Boulevard du crépuscule
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257 critiques spectateurs

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B-Lyndon
B-Lyndon

86 abonnés 45 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 19 septembre 2011
D’où est sorti ce film, où file t-il doucement, à travers les plateaux de cinéma et les portes sans serrures du palais de Norma Desmond ? Vers l’éternité ? Il semble embrasser tout les genres, et n’appartenir à aucun. C’est un mort qui raconte l'histoire. Son corps légèrement courbé flottant sur l'eau. L'eau qui a pris une couleur rouge. Il nous explique, soudain ironique, que l'homme gisant là avait toujours rêvé d'avoir une piscine. Et puis, il s'y met, doucement, à raconter l'histoire de cette bien morte personne, la personne qu'il est, lui, Joe Gillis (William Holden), scénariste malchanceux rattrapé par son destin. Un peu sarcastique, cynique, un peu réservé, tenu. Il nous amène dans une demeure vaste, sorte de palais antique où le temps passé se répète, inlassablement. Où la gloire d'une reine abandonnée semble perdurer, au plus profond des mensonges et des illusions. Perdurer jusqu'à la folie. Norma Desmond (Gloria Swanson) apparaît, comme par magie, sur le balcon de l'étage au dessus. Elle se tient dans une position extravagante, comme pour permettre à sa lumière de sortir. Sortir des ténèbres de ses habits noires et de sa maison spectre, où tout rappelle le temps qui se fixe et le passé triomphant. Gillis la fixe un peu, son visage halluciné, ses yeux fins et brillants, et puis la reconnaît, soudain. "Vous étiez grande, autrefois" lui lance t-il. Ce qui lui vaut cette réplique définitive : "Je suis toujours grande, ce sont les films qui sont devenus petits !" Oui, c’était une star, une vraie star, avec pour seuls mots dans ses films les traits de son visage et son regard perçant. Elle apprend qu'il est scénariste. En transe, elle lui explique. Lui raconte le scénario pathétique et périssable qu'elle travaille depuis des années, pressentant son retour qui n'aura jamais lieu. Elle à besoin d'un correcteur. Lui propose. Gillis se rend à l'évidence. Il a quelques problèmes. Il n'est pas bien riche. Même un enfant de huit ans réussirait à corriger l'odieux travail de la star. Il accepte. Il devient son amant. Son pantin. Sa marionnette. L'objet qui comble sa solitude. L’objet qui la laissera se détruire et l’objet qu’elle tuera. En la voyant pour la première fois, l'on sait, tout de suite, que sa fin sera tragique. D'autant plus qu'elle ne croit pas en sa propre fin. Elle est éternelle. Les milliers de lettres d'admirateurs qu'elle reçoit le disent. Les lettres que lui envoie, chaque jour, Max (Erich Von Stoheim), son majordome fidèle et glaçant, pour faire perdurer l'illusion terrible qui deviendra ce pourquoi elle se force à continuer à vivre. Ce personnage en apparence odieux est un monstre d'humanité, de solitude et de désespoir. Wilder critique, avec une mélancolie profonde doublée d’une férocité implacable, un Hollywood qui détruit ses vedettes, en fabrique de nouvelles, et les détruit à leur tour. Il ne cache pas son respect pour le Hollywood qui a inventé le cinéma, mais compte aussi, dans son constat, le délire de grandeur de ceux qui étaient trop grands. Ce portrait juste et piquant d'une industrie est peut-être ce que l'on a fait de plus beau dans le cinéma américain, autant dans sa maîtrise artistique que scénaristique. Il y a bien quelques passages gorgés de poésie, ici et là... Un par exemple où, lors de la scène de la visite à la Paramount, un micro vient effleurer la plume du chapeau de Swanson, et qu'elle repousse vulgairement. Il y a bien, aussi, un peu plus loin, ce projecteur qui se fixe sur elle, assise sur une chaise ; l’inondant de lumière. Les gens la reconnaisse, filent vers elle. Là, Wilder la filme en plongée, comme une sorte d'étoile morte, que tous acclament pour la dernière fois. Dernière ? Pas tout à fait, il y a bien aussi, ces caméras qui finalement - et par un malheureux concours de circonstances - se mettent à tourner, à la toute fin, la filmant descendre des escaliers, pleurer de bonheur d'être de « retour » et de lancer cette célèbre phrase : "Très bien monsieur De Mille, je suis prête pour le gros plan"...C'est un final splendide, où la grande Norma Desmond disparaît en fondu, un fondu pareil à un long voile blanc recouvrant son visage baignant dans la folie, et le fantasme imperturbable du renouveau de sa gloire passée. Voici un chef-d’oeuvre. 19/20.
vinetodelveccio
vinetodelveccio

89 abonnés 802 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 4 septembre 2011
Un des plus grands films de l'histoire par le plus grand des metteurs en scène (ce n'est que mon avis). La prestation de Gloria Swanson est absolument époustouflante (au contraire de celle de William Holden, plutôt quelconque je trouve). La lumière, la musique, et l'ambiance incroyable servent une mise en scène bourrée d'idées (les dialogues entre Norma et Joe, le plan du cadavre dans la piscine, la montre à gousset qui se coince dans la porte pour signifier que le héros tombe dans le piège de la prison dorée....) . Une véritable leçon de cinéma. A voir absolument.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 8 août 2011
l incompréhension d une star jadis glorifiée par un système qui plus tard va la détruire et la plonger dans la folie une critique sur notre société qui fabrique et détruit selon ses besoins sans se soucier des répercutions graves que cela peut causer sur les simples mortels que nous sommes l un des plus grands films de l histoire du cinéma une gloria swanson magique éternelle
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 5 juillet 2011
Un polar très bien écris et digne d'une belle mise en scène.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 22 mai 2011
Mon premier film de Billy Wilder, une petite déception. Les acteurs sont très bon, Gloria Swanson livre une performance totalement hallucinée, William Holden est convaincant, sans plus. La réalisation est bonne, Wilder nous offre certains plans sublimes. Malheureusement, l'histoire est peu passionnante, notamment dans la première partie du film ou les motivations des différents personnages sont peu claires. La deuxième partie du film est bonne, avec de très beaux moments, la dernière scène du film est magnifique. Un bon film sur les stars oubliées du muet et sur la machinerie hollywoodienne.
bsalvert

527 abonnés 3 732 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 4 septembre 2011
Film qui ne laisse pas un souvenir impérissable tant tout est prévisible.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 22 juin 2013
Une sombre mise en abyme du cinéma hollywoodien. Un film noir, c'est certain, dont on ne sort pas indemne. Il met en scène Norma Desmond, icône déchue du muet, qui s'imagine encore reine d'Hollywood. L'immense Billy Wilder dresse ici un fabuleux et captivant portrait de cet Hollywood de tous les excès, entre la déchéance d'un genre et l'envolée d'un autre. Gloria Swanson est épatante. Elle offre un personnage tout aussi repoussant que fascinant, qu'on aime et qu'on méprise tour à tour. Gloria Swanson est d'autant plus déstabilisante qu'elle-même, au moment où elle fut sollicitée pour le film, était une star sur le déclin. Et Cecile B. DeMille, qui joue son propre rôle dans le film, avait effectivement dirigé Gloria Swanson alors qu'elle était la star du cinéma muet que tous les réalisateurs s'arrachaient. L'enchainement des parallèles de ce genre est troublant : fiction et réalité ne cessent de s'entremêler.
Un beau moment de cinéma, grandiose et dérangeant. Certainement l'un des plus grands films de son temps.
Timdu26
Timdu26

107 abonnés 481 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 12 mars 2011
Quel chef d'œuvre ! Tout est génial dans ce film, de A à Z. Une narration très originale, une réalisation magistrale, les acteurs sont superbes. Bref, à voir absolument, une très belle histoire et de très bons dialogues.
AlexTorrance
AlexTorrance

33 abonnés 486 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 2 novembre 2011
Le deuxième chef-d'œuvre de Billy Wilder que je vois et qui ne peut que m'encourager à approfondir. Un très bonne satire qui nous fait éprouver pas mal de sentiments comme la pitié envers cette star déchue qui attend toujours que son succès vienne la reprendre.
Dodeo
Dodeo

124 abonnés 237 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 1 mars 2011
Tout d'abord je me dois de dire que Boulevard du crépuscule (Sunset Boulevard) est mon tout premier film de Billy Wilder (Oui je sais je suis à la ramasse !) et que j'appréhendais donc assez le moment où je verrais un film du bonhomme tout en sachant que je n'en avais entendu que du bien jusqu'à alors.

Ce qui m'a d'abord frappé c'est la justesse de la narration, que ce soit par la force de la voix off ou par les effets de montage et de coupe très précis. Le long-métrage bénéficie de ce fait d'une fluidité accrue et d'une cohérence globale qui parait consolidée. Il est aussi à préciser que cette narration faite par le personnage de Joe Gillis (William Holden) a quelque chose d'assez inédit pour l'époque. Je n'en dirais pas plus sous peine d'en dévoiler un peu trop de l'intrigue.

Billy Wilder met en place une certaine forme de réalisme que le réalisateur accentue par la présence de références à des films tel que Autant en emporte le vent, à des personnalités tel que le sont D. W. Griffith, Vilma Bánky, Betty Hutton et tant d'autres. C'est une volonté d'autant plus flagrante que le réalisateur américain utilise un certain nombre d'acteurs dans leur propre rôle afin de fonder cette famille du cinéma, ce cercle très fermé duquel fait parti ou du moins faisait parti Norma Desmond. On retiendra en particulier les apparitions de Buster Keaton, Anna Q. Nilsson ou encore H.B Warner.

Et c'est probablement avec ces armes là que Wilder tente de nous faire rentrer dans le cercle, le monde du cinéma qu'il ne décrira jamais comme majestueux, bien au contraire il procédera même à une certaine forme de démystification balançant quelques pics par ci par là. Mais bien heureusement le réalisateur américain ne fait pas de cette entreprise de démystification son objectif principal, il se vouera plutôt à la construction du personnage de Norma et de Joe. De leur vie, de leur désirs.

Et il serait peu dire qu'il réussit à donner une certaine consistance au personnage de Norma, personnage presque enfantin dans sa caractérisation, qui n'a pas sut passer l'étape la permettant de franchir cette nouvelle époque : l'arrivée du film parlant. Ainsi elle se réduit à des réactions compulsives, elle s'enferme dans ses propres désirs, littéralement bloquée dans une époque révolue, elle ne se confronte jamais à la réalité extérieure. Et si aujourd'hui et ce malgré son décalage, elle réussit à vivre c'est bel et bien grâce à Max, le vaillant domestique qui l'accompagne à chacun de ses pas, déplaçant les lampadaires pour la mettre à la lumière, enlève les serrures pour l'empêcher de s'enfermer sous le coup de la folie et il va même jusqu'à lui mentir pour la préserver d'une désillusion totale qui pourrait lui être mortelle.

Sunset boulevard c'est donc avant tout le parcours de cette femme qui passe de l'adulation à l'oublie, qui perd la raison par l'affliction de ses passions jusqu'à aboutir à un final majestueux de maîtrise, presque envoûtant. Sunset Boulevard c'est aussi Joe Gillis, cet homme qui pensant profiter d'une faille se retrouve littéralement coincé dans un monde tout autre que le sien. C'est donc aussi l'histoire de ces choix, son parcours tant sentimental que financier, ses déboires et joies impalpables.

Le film bénéficie également d'une très belle photographie noir et blanc qui a été par ailleurs nominée aux oscars mais aussi de très bonnes performances d'acteurs à commencer par Gloria Swanson tantôt envoûtante, tantôt effrayante, mais aussi William Holden et Erich von Stroheim. Il est aussi à préciser que les trois furent nominés à cette même cérémonie. La musique quand à elle est très belle et gagne en puissance par sa diversité, on retiendra en particulier le thème de Norma Desmond.

Sunset Boulevard est une grande oeuvre et je ne pouvais rêver mieux comme approche du cinéma de Billy Wilder. Le film est maîtrisé dans tout ses compartiments et le revoir serait dors et déjà un plaisir.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 23 février 2011
J'ai longtemps cherché des défauts à Boulevard du Crépuscule et n'est pu me rabattre que sur les quelques fadeurs des seconds rôles avant de me raviser. Ce n'est pas qu'un enchantement pour les yeux et les oreilles, c'est une explosion de nuages, un déluge d'étoiles. Cette ode aux idoles déchues, au système qui broie, à la gloire qui aveugle et à la passion destructrice nous invite à réfléchir sur ce que le succès offre et n'offre plus. On ne pourra que déplorer ce léger manichéisme entre le bon côté de ceux qui se trouvent derrière la caméra et les autres, acteurs et actrices, stars d'un jour ou d'une décennie, appelés à choir un jour ou l'autre. Mais il n'y a pas de comédie, de rire franc ; nous sommes en pleine Grèce antique et Norma Desmond est une reine en fin de vie, appelée à un sort tragique, à une fin qui s'impose. Gloria Swanson sert magistralement le rôle, vive, divine, outrancière, folle. Erich von Stroheim est glaçant à souhait et porte sans doute le rôle le plus émouvant. William Holden charme moins mais reste un non-héros, malgré tout responsable d'une chute qu'il a laissée arriver.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 15 février 2011
C'est un classique sans défaut, pourquoi alors lui attribue-je uniquement quatre étoiles ? Parce que ma notation repose sur le plaisir que j'ai pris à voir un film. C'est un film Hollywoodien qui prend le droit de critiquer Hollywood, certes pas directement mais grâce à des personnages qui font passer le cinéma pour un monde quasiment inaccessible briseur de rêve, ce qu'il est. Un film qui finalement nous fait découvrir le monde cruel d'Hollywood et ses victimes. J'ai aimé cette citation de la jeune fille qui bosse à Paramount (dont j'ai oublié le nom) qui dit qu'elle préfère être derrière la caméra car "c'est beaucoup plus intéressant, il y a plus de choses à faire". Une auto-critique, car ceux qui le disent sont justement des acteurs qui désirent connaître la notoriété. Le cinéma créé des stars mais ces stars un jour ou un autre s'éteignent et doivent faire face à l'anonymat. Le thème de ce film est courageux et l'intrigue presque thriller le développe avec brio. Excellent film.
stebbins

569 abonnés 1 747 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 13 février 2011
Chef d'oeuvre glamour, démentiel, morbide et terrifiant, Sunset Boulevard de Billy Wilder s'agit d'une déclaration d'amour pour le cinéma proprement imposante, sans tricheries, qui se démarque pleinement du résultat que l'on aurait pu attendre d'un tel sujet. En effet Sunset Boulevard est l'un des premiers films de l'Histoire à dépeindre le mythe hollywoodien dans un tel registre : satirique, sombre jusqu'au pathétique, le propos de Billy Wilder rejoint parfois le fétichisme hitchcockien et l'ampleur des films d'Orson Welles. Démesure des décors, personnages torturés voire psychotiques, reconstitution d'un crime comme prétexte original dérisoire... Le vrai sujet de Sunset Boulevard réside peut-être avant tout dans l'illusion existentielle de son actrice illuminée, incroyablement interprétée par Gloria Swanson. Les étoiles oubliées des classiques éternels termineront dans l'oubli, comme si le film de Billy Wilder dressait dans toute sa hauteur le portrait du crépuscule. Une peinture magnifique et inoubliable.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 12 février 2011
Quel chef-d'oeuvre ! Ce film est tellement fabuleux qu'il est difficile de trouver les mots justes pour le qualifier tant il nous emporte par sa maîtrise, son réalisme (le thème des stars déchues qui recherchent désespérément la jeunesse et la gloire éternelles est toujours autant d'actualité), sa merveilleuse distribution... Je pourrais continuer encore longtemps à vanter les mérites de cet immense film (qui prouve, une fois encore, que les vieux films n'ont rien à envier aux films actuels, au contraire) tant il est impressionant !
Buzz063
Buzz063

101 abonnés 919 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 10 janvier 2011
Sans nul doute le meilleur film qu'Hollywood est produit sur lui-même avec, dans un autre genre, le Eve de Mankiewicz, sorti à la même période. On retrouve l'habituel ton ironique de Wilder dans cette description parfois cruelle des arrières salles de l'usine à rêves. Si le cinéaste filme avant tout les tristes illusions d'une star oubliée, il n'épargne pas non plus la nouvelle génération d'Hollywood symbolisée par le personnage de scénariste arriviste joué par William Holden. Swanson et Stroheim sont filmés comme les fantômes d'une époque révolue, enfermés dans une maison aussi fantômatique qu'eux, l'ancienne star vivant avec ses illusions et les reliques de son glorieux prestigieux. Entourée de ses souvenirs, des photos de sa jeunesse, elle se repasse sans cesse les films de sa période de gloire. Ce pathétique enfermement mental et physique finira fort logiquement par un basculement dans la folie lorsque ce petit univers se fissurera.
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