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ApacheBoy LT®
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1,5
Publiée le 19 avril 2020
Film très mineur, autant dans la filmographie de Rosselini que de Totò... En prenant le pari de proposer un Totò un peu trop dramatique, le film se casse la figure... Le potentiel de cette rencontre était grand, le résultat est mince... À mi chemin entre la comédie et la tragédie, cette fausse comédie à l'italienne ne décolle jamais, et les sketchs sont trop inégaux...
Salvatore Lojacono a vécu de nombreuses années en prison, est désormais libre, mais se retrouve encore devant un juge. Il est accusé de vouloir retourner derrière les barreaux, par tentative d'effraction... Bonne idée de départ pour cette comédie légèrement burlesque, doublée d'une satire sociale. Le film est centré sur le personnage incarné par Toto (un des comiques les plus populaires dans l'Italie des années 1950) : un clown triste, naïf, dépassé par l'évolution de la société. Sorti de prison, il rencontre des gens fourbes ou mesquins. Malmené, abusé, il ne pense qu'à retrouver sa liberté d'homme intègre... en prison. Un univers bien réglé, où il a la paix. Le propos ne manque pas de mordant et préfigure la grande comédie italienne, mais le message est tout même un peu simpliste et la qualité de cette suite de sketchs, inégale. Cela dit, l'acteur principal et son personnage forcent la sympathie.
Comment peut-on une seconde penser à classer ce film au rayon des comédies ? Parce que l'immense Totò en est la tête d'affiche ? Alors que, à l'instar de notre Fernandel, il a oeuvré dans d'autres registres. Bref. Il s'agit là d'un des films les moins connus de Rossellini, et je me demande encore pourquoi, même s'il est vrai qu'il ne fait pas partie de ses meilleurs. L'histoire d'un homme qui sort de prison, mais qui va vouloir y retourner à cause de l'écoeurement que l'extérieur lui fait éprouver. Écoeurement car celui-ci pense que la liberté se trouve dehors, qu'il lui sera facile de se réintégrer à la société, de travailler à nouveau et que tout un chacun le traîtera comme il le traîtait 22 ans plus tôt. De désillusions en désillusions, y compris à propos de son premier (et unique, bien qu'il soit en recherche d'un second) mariage. Totò y est grand, campant un personnage touchant par sa sympathie et sa naïveté. Dans la tête de Rossellini, le bougre qui a passé 22 ans au placard parce qu'il a tué sur un coup de sang peut avoir bon fond, mais il pose la question qui tue : même s'il a bon fond, peut-on vraiment faire sortir un gars qui a passé autant de temps derrière les barreaux ? Le monde avance, mais sans lui, il n'est jamais témoin des changements qui s'y produisent.