avec sa critique du systeme social et du conservatisme sinon de ce qu'est reellement la normalité; le recit peut convaincre toutefois le point de vue plus qu'ambigu de l'auteur et la morale simpliste sinon très misérabiliste façon "travailles bien et tu n'auras pas de problèmes" pourra en deranger certains surtout quand on omet le fait que tout cela n'est qu'un docu-fiction!
Au delà d'une critique acerbe contre le conservatisme anglais, au delà également la morale anglaise, c'est le rapport parents/enfant qui est scruté à la loupe non pas déformante mais bien au contraire d'une précision et d'une justesse redoutable. Ken Loach visite, outre ce qui a déjà été dit ici, bien plus qu'une morale ou un modèle social en visitant la question de ce qu'est aimer son enfant. Est-ce le rendre conforme à un qu'en dira-t-on ? Visiblement les parents de Janice pensent en toute bonne foi aimer leur fille alors qu'ils ne font qu'admirer le modèle éducatif qu'ils cherchent à lui imposer en l'empêchant d'exister. C'est effroyable quand la mère dit à sa fille "je sais ce que tu penses car tu fais partie de moi", c'est sans appel, on comprends dès lors que Janice n'a jamais eu la possibilité de choisir, ni de décider et que ces parents ne lui laisseront jamais cette possibilité. La soeur de Janice tente de le faire comprendre à ses parents mais ne parvient pas à aller au terme de ce qu'elle a à leur dire malgré son entêtement et sa force de caractère. C'est dire le poids écrasant de cette domination maternelle qui emprisonne tout ce qu'elle peut. On sent ce poids, presque mortel, jusque dans le rapport furtif entre la mère de Janice et ses petites filles lors du repas familial quand la mère de Janice dit à sa petite fille qui refuse le plat qu'elle lui propose "Ne dis pas que tu n'en veux par car je sais que ce n'est pas vrai, je sais que tu en veux." A cette confiscation de la parole s'ajoute un père qui n'existe pas en tant que tel car lui aussi est dominé par son épouse non pas à travers un conflit entre eux mais à travers son adhésion totale et l'amplification qu'il donne à cette domination. C'est probablement cette étude relationnelle intemporelle et de tout lieu qui fait que ce film n'a pas pris une ride et a conservé toute sa violence, après 35 ans.
Sur un sujet brulant du début des années 70, un film oppressant par son systématisme froid calqué sur la société et la psychiatrie anglaise encore figées dans leurs certitudes.
Encore un très bon drame social du maître du genre Ken Loach. Un portrait de famille cinglant, une attaque contre les institutions psychiatriques. Le tout est vraiment glaçant mais réaliste. Les acteurs sont quasi amateur ce qui parfois peu irrité le spectateur, mais le sujet abordé est tellement prenant que je veux bien oublié ce défaut.
Une claque tout simplement. Pas besoin d'en rajouter par rapport à ce qui a été dit par les autres membres du forum. Le final du film est terrible tout simplemement ! A voir.
J'ai honte pour ceux qui voyaient ce film au CinéClub de la fac de lettres, à la fin des années 1970 et disaient que "ce n'était pas vrai". Ce film est d'un réalisme glacé sur les pratiques ordinaires de la famille (presque) ordinaire. Ce qui est terrible : une vie ordinaire mise à l'intérieur d'un discours et l'empire de ce discours autorisé, recueilli en blouses blanches. Quand la Santé n'est plus le but que vise la médecine... comment lui plaire, sinon détruit(e) ?
Ce film est très dur, par le cadre volontairement simple et "familier" imposé dans la mise en scène de Ken Loach, ici particulièrement efficace. "Vol au-dessus d'un nid de coucou" et "Orange Mécanique", à la même époque, s'intéressaient au thème de l'AntiPsychiatrie , l'un comme symbolique de l'hôpital inverti, l'autre élargissait une réflexion sur la jeunesse de l'époque. Mais dans Family Life, là, on est juste en plein dans le sujet, et en plein dedans.
De nos jours, on parle de "syndrôme de Munchausen inversé" concernant le rôle déterminant de la mère dans ce type de développements relationnel morbide. Tennessee Williams, autrefois, traitait du thème de la folie, au scénario de plusieurs grands films. Sa soeur avait été lobotomisée dans les années 1950.
Family Life est un film à voir aussi de celles et ceux qui n'ont pas su trouver ou chercher l'affection d'un entourage durant leur vie et qui espèrent recevoir des soins ailleurs. Le moins qu'on puisse dire, c'est que ça fait réfléchir !
La morale de ce film reste dangereuse : sévère avertissement à tous ceux qui croient ce qu'on leur dit de voire et certains soumettent leurs vues, d'autres s'éloignent comme ils peuvent de l'opinion. A mon avis, à réserver à des adultes avertis sévèrement burnés.
Un film boulversant... La réalisation et la mise en scène sont simples, limpides, il en résulte une sensation d'évolution inéluctable conférant ainsi encore plus de froideur au récit. Le scénario, lui-même implacable, demeure plus de 30 ans après, d'une étonnante actualité et soulève "effectivement" nombre de questions, il apparait en outre, certe comme une critique mais également comme un avertissement... Les acteurs sont très sincères et le tout sonne juste. C'est donc, au dela d'un film très réussi, une véritable invitation à la reflexion, à voir absolument.