquences à priori banales (les scènes de huis-clos dans l'avion sont très bien mise en scène). Le scénario reprend aussi à l'aide de flash-backs la vie de Lindbergh (des petites touches d'humours sont ajoutées la plupart du temps). James Stewart est très bien.
En 1957, Billy Wilder met de côtés ses comédies pour s'attaquer à un projet de commandes, le biopic romancé de Charles Lindbergh, adapté du livre de ce dernier : "33 heures pour Paris ". Il s'attarde vraiment sur le trajet de New-York à Paris en avion en 1927, projet déjà essayé et avorté ou échoué par d'autres avant lui. Il nous livre finalement un très bon récit d'aventure, avec une première partie sur la mise en place du projet et les préparatifs et l'autre dans l'avion. Dans les deux cas (et notamment le deuxième) on assiste à une histoire rendu captivante et passionnante par Wilder. La narration, parfois composée de flash-back, est toujours fluide. Le film est bien écrit, que ce soit le scénario, plutôt classique mais intéréssant, sachant mettre les bons évènements en avant ou tout simplement le personnage de Charles Lindbergh. Ses sentiments sont bien retranscrit, que ce soit sa passion, son envie, ses peurs, frayeurs ou encore doutes, notamment lors du trajet en avion. D'ailleurs cette partie là est vraiment bien réussite, que ce soit au niveau des paysages, de la réalisation de Wilder et surtout de l'étude du personnages, qui en plus d'être fatigué et de passer par divers sentiments, se souviens d'élément marquant de sa vie. WIlder nous gratifie d'ailleurs de quelques très belles séquences (à l'image des vols Irlandais) et images. La bande-son est très bonne et adéquat au récit, donnant même un certain lyrisme à certaines scènes. Si James Stewart peut sembler un peu vieux pour le rôle, n'oublions pas que c'est avant tout du cinéma et que comme tout biopic, c'est romancé et l'important n'est pas là, Stewart s’approprie à merveille le rôle et on oublie l'acteur qui se cache derrière le personnage. Du spectacle et de l'aventure, brillamment réalisé, maitrisé, écrit et joué. Un film qui mérite mieux que l'oublie auquel il a à faire.
Billy Wilder retrace ici la folle traversée de l'Atlantique de Charles Lindbergh en 1927, décrivant les faits et les préparatifs avec grande exactitude et ponctuant le tout avec divers flashbacks . La réalisation du metteur en scène est soignée, les décors et les costumes de l'époque sont très représentatifs, et James Stewart bien qu'un peu vieux pour le rôle campe le héros avec force et solidité . A (re)découvrir !
« L’odyssée de Charles Lindbergh » est le seul film biographique réalisé par Billy Wilder. Exercice très en vogue durant l’âge d’or d’Hollywood auquel les plus grands réalisateurs tels John Ford, William Dieterle, Michael Curtiz, Raoul Walsh ou encore John Huston se sont volontiers prêtés. Depuis l’arrêt de sa collaboration scénaristique avec Charles Brackett juste après la sortie de « Sunset Boulevard », son plus grand chef d’œuvre, acmé d’une relation fructueuse et épanouie riche de six films, Billy Wilder se cherche, changeant régulièrement de scénariste. Alors qu’il est à la veille d’entamer une autre prestigieuse association avec IAL Diamond qui sera ininterrompue jusqu’à la fin de sa carrière (13 films au total), Wilder est en quête sans succès d'un scénariste pour écrire à ses côtés une retranscription enlevée de l’exploit accompli par Charles Lindbergh dans la nuit du 20 au 21 mai 1927 quand il fut le premier pilote à relier en solitaire New York à Paris sans escale. Ayant lu un article élogieux sur l’une de ses pièces télévisées, Billy Wilder embauche Wendell Mayes qui se montrera très perplexe quant à la manière plutôt décousue dont le grand réalisateur accouche d’un scénario fortement inspiré du récit écrit par Lindbergh trois ans plus tôt dans The spirit of St Louis couvrant la période allant de septembre 1926 à mai 1927 où sont détaillés les longs et parfois douloureux préparatifs de la folle aventure suivis de son accomplissement. Billy Wilder devenu américain en 1939 après son exil quatre ans plus tôt pour fuir le nazisme, sera toujours reconnaissant de l’accueil que lui ont réservé les Etats-Unis. Il servira donc dans l’armée US pour aider à la reconstitution du théâtre et du cinéma allemand et mettra en forme le premier documentaire (« Death Mills » en 1945) sur la découverte des camps de la mort nazis. Cette franche adhésion au rêve américain explique sans doute la naïveté et le patriotisme bon teint qui nimbe « L’Odyssée de Charles Lindbergh ». L’aviateur est un véritable héros comme les aime l’Amérique tout à la fois téméraire, pugnace et charismatique mais aussi frappé en pleine gloire par l’enlèvement de son fils aîné retrouvé mort le 12 mai 1932 malgré le versement d’une rançon. Les sympathies nazies affichées par Lindbergh durant son séjour en Europe ne parviendront pas à réellement ternir sa popularité. Pour incarner le jeune pilote de 27 ans, le choix du producteur de la Warner, Leland Hayward se porte sur John Kerr qui vient de se faire remarquer dans « Thé et sympathie » de Vincente Minnelli mais celui-ci décline la proposition. C’est alors qu’entre en scène James Stewart qui fait le siège de la Warner pour interpréter le rôle malgré ses 47 ans. L’acteur passionné d’aviation, grand admirateur de Charles Lindbergh et ayant lui aussi servi dans l’US Air Force finit par emporter l’adhésion du studio. L’acteur fétiche de Frank Capra teint en blond et très investi a sans doute permis de valider définitivement la volonté de Billy Wilder de s’abandonner à l’hagiographie qu’il a en tête. Effectivement, le film très bon enfant montre un Billy Wilder méconnu, laissant de côté son penchant sarcastique et plutôt noir pour faire son Frank Capra, nourrissant son récit de tous les détails croustillants plus ou moins fantasmés qui bâtissent les légendes. James Stewart pratiquement de toutes les scènes confirme en dépit de sa maturité qu’il n’avait pas son pareil pour exprimer ce mélange si particulier fait de candeur, de bravoure et de sympathie qu’il dégageait dans les grands films de ses débuts. Qualités essentielles pour tenter puis réussir un tel défi. La structure narrative de cette odyssée est clairement scindée en trois parties qui n’ont pas les mêmes enjeux dramatiques. La première exclusivement dédiée spoiler: aux efforts de Lindbergh pour financer un projet qui parait fou aux potentiels investisseurs alors que la plupart des tentatives sont envisagées en binôme. La seconde captivante relate la course contre la montre engagée par le pilote et son constructeur voulant brûler la politesse à Nungesser et Coli sur le point de s’envoler du Bourget pour rallier New York. Pour la dernière partie relatant la traversée de l’Atlantique Nord, Wilder et Mayes pour éviter que ne s’installe une certaine monotonie ont eu la bonne idée de séquencer le vol au moyen des rêveries de Lindbergh seul au-dessus de l’immensité de l’Océan nous faisant mieux comprendre en remontant dans sa biographie comment une telle soif d’aventure peut prendre forme.
Comme toujours chez Wilder le fond et la forme sont en parfaite cohérence, ici pour soutenir une hagiographie à la naïveté parfaitement assumée. Le film sera malheureusement un échec commercial confirmant que le public préférait le Wilder incisif et caustique. Rien de très grave, l’Autrichien avec IAL Diamond à ses côtés avait encore dans sa besace quelques chefs d’œuvre indémmodables.
Film d'aventures en cinémascope, The Spirit of St Louis n'a pas l'envergure ni dramatique ni humoristique des autres films de Billy Wilder, et ce n'est pas non plus un fleuron du Cinéma d'aventures. Mais la collaboration entre un grand cinéaste américain et un acteur mythique a pour résultat un formidable concentré d'action, transmettant de belles valeurs sur le pouvoir de la volonté et la persévérance, à la sauce Billy Wilder
Le 20 mai 1927, Charles Lindbergh, aviateur chevronné, décide de traverser pour la première fois l'océan Atlantique à bord de son avion, le Spirit of Saint-Louis. Il atterrit à l'aéroport du Bourget sain et sauf après 33 heures de vols et un voyage mouvementé. Le film raconte son histoire...
Véritable hommage à Charles Lindbergh, ce film de Billy Wilder raconte avant-tout l'histoire d'un homme et de son exploit. Et c'est tout le succès du film. En effet, outre les faits qui sont dors et déjà mythiques, le film arrive à retracer cette épopée dans un mélange de documentaire et de fiction. Le spectateur est alors plongé dans cette folle aventure qu'il peut suivre en temps réel. Plus question alors de rester passif face à une action qui peut nous paraître lointaine mais bien de vivre l’événement à la façon de Lindbergh. La première partie qui retrace les débuts de l'aventure,à savoir la construction de l'avion, est particulièrement intéressante et permet de mieux comprendre la passion d'un homme pour l'aviation. Cependant,le vol en lui même a du mal à prendre de l'ampleur. Effectivement,même pour Wilder, difficile de garder l’attention du spectateur quand il faut retracer un vol de 33 heures sur un homme seul dans son avion. Les moments de tensions qui s'enchaînent, alors que nous connaissons déjà la fin de l'histoire, tombent quelque peut à plat puisque nous savons qu'au final tout se passera bien. De plus,la musique bruyante semble nous indiquer où doit ont avoir peur comme si Wilder avait besoin de le signaler. Heureusement que les flashbacks, façon intelligente de se détourner du problème,permettent de sortir de cette boîte qu'est l'avion et qui semble petit à petit se refermer sur nous. En outre, le choix de ne réserver que quelques minutes du film après l’atterrissage, se montre très pertinent et permet de se concentrer sur Lindbergh sans que l'attention se disperse sur une foule d'admirateurs. A noter également la magnifique interprétation de James Stewart,sûrement l'un des seuls à pouvoir interpréter ce rôle pour un film qui repose en grande partie sur ses épaules.
En résumé, un film fort qui retrace fidèlement l'aventure d'un homme.