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Un visiteur
5,0
Publiée le 28 octobre 2010
Le Cinéma substitue à notre regard un monde qui s'accorde à nos désirs. Sunset Boulevard est l'histoire de ce monde.
Le film s'ouvre avec une voix off, un meurtre et le dénouement de l'histoire. Jusque là tout les codes du film noir sont respectés. Oui mais voilà, comme avec Some Like Hot, il faut se méfier de ce que Wilder nous montre, parce que Sunset Boulevard tend à d'autres genres. Le narrateur vient de se faire assassiner, et c'est son histoire qu'il nous raconte ; le récit est donc ancré dans un univers plus onirique. Et une des forces du film, est justement de savoir mélanger les genres avec maestra, et servir ainsi différents niveaux de lecture au spectateur. Sunset Boulevard est un film sur le Cinéma. Vers les années 50 un scénariste de séries B ayant besoin d'argent tombe par le plus grand des hasards sur une ancienne star du muet, vivant dans une gigantesque maison avec comme seul compagnon son valet. Celle ci lui propose de l'aider à écrire un film sur Salomé qu'elle interprétera, en échange d'une grosse fortune. En quelque sorte, on est dans une thématique mise en abime. Car un des propos majeur du film est justement la force du Cinéma sur un individu, et ses conséquences. Sunset Boulevard parle de la différence entre la réalité et la fiction, dont la confusion peut entrainer la folie et la perte de l'âme. Et c'est exactement ce qui arrive au personnage de Norma Desmond. Et c'est en cela qu'elle représente un des plus beaux personnages de l'histoire du cinéma ; elle incarne cette passion dévorante envers le 7e art. Vivant en autarcie, coupée du monde, elle reste enfermée dans ses souvenirs de grandeur, oubliant sa décadence dû à l'arrivée du parlant, telle une illusion perdue. "Je suis une grande ! Ce sont les films qui sont devenus petits !" Et il est rétrospectivement intéressant de constater que Norma Desmond s'éprend de Joe Gillis, un scénariste de seconde zone. Elle qui à son époque était une idole pour nombre de personnes ; la dominante devient alors dominée, face à un personnage opportuniste et matérialiste au départ. Wilder peut ici être vu comme un réel nostalgique, et critique un certain penchant hollywoodien à oublier ceux qui ont fait leur gloire. Et le discours peut différer selon les points de vus, et en cela, le film est dénué de tout manichéisme dans son propos. Sunset Boulevard est en premier lieu une critique d'Hollywood, une usine à rêve dont le vrai visage s'avère être beaucoup moins radieux dans le traitement de ses vedettes. On peut y voir également une critique du public, qui, à l'instar du cinéma, évolue (passage du muet au parlant) et oublie - Joe Gillis parle même de "statues de cire" en ce qui concerne les anciennes célébrités du muet. Au vu de la trame du récit, Norma Desmond est une sorte de représentation du diable, et sa maison, de l'enfer. Cette métaphore montre qu'une fois pris dans son jeu, Joe Gillis ne peut plus faire marche arrière. Il essayera, mais échouera à chaque fois en retournant vers Norma. Et quand, à la fin du film, il décide enfin de partir, celle ci l'assassine. Et l'une des dernières répliques du film représente parfaitement cet état d'esprit qu'insuffle Wilder avec son personnage "On ne quitte pas une star, c'est ce qui fait d'elle une star". Et Sunset Boulevard se rapproche même quelque part du genre horrifique. Un passage du film résumerait bien le propos de Wilder, et ce conflit des générations. Croyant que Cecil B. DeMille ait accepté de tourné Salomé, Norma décide d'avoir recours à une sorte de chirurgie esthétique afin de retrouver sa beauté et sa jeunesse étincelante d'autrefois. Mais en regardant dans le miroir elle se rend compte du symbolisme que prend son acte : son masque de maquillage tel le fameux masque que chaque individu se créé pour vivre en société, ce mensonge qui démontre la différence entre inconscient, conscient et subconscient - thème d'ailleurs relevé dans Persona de Bergman, qui inspira David Lynch pour Mulholland qui est lui même inspiré de … Sunset Boulevard. Si Sunset Boulevard représente un véritable fantasme de cinéphile, il est également un sublime objet cinématographique pur. Son écriture brille par sa dextérité dans le récit, sa perfection dans l'enchainement des péripéties - ici, rien n'est laissé au hasard et chaque scène pourrait être l'objet d'une étude approfondie, ses dialogues qui représentent à eux seuls tout ce que le Cinéma peut donner de meilleur et contribuent grandement à la création des personnages, terriblement fascinants et une mise en scène magnifique - toute en retenue qui offre des scènes splendides. Sunset Boulevard c'est aussi un des plus grands personnages de l'histoire du Cinéma, en la personne de Norma Desmond, interprétée par une Gloria Swanson qui puise jusqu'au bout de son âme pour lui donner vie. Sunset Boulevard est un film merveilleux, magique, sublime qui transporte son spectateur dans un autre monde, celui du 7art.
Une imitation de Charlie Chaplin remarquable de la part de Gloria Swanson, bien que trop courte. Rien que pour çà, ce film vaut le coup d'oeil. Sinon, çà reste très simple, mais c'est sans compter sur le talent des acteurs et du metteur en scène.
surement l'un des meilleurs films de l'histoire ... énormément de film de cette époque lui ressemble , mais il a sans aucun doute quelques choses en plus
Sunset Boulevard est un film faisant montre d'une grande maîtrise. La mise en scène de Wilder est grandiose, l'écriture fabuleuse, des dialogues prenants et une ambiance noire très réussie. Gloria Sawanson vit dans le cinéma muet avec une précision diabolique tandis que Von Stroheim tient là un second rôle éblouissant. Ce film a le mérite de nous montrer une certaine face cachée du cinéma hollywoodien et vante l'importance du métier de scénariste. Un film sur le cinéma d'une grande élégance et d'une grande force, j'ai réellement été emballé par cette oeuvre.
Le film avait très bien commencé, l'ambiance était bien travaillée en particulier par la voix off d'un type doué d'une grande capacité d'analyse rendant le film très agréable. Tout comme cette histoire qui promettait beaucoup. Mais je dois dire que la fin contraste assez fort avec cette intelligence partagée par tout le monde sauf la femme. En effet, il m'a été très difficile d'apprécier le film à partir du moment où j'ai compris que l'histoire tournait autour du thème de sa folie et non pas des déboires de l'écrivain... or ce thème "facile" et connu incarné par un personnage fort maladroit voire mauvais et mal joué de surcroit. Bref ce qui ne va pas dans ce film, c'est ce personnage et les thèmes qu'il a inspiré au scénariste (sans doute Charles Brackett)... Pour résumer Je dirais que le film est pas mal du tout mais qu'il aurait vraiment été bon voire très bon étant le personnage de Norma Desmond complètement différent, plus cynique, noir et l'histoire étant moins "facile" pour ainsi dire...
Billy Wilder signe un bon film noir. Sa mise en scène très réussie permet d'instaurer une ambiance dès le début, angoissante, inquiétante, troublante. Je souligne vraiment les qualités de réalisateur de Billy Wilder, il parvient à créer vraiment quelque chose, il cadre bien ses plans, etc. Peut être que le principal problème dans ce film est qu'au final il n'y a pas vraiment de climax, et que de ce fait, même si l'histoire est intéressante, elle manque peut être un peu d'ampleur pour permettre au film de devenir un chef d'œuvre.
Un très grand film classique. Excellents comédiens et une prestation epoustouflante de Gloria Swanson. Le final est un must du cinéma. "Moteur !"......
En fait, je me suis inscrit pour noter ce film avec 5 étoiles car j'ai vu que l'internaute caro lui avait mis 1 étoile en expliquant que c'était un mauvais film. Par curiosité, j'ai regardé les critique sde cette caro et j'ai vu qu'elle notait avec 1 (une) étoile, les films suivants : lawrence d'arabie - les 7 samourais - citizen Kane - docteur Folamour - il était une fois dans l'ouest ou encore La mort aux trousses. Par contre cette même caro met 4 ou 5 étoiles à des "films" tels que "Stop Loss" ou "Summer wars". Je pense que cela suffira aux cinéphiles pour situer notre camarade caro. :-)
Un film magnifique, un William Holden qui joue juste en face d'une très grande Gloria Swanson et d'un eric Von Stroheim impeccable dans le rôle du fidèle serviteur.
Un vrai chef d'oeuvre. Tout est réussi: mise en scène excellente, rythme soutenu, scénario très intelligent et profond (réflexion très intéressante sur le cinéma, ses pièges, ses métiers, ses protagonistes, ses déchéances...), narration moderne et inventive... et surtout un casting malin et idéal (Cecil B. DeMille et Erich von Stroheim dans des seconds rôles significatifs) dominé par l'extraordinaire prestation de Gloria Swanson, à la fois fascinante et inquiétante.