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benoitparis
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3,5
Publiée le 24 juillet 2010
Le film est considéré par les critiques comme une métaphore inconsciente du dilemme du parti communiste italien à l’époque de la réalisation, qui doit choisir entre la marche en force sur Rome pour prendre le pouvoir, ou bien la voie légale, électorale. Quoi qu’il en soit le film est plutôt bon, il évite le pompiérisme fréquent dans les péplums illustrant l’Empire romain (il est vrai que Cinecitta, à l‘époque, ne devait pas avoir les moyens d‘Hollywood), le scénario, ses intrigues amoureuses en particulier, est prenant. On peut déceler un aspect sado-maso subliminal, avec des personnages masculins en victimes enchaînés, fouettés… et convoités par des patriciennes émoustillées par les supplices.
L'utilisation du noir et blanc et l'absence remarquée du cinémascope nous invitent à voir ce péplum d'une façon différente et à le considérer comme un ancêtre du genre. Plus sobre, c'est-à-dire plus proche, peut-être, de la réalité historique et moins résolument spectaculaire que les péplums qui suivront, le film de Riccardo Freda n'a pourtant qu'une vision étriquée et conventionnelle de l'histoire du gladiateur Spartacus. Si l'on excepte cette étrange -et maladroite- séquence des jeux du cirque, on trouve aussi peu d'originalité que d'idées fortes dans la reconstitution de l'époque et de la Rome antique. L'idée de liberté qui guide la révolte des esclaves est ici un thème philosophique très modeste qui ne s'exprime que par quelques sentences platement formulées. Massimo Girotti compose un pâle Spartacus, et ses amours, partagées entre sa compagne et une femme cruelle, ne donnent lieu qu'à un cas de conscience tout à fait sommaire. D'une façon générale, la direction d'acteurs est conforme au cinéma de genre de cette période, comme le sont aussi l'esprit dramatique du sujet et l'usage des décors.