Cette comédie écrite et réalisée par Bertrand Blier est un prélude de "Mon home" qu'il tournera 3 ans plus tard avec l'excellente Anouk Grinberg dans le rôle principal. On retrouve ce montage anachronique et le scénario fantasmagorique mélangeant des scènes du présent avec les personnes survenant du passé lorsque l'on pense à elles. Sur une superbe musique raï de Khaled (césarisé pour ce film), Bertrand Blier nous délivre une belle histoire d'Amour entourée de beaucoup d'enfants. L'histoire de Victorine, une petite fille des quartiers de Marseille, qui veut changer de mère car la sienne est trop vilaine. Victorine qui veut trouver le bonheur ou un mari. Anouk Grinberg est très bien entourée avec les très belles prestations d'acteurs de Myriam Boyer (la mère de Victorine) et Marcello Mastroianni qui tient le rôle de son père. Le casting nous offre aussi de jolis seconds rôles avec Jean-Pierre Marielle le cambriolé humaniste, Claude Brasseur le cambriolé méchant et Olivier Martinez dans le personnage de "petit Paul" le premier amour de Victorine, spécialiste en délicatesse.
Un, deux, trois, soleil est donc encore un ratage pour Blier, j’ai envie de dire, pas surprenant ! Peut-être pas son pire, mais enfin, ce n’est pas un bon film pour autant ! Je retiens comme dans Mon homme d’ailleurs le jeu d’Anouk Grinberg, qui apporte un peu de sobriété dans un film qui en manque singulièrement. A mon sens il vaut mieux que Blier s’entoure de ce genre d’acteurs ou d’actrice plutôt que des truculents Marielle ou Depardieu qui donne une grandiloquence à des films déjà bien trop grandiloquents ! Girnberg est subtile, dans un rôle qui ne l’est pas énormément, mais tout de même assez bien écrit pour le coup. Le souci c’est qu’elle est entourée d’un casting absolument pléthorique, beaucoup trop, et que ces seconds rôles sont eux d’une écriture beaucoup plus aléatoire. Reste qu’avec Mastroianni, Brasseur dans une moindre mesure, Myriam Boyer, Un, deux, trois, soleil arrive à peu près à s’en sortir sur ce point. Mais enfin, quelle tristesse de ne pas voir ces acteurs mieux dotés en rôle ! Le scénario est loupé, c’est un fait. Pendant un quart-d’heure le film fait illusion, et puis Blier part en cacahuète. Narration saccadée, scènes déconnectées qui s’enchainent, absurde qui frôle l’abstraction, c’est simple : Blier noit totalement ses intentions dans un déluge d’effets caricaturaux, de scènes à la vulgarité facile, de situations débilitantes. Son film en devient fatiguant, il s’empèse à vue d’œil, et le spectateur en vient logiquement à décrocher devant le marasme qui lui est proposé. On décèle parfois des choses sous cette carapace bourrative, et les acteurs parviennent ainsi épisodiquement à faire émerger des pointes d’intérêt vague, notamment dans la relation entre Grinberg et sa mère, Myriam Boyer. Mais enfin, c’est tellement matraqué par la crétinerie ambiante… Pour le reste Blier parvient tout de même à proposer une ambiance sud de France pas déplaisante grâce à une photographie réussie. Après, le réalisateur s’égare tellement dans ses effets de style lourds qu’il en délaisse de trop le cadre de son film. Blier n’a jamais été un génie pour saisir la beauté (ou la laide beauté aussi !) d’un lieu, d’un endroit, ni pour saisir une ambiance digne de ce nom. Même la bande son à base de raï, par un maître du genre fait un peu caricaturale, c’est comme du rap pour faire banlieue dans un Taxi ! Bon, on évite un nouveau passage dans les abysses infâme du cinéma français avec ce film, mais cela ne fait pas de Un, deux, trois soleil un bon film ! Loin de là ! 1.5
ll y a Anouk Grinberg qui joue une petite fille inscrite en CM2, dont la maman (Myriam Boyer) la suit à l'école et prend sa place. Il y a Marcello Mastroianni qui campe un père alcoolique ne reconnaissant plus ses enfants et ne retrouvant jamais le chemin de son domicile. Il y a une institutrice qui aime se faire violer... C'est un collage absurde dont on cherche, en s'irritant, un sens quelconque. Un collage d'images sans logique chronologique. Une concrétisation de fantasmes, de souvenirs, de délires. Entre mots crus, larmes, coups de gueule, émerge un propos incohérent et parfois douteux. Les femmes ne sont pas à la fête : hystériques, infantiles, objets des hommes ou putes consentantes. Ce film débridé exaspère par sa prétention surréaliste et sa provocation gratuite. Un Blier raté, jamais drôle ou pertinent dans le décalage.
Et la tendresse, bordel ?... Blier fait du Blier, réalisant un film tout en contrastes et décalages, ajoutant une bonne dose de poésie surréaliste au gré des personnages, au gré des situations, au gré des répliques. Un, deux, trois, soleil c'est avant toute chose une magnifique Anouk Grinberg, actrice incarnant une héroïne tour à tour gamine, charismatique et agressive : un vrai rôle de composition, en somme. Drame délirant, comme en roue-libre, le film succède au très ampoulé Merci la Vie dans la filmographie de Bertrand Blier : assez formel, donc. Parfois lourd et répétitif, soit. Mais l'on pense aux Valseuses à la vision de ce film courageux et ambitieux, le spectateur retrouvant un souffle de liberté assez salutaire par les temps qui courent. Le cinéma de Blier ne ressemble qu'à lui-même : très écrit, pas toujours très bien filmé mais campé par des acteurs parfaitement ad hoc. La brève apparition de Jean-Pierre Marielle vaut à elle seule le détour... Un beau film d'amour qui rejette les tabous et les idées reçues.
On retrouve l'absurdité du cinéma de Blier dans certaines situations, mais c'est tout. Le reste du film (histoire, personnages, dialogues) ne parviens jamais à nous intéresser et on s'endort.
Si vous réussissez passer le premier 1/4h, vous avez peut-être des chances pour parvenir au bout. C’est une sorte de Fellini français. Dans tous les sens, le début est insupportable avec les voix aiguës. A fuir
L'idée est très bonne, mais alors, qu'est-ce que ce film est ennuyeux, flou et mou !!! Bertrand Blier nous avait habitués à cent fois mieux et Anouk Grinberg avait un jeu beaucoup plus convaincant et émouvant dans "Merci la vie"... Après un bon début, l'histoire perd toute sa cohérence. Les acteurs sont assez mal dirigés. Je n'ai jamais réussi à regarder ce film jusqu'à la fin, j'y parviendrai peut-être un jour, je l'espère...
Le plus mauvais film de Bertrand Blier. D'ailleurs, ce n'est pas étonnant que le film n'est pas bien marché au box-office. Pour un film sois-disant dramatique, je n'ai rien ressenti du tout, le film m'a plutôt énervé, ennuyé. Des scènes lourdes, des dialogues lourds, une musique lourde ; bref rien à retenir dans ce film, sauf peut-être la présence de Marcello Mastroianni. Sinon, c'est une Enorme déception dans l'univers de Blier (pour la deuxième fois consécutive, après Merci la vie).
Même quand Blier est en dessous de ses capacités il sait montrer son génie... Dans "Un, Deux, Trois, Soleil" il ne brille certes pas autant que dans d'autres de ses films, ce grand cinéaste ayant tout de même réalisé dans sa carrière une majorité de chef d'oeuvres, mais il donne tout de même une quantité fort convenable de répliques saisissantes, d'émotions, d'humour, de vérité... De vie, simplement. Il s'associe pour la seconde fois avec Anouk Grinberg (qui joue le rôle d'une enfant alors âgée de 30 ans !) pour ce drame extrêmement sincère, se déroulant dans une citée, dans laquelle Blier apporte un peu de rêve et d'espoir, de la manière la plus originale qui soit, ca va de soi.
« Un, deux, trois, soleil » (1993) est – sans jeu de mot – le film le plus lumineux de Bertrand Blier. Au sortir de la prime enfance, Victorine (Anouk Grinberg déjà présente en 1990 dans « Merci la vie »), née dans la banlieue de Marseille, aspire à vivre en adulte et à être heureuse. Tout au long de ce film – en dehors de « l’enfoiré armé » interprété par Claude Brasseur qui vient en contre point du personnage très « accueillant » qu’est Jean-Pierre Marielle – tous les personnages vont l’aider plus ou moins ostensiblement à le faire … même son étouffante mère (Myriam Boyer) dont Victorine souhaite un moment la mort. Son père – remarquablement interprété par Marcello Mastroianni - irradie de bonheur lorsque sa fille vient le chercher comme trop souvent ivre au café du coin ou lorsqu’il est à la recherche de l’appartement 722. Après la mort de Petit Paul (Olivier Martinez), « spécialiste pour les choses de l’amour », Victorine choisira de se « ranger » et épousera sans grand amour Maurice (Jean-Michel Noirey) qui la laissera finalement assez libre. Le personnage le plus touchant dans cette optique d’amour est Gladys (Irène Tassembédo), une mama africaine qui arrivera à faire renaître un jeune tué par une balle perdue tirée par son mari, le sergent Boigny (Charles Schneider) qui n’est autre (volontairement ou non ?) que le brigadier Bernard d’une célèbre série télévisée sur la vie d’un commissariat à Paris. A côté de ce moment de « magie », un moment de rêve où Marcello Mastroianni trouve pour une fois la porte de son appartement qui s’ouvre sur son Italie natale baignée par le soleil même s’il s’agit bien sûr de sa propre mort. Ce film « inondé » d’enfants, est construit de façon quasiment linéaire même si - comme toujours chez Bertrand Blier – on assite à des décalages de situation ou de temps toujours astucieusement faits. Enfin le film est baigné par la musique de Cheb Khaled ce qui lui a d’ailleurs valu un César.
Je n'aime pas le cinéma de Bertrand Blier. J'ai détesté "Les Valseuses" et seul "Buffet froid" m'a plu, avec son humour corrosif et sa fin tragi-comique. "Un, deux, trois, soleil" m'a profondément ennuyée...Scénario décousu, complaisance facile avec les mots crus, en bref tout ce qui me tape sur les nerfs dans les films de Bertrand Blier. Choquée, même, par la scène de l'agression de l'instit' par une bande de racailles. Comme d'habitude, les femmes sont étrangement traitées dans ce genre de cinéma séducteur de rebelles et d'iconoclastes au petit pied.
Peinture d'une banlieue phocéenne à travers le portrait de Victorine, jeune fille qui rêve de tendresse et d'amour. Un film déconcertant, difficile à suivre a cause d'un scénario décousu malgré un casting prestigieux, notamment un touchant Mastroiani.