J’ai enfin vu Last Action Hero et je dois dire que l’expérience a été assez singulière. Je me souvenais d’un film d’action "fun" avec Schwarzenegger, mais j’avais oublié à quel point il s’agissait avant tout d’une parodie géante du cinéma hollywoodien. L’idée de plonger un gamin dans un monde de clichés de blockbusters, avec ce décalage constant entre fiction et réalité, fonctionne encore aujourd’hui, même si ça sent bien les années 90.
Là où le film me séduit, c’est dans son côté méta assumé. McTiernan joue avec les codes qu’il a lui-même popularisés dans Die Hard ou Predator et pousse le délire jusqu’au bout : les punchlines improbables, les explosions à répétition, les méchants caricaturaux… Tout est volontairement exagéré et, quand on se laisse porter, c’est jubilatoire. J’ai ri plusieurs fois face à ces clins d’œil et je trouve que Schwarzenegger est particulièrement à l’aise dans l’autodérision.
Mais malgré ses qualités, le film souffre aussi de son ambition. On sent qu’il veut être à la fois une comédie, un film d’action, une satire et même un conte sur le passage à l’âge adulte. À force de vouloir embrasser trop de directions, il perd parfois son rythme et s’étire. Certains passages auraient gagné à être plus resserrés, car l’énergie retombe par moments. Et puis, il faut reconnaître que l’humour ne fait pas toujours mouche : certaines blagues paraissent forcées, surtout vues aujourd’hui.
Au final, je garde une vraie sympathie pour Last Action Hero. C’est imparfait, parfois bancal, mais c’est aussi un film qui ose et qui, derrière son apparente légèreté, questionne la place du spectateur et le pouvoir des histoires qu’on consomme. Mon 3,5/5 reflète ce mélange : ce n’est pas un chef-d’œuvre, mais c’est une œuvre originale, culottée et attachante, qui mérite d’être (re)découverte sans se prendre trop au sérieux.