Voilà un projet SF dans cette année bien remplie qui en a fait baver plus d'un, tout d'abord grâce à un pitch intéressant et à un réalisateur de talent (Juan Solanas) non américain, de quoi fonder quelques espoirs d'échapper au cahier des charges façon blockbuster américain. Effectivement, on y échappe plus ou moins...pour toujours retomber dans des tendances guimauves qui elles sont, heu, universelles...car oui, l'histoire est belle, intéressante, matérialisant la dualité d'une dystopie au moyen d'une séparation gravitationnelle, qui demande une inversion physique pour passer d'un monde à l'autre et sous entend par là une inversion psychique. Malheureusement toutes les potentialités du script ne sont pas développés, les scénaristes en usant pour quelques vagues effets humoristiques et Solanas pour le visuel du film, débordant d'ambition et quoique souvent très beau il pêche parfois par ses excès. Les personnages sont pourtant drôles, convaincants, assez bien écrits, et les acteurs assurent un jeu de qualité honnête (Jim Sturges et Kristen Dunst) voire géniale (Timothy Spall, sans doute l'acteur le plus drôle de sa génération, tout en sachant garder une forte étincelle d'émotion). Mais le problème c'est toutes ces séquences d'amours gnagnan à la Twilight qui s'éternisent pour venir bouffer la poire de l'intérieur, à grand renfort d'images retouchées numériques à l'appui et de dénouements ultra prévisibles. Quel dommage, un néant dont la croissance coïncide avec l'avancée de la trame, parfois sauvé in extremis par certaines scènes lorsque tout semble au bord du gouffre (les retrouvailles tardives de Sturges et Spall) pour aboutir, finalement, à la mièvrerie et la complaisance dans la facilité. Remarquable gâchis, mais déjà plus recommandable, ne serait-ce que pour son aspect bancal, que les plats et insipides Oblivion et After Earth.
P.S. : maintenant qu'est sorti Elysium on peut soit lui préférer Upisde Down pour ses qualités artistiques (ce qui va concerner une faible minorité je crois) soit l'oublier aussitôt.