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carbone144
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2,0
Publiée le 24 juillet 2022
Un film qui se veut quasi documentaire, illustrant d'un cas particulier et poignant les traitements psychiatriques de l'époque. S'il a un grand intérêt pour son sujet et son contexte (film de 1971, mentalités et éducation de l'époque), il reste toutefois un film difficile à voir aujourd'hui. Long et bavard, il se rapproche du théâtre filmé assez déplaisant.
Ken Loach m'ennuie. Eh oui, il m'ennuie profondément avec son misérabilisme noirâtre, ses personnages sans nuance, son cinéma moralisateur et ses films longs, longs, longs comme des jours sans pain. J'ai vu Family Life au moment où l'antipsychiatrie faisait florès dans les salons où l'on pense. Quel ennui, mon Dieu, quel ennui! Et ça ne s'est pas arrangé par la suite. Oh, l'insupportable Ladybird, frénétique faiseuse d'enfants à qui les méchants services sociaux arrachent son abondante progéniture! Sans parler du poussif et caricatural "Land of Freedom" pour n'évoquer que ces trois films. Bien sûr, on va penser que je suis une sans-cœur, une atroce réactionnaire, mais peu me chaut! Pas étonnant que le crépusculaire Ken Loach soutienne ouvertement -et pêle-mêle- M.Poutou , Mme Autain et M.Mélenchon dont la vision manichéenne et caricaturale de la société "colle" parfaitement aux films du cinéaste. Il approuve d'ailleurs chaleureusement les écolos radicaux de Sainte-Soline à qui il confère avec complaisance le statut de victimes. Tout un programme!
"Family life" est l'analyse d'un cas de schizophrénie que Ken Loach aborde avec une rigueur et une connaissance psychologiques remarquables. Mais, en dépit des apparences, la dimension du sujet est beaucoup moins médicale que sociale. Car la mal de Janice, jeune fille de bonne famille, trouve son origine dans une cellule familiale étouffante et rigide. De sorte qu'à l'analyse de Janice par le réalisateur succède en alternance celle de ses parents, couple méritant mais enfermé dans sa morale et ses préjugés bourgeois.
Il y a une certaine ironie et une part de subversion dans la façon qu'a le cinéaste de porter le débat sur l'attitude et la mentalité des parents, de mettre en cause leur infaillibilité. Soumise au conformisme et au conservatisme les plus rétrogrades, Janice n'a pas d'existence propre. Le fossé des générations se manifeste de façon brutale.
En cinéaste "social", Ken Loach semble faire du cas de cette famille, non pas une règle mais un phénomène des années 70. Construit à partir d'entretiens psychiatriques et de scènes de ménage très révélatrices, le film est un témoignage réaliste et clairvoyant d'autant plus éloquent que les personnages sont nuancés, jamais dans la caricature, et que l'interprétation est d'une grande qualité. Certaines séquences sont captivantes, qui sont à la fois cruelles et vraies.
C’est un film que n’aurait pas renié Ingmar Bergman (1918-2007), avec une description clinique de la famille qui illustre bien les propos de Jacques Lacarrière (1925-2005) dans « L’été grec » (1976) : « C’est le christianisme qui, en faisant du mariage un sacrement indissoluble, a créé le monstre social de la famille ». Le réalisateur décrit la toxicité des parents (autoritaires, psychorigides, passéistes, mère aliénée par la religion et dont la dureté fait penser à la Dame de fer, Margaret Thatcher, première ministre du Royaume-Uni de 1979 à 1990) de Janice Baildon (dont la sœur ainée, Barbara, a pu se libérer), certes velléitaire mais qui sombre peu à peu dans la maladie mentale et tombe sous la coupe d’un corps médical avec deux approches thérapeutiques [comme dans « La tête contre les murs » (1959) de Georges Franju] mais dont l’une, pharmaceutique et chimique [qui préfigure « Vol au-dessus d’un nid de coucou » (1975) de Miloš Forman] infantilise les patients et prend le pas sur l’autre, « plus douce », plus humaine et proche de l’antipsychiatrie. Déjà, on retrouve la marque de fabrique de Ken Loach avec une photographie terne (bien que le film soit en couleurs, le générique défile sur des images en noir et blanc de banlieue anglaise) et des éclairages naturels, proches de ceux d’un téléfilm fauché, bien éloignés de la flamboyance des mélodrames de Douglas Sirk (1897-1987) et de Pedro Almodóvar.
Un drame poignant réalisé par Ken Loach. Le réalisateur Britannique frappe très fort avec des dialogues édifiants pour un film traitant des relations catastrophiques d'une Famille. Il dresse le portrait sans concession d'une mère autoritaire et abusive, qui prend les décisions pour sa fille et l'empêche d'exister". Il nous propose des scènes terribles dénonçant les "Traitements" utilisés pour "Discipliner" les malades des "Asiles" et les faire rentrer dans la "Conformité". Actrice principale, Sandy Ratcliff est absolument investie dans le rôle difficile de Janice, la jeune fille "Conditionnée".
Ken Loach a pleinement atteint ses objectifs : dénoncer la vision étriquée de l'éducation des enfants qu'ont certains parents, et plus largement le traitement des enfants par la société anglaise pétrie de puritanisme. C'est un film coup de poing, qui remue les tripes. La mise en scène est de facture classique, sans plan révolutionnaire, le rythme est lent, mais Ken Loach maîtrise parfaitement l'ensemble et sait créer l'émotion avec une économie de moyens impressionnante. Les acteurs sont épatants, notamment les parents et le corps médical. Le caractère particulièrement obtus des parents peut paraître caricatural mais il est hélas plus répandu qu'on ne le croît. Les individus qui font le plus de mal autour d'eux ne sont pas toujours ceux qui se sont délibérément fixé cet objectif, mais parfois ceux qui sont persuadés de détenir la "vérité vraie". Film dur, mais à voir.
Sur un sujet brulant du début des années 70, un film oppressant par son systématisme froid calqué sur la société et la psychiatrie anglaise encore figées dans leurs certitudes.
Comme a ses habitudes, Ken Loach dénonce. Ici les système psychiatrique de l'époque, qui appliquaient à quiconque sortait un peu de la norme de bonnes doses d'electro-chocs pour les remettre dans le rang. L'effet produit étant plutôt le contraire... Mais l’intérêt de Family Life se situe surtout dans les dialogues entre le psy et les parents. Ces dialogues révèlent l'incompréhension de deux générations et certains discours font curieusement échos à ce que l'on peut entendre aujourd'hui dans la bouche de certains parents. Les anciens jeunes en quête de liberté et d'indépendance sont désormais les nouveaux vieux qui désapprouve le comportement des jeunes.
Tourné à la façon d'un documentaire, ce film de Ken Loach livre pourtant un message limpide. Notre petit couple de vieux cons de droite a pourri la vie de leur fille et l'a amenée à péter un câble. Ils n'ont jamais pris du plaisir quand ils faisaient crac-crac ensemble, enfermés qu'ils étaient dans le carcan de la bonne-pensée chrétienne, ce qui est bien sûr un héritage du célèbre puritanisme britannique. Les médecins des hôpitaux anglais se targuent de connaître la psychiatrie mais ce ne sont que des branquignoles dénués de cœur, qui n'hésitent pas à exposer leurs patients devant un amphithéâtre d'étudiants comme s'ils montraient des rats de laboratoire. Ils droguent leurs patients, ce qui les lobotomise et les rend aussi vif que des légumes. On ne peut qu'adhérer, car le film est partisan, mais ça on ne peut pas le reprocher à Ken Loach. "Family life" remue les tripes, c'est même parfois insoutenable. Pas beaucoup de déchets, sauf au début avec quelques dialogues franchement chiants. Il faut bien 15 mn au spectateur pour comprendre ce qui se passe, Ken Loach mêlant flash-backs et présent, mais après c'est finger in the nose. L'analyse de Loach est pertinente bien que caricaturale. Seulement trois étoiles à cause du sentiment de rejet que l'on peut ressentir à divers moments : ça hurle, ça pleure, et donc parfois ça soule. Mais un très bon film.
avec sa critique du systeme social et du conservatisme sinon de ce qu'est reellement la normalité; le recit peut convaincre toutefois le point de vue plus qu'ambigu de l'auteur et la morale simpliste sinon très misérabiliste façon "travailles bien et tu n'auras pas de problèmes" pourra en deranger certains surtout quand on omet le fait que tout cela n'est qu'un docu-fiction!
Encore un très bon drame social du maître du genre Ken Loach. Un portrait de famille cinglant, une attaque contre les institutions psychiatriques. Le tout est vraiment glaçant mais réaliste. Les acteurs sont quasi amateur ce qui parfois peu irrité le spectateur, mais le sujet abordé est tellement prenant que je veux bien oublié ce défaut.
Du cinéma-vérité propre à Ken Loach, primé par la Quinzaine des Réalisateurs, et qui fait mouche ! C’est l’étude approfondie d’un désastre de l’éducation et de la psychiatrie conventionnelle : des parents trop sûrs de leur honnêteté rigide « A chaque fois, j’ai choisi la meilleure solution pour elle ! » font culpabiliser leur fille incapable de se prendre en main, malgré les soutiens - timide de son copain et maladroit de sa sœur. Et la psychiatrie-assommoir de « Vol au-dessus d’un nid de coucou » ne fait qu’en rajouter, en refusant d’analyser les causes du problème ! La direction d’acteurs est remarquable et Sandy Ratcliff éblouissante de vérité dans son rôle de névrosée. Un des meilleurs Ken Loach que j'ai vus.
Un grand film à rebours du psychologique classique qui nous montre là qu'au contraire, les troubles mentaux ne sont pas incréés, mais prennent leurs racines dans la morale rigide et conservatrice, et dans la surdité des parents et des institutions aux aspirations à la liberté et à l'amour des enfants.
C'est bien. j'ai pas masse de chose à dire. Il y a un vrai propos qui terrifie sur tellement d'aspect que je n'aurai pas sue resté insensible. Après je ne me suis pas sentit bouleversé plus que cela.
J'ai quand-même eu du mal à comprendre ce film. Trop de "trop" Parents trop stupides et bornés Jeune fille trop indécise et trop "molasse" Médecins trop peu professionnels et trop "charlatans" D'accord ce film est de 1977 mais quand même ! Du coup il n'est pas très crédible et perd de son intérêt. Dommage