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benoitparis
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3,5
Publiée le 8 juin 2012
En faisant une embardée dans un genre qui lui est inhabituel, Claude Sautet fait déjà du Claude Sautet, tout en réalisme, en naturel intimiste, en justesse et en sobriété. Les truands sont filmés comme ses bourgeois en difficulté, et du coup, il fait oublier tout ce que le genre noir à la française porte de lourdement stéréotypé (le fameux code d’honneur du milieu). Les scènes d’action sont réduites au strict minimum et ce sacré milieu est bien démystifié. Les vieux amis rangés trahissent, on n’hésite pas à tuer pour s’en sortir ou par vengeance, les tristes conséquences imprévues des tueries ne sont pas occultée, et le héros en cavale est bien lessivé avant de connaître une fin somme toute logique et banale…
Quand on connaît la carrière de Sautet on peut être étonné de le voir entamer celle-ci avec un film policier au ton véritablement noir. Ventura qui a fait confiance au scénariste du "Fauve est lâché" (Maurice Labro 1959) s'écarte un peu des rôles du Gorille ou du Fauve pour revenir à quelque chose de plus naturaliste. Le film est inspiré d'une nouvelle de José Giovanni qui deviendra le réalisateur fétiche de l'acteur. A l'orée des années 60, Sautet abandonne tout le folklore de la série noire qui magnifiait quelque peu le monde de la pègre. Ce sont deux malfrats en cavale que Sautet choisit pour "héros" et il nous montre très clairement que ces deux hommes n'hésitent pas à tuer tout ce qui peut les entraver dans leur fuite ou dans l'accomplissement de leurs méfaits. Dès le départ les bandits ne sont pas magnifiés et il n'y a donc pas d'équivoque sur le message transmis au spectateur. Pour en rajouter encore un peu, la mort de la femme lors d'une fusillade met l'accent sur les dégâts collatéraux du grand banditisme.. Le repli de Ventura sur Paris démystifie définitivement la prétendue solidarité qui régit le milieu. C'est l'égoïsme qui règne comme partout ailleurs et les services autrefois rendus ne pèsent pas bien lourd face à la remise en question de situations désormais bien établies. C'est un naturalisme à tout crin qui conduit le film. Il faut dire que Giovanni sait de quoi il parle. Une telle volonté de rompre avec les codes du film policier ne pouvait sans doute pas conduire Sautet très loin dans l'exploration du genre. Malgré tout Sautet parvient à nous tenir en haleine jusqu'au bout mais un désaccord sur la fin du film ajoutera encore à la rupture avec le genre, c'est en effet une simple voix off qui nous explique la triste fin D'Abel Davos. Mais Sautet ne serait pas Sautet s'il n'incluait pas dans son récit une historie d'amitié masculine. C'est le jeune Belmondo qui sera la seule roue de secours du gangster qui lui permettra de caser ses deux rejetons avant de rencontrer son destin final.
Le film noir français est au rendez-vous! Merci M. Sautet. Les quatre étoiles (et non cinq!!) viennent des très, très mauvais "raccords", surtout au début du film. Les seconds rôles sont très bons, ne parlons même pas des rôles principaux. Un classiques à ne pas manquer.
Ca partait très bien. Les vingt premières minutes, enfin jusqu'au moment où les personnages principaux arrivent à Paris, sont réussies. Bon il est tout à fait normal qu'après un début sur les chapeaux de roues, ça se ralentisse un peu ne serait-ce que pour approfondir un peu plus les personnages. Mais là non seulement ça ralenti mais en plus ça se met carrément au point mort. Et c'est parti pour une succession de séquences inutiles qui ne font à peine avancer l'intrigue, si ce n'est parfois pas du tout, jusqu'à une fin vite expédiée. Pas besoin de préciser que l'ennui vient très vite. Ce qui fait que la réunion des deux monstres sacrés en devenir, les grands Lino Ventura et Jean-Paul Belmondo, est loin de faire autant d'étincelles que l'on pouvait espérer. Même si je m'attendais pas à un grand film, "Classes tous risques" est tout de même clairement une déception.
Un grand classique du polar noir, un coup d’essai et de maître du jeune Claude Sautet. Une histoire simple mais rythmée : le truand pas vraiment salaud, en cavale, peu à peu trahi par les amis qu’il dérange, secouru là où il ne s’y attend pas, acculé à la vengeance, et qui tombera, sûrement plus par lassitude que par la performance policière ! Une mise en scène sobre mais travaillée (noir et blanc superbe), des seconds rôles bien typés et puis deux acteurs (Ventura et Belmondo) absolument magnifiques, denses, présents et sobres. Un chef-d’œuvre du genre.