Je ne suis pas anti-rohmérien, je trouve que Ma nuit chez Maud est une réussite esthétique absolue, mais j'ai quand même du mal à comprendre l'enthousiasme que suscite chez certains ce "conte" de printemps. Les quatre personnages principaux sont antipathiques à souhait, laids (est-ce volontaire ?) et surtout tellement cuistres ! La scène du dîner dominée par un échange improbable sur la pensée synthétique a priori pourrait être reprise telle quelle dans un sketch des Inconnus, sans en changer une virgule. Peut-être le but est-il que le spectateur se sente un peu con, ça marcherait si on n'avait pas l'impression que les acteurs ne comprennent pas un traître mot de ce qu'ils disent. Plus essentiellement, le scénario n'est qu'une cascade de péripéties improbables, c'est bien simple, on n'y croit jamais. On passe son temps à se demander "pourquoi fait-elle cela ?", "pourquoi pense-t-elle cela ?". Que reste-t-il de ce film ? Quelques sourires navrés, et, peut-être - probablement est-ce même ce qu'on est censé voir, trouver subtil et admirer dans une sorte de gigantesque transe masturbatoire "aaaaah que ce film est subtil aaaah que je suis intelligent de l'avoir compris" - une sorte de plaidoyer crypto-lesbien, et une vague réflexion sur l'inceste. Ouais mais il ne suffit pas de mentionner les sujets, il fait encore les approfondir et cela n'est jamais fait. Non, vraiment, une déception.
Assez typique des films de Rohmer. Dialogues profonds et subtils sans clichés. On regrette un certain manque d'ampleur dans le scénario et le manque de charisme de certains acteurs.
La nouvelle Eve. En l’absence de son compagnon, Jeanne, professeur de philo dans un lycée, va faire la connaissance de Natacha, dont le père entretient une relation avec Eve, de l’âge de sa jeune fille. Et si Igor parvenait à faire chavirer le cœur de cette jeune philosophe… Premier volet des contes des quatre saisons de l’original Eric Rohmer, son "Conte de printemps" n’atteint pas les qualités estivales et automnales ! Le grand réalisateur français démontre que la vie est faite d’une kyrielle de malentendus qui naissent de l’interprétation que chacun veut bien en faire. Même si, de temps en temps, son film souffre d’un jeu trop théâtral, à tel point qu’on perçoit les comédiens en train de réciter leur texte; il n’en reste pas moins un marivaudage des plus plaisants, sorte d’art délicat de la séduction. Comme toujours ses dialogues sont fins et très percutants sur l’impact indispensable de la philosophie dans notre vie de tous les jours. Un film agréable mais mineur pour tout amateur du cinéma rohmérien.
Ah ! Le génie rohmérien, souvent imité, jamais égalé ! La qualité et la densité des compositions rohmériennes n'iront qu'en se surpassant tout au long du cycle des contes. Et il y eut aussi La marquise d'O, L'anglaise et le duc, s'il fallait démontrer la virtuosité académique dont ce réalisateur hors norme fut également capable (comme Picasso dont l'abstraction fut d'autant plus crédible en son temps qu'elle fut précédée de la période rose...) A travers Rohmer, comme on est loin de la guerre ! Il nous protégeait des turpitudes humaines en nous embarquant pour Cythère... dans son monde plus vrai que poésie... Chez Rohmer la mystification est plus vraie que nature, avons-nous rêvé ? Non, nous séjournions à la mer, à la campagne, à la ville, en sa compagnie, durant deux heures... Quelle nostalgie ! Ah comme nous regrettons ces invitations au voyage, mon enfant, ma soeur, songe à la douceur rohmérienne...
Vu un soir de cette semaine sur ARTE : Les contes de printemps ! C'est vraiment pas chère la pellicule en Suisse pour en gaspiller autant. C'est sans relief, sans idée et indigne d'un passage sur ARTE