Le cinéma est-allemand des années 50 est désormais reconnu à sa juste valeur, soit largement au-dessus de son homologue de l'ouest, avec des chefs de fil aussi brillants que Kurt Maetzig ou Konrad Wolf. Dans la carrière de ce dernier, qui s'engagea à 17 ans dans l'Armée rouge après avoir fui son Allemagne natale, Étoiles représente un marqueur essentiel. En abordant la question de l'Holocauste frontalement et en présentant un sous-officier allemand en proie à de sacrés doutes sur sa mission, pour ne pas dire plus, le cinéaste ne pouvait que susciter des réactions vives en RDA, et même au-delà, puisque son film fut sélectionné à Cannes. Étoiles échappe aux stéréotypes, laisse de côté la propagande socialiste, tout en s'inscrivant dans une veine romanesque assumée, avec tout le talent de formaliste que possédait le réalisateur.
Grand Prix mérité à Cannes, ce film pathétique venu de l’autre côté du Rideau de Fer, raconte avec pudeur et sobriété le transit dans un petit village bulgare d’un convoi de juifs vers « les potagers d’Auswitch. » Ambiance désolée, impuissance, sadisme, ignorance voulue ou inconsciente, et un constat terrible pour ceux qui pourraient avoir pitié : « Vous avez la même responsabilité. »
Au delà de l'aspect humaniste du film et d'une mise en scène jouant avec virtuosité des gros plans,le film offre un scénario original sur la shoah, vue par le regard d'un réalisateur talentueux de l'Allemagne de l'Est en de propagande communiste?Cela ne semble pas ou du moins c'est très ténu ( les résistants bulgares du film sont-ils de bons "camarades"?)