Avis : Qu'est-ce que j'ai fait pour mériter ça ? - Page 2
Qu'est-ce que j'ai fait pour mériter ça ?
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Max Rss
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4,0
Publiée le 12 décembre 2024
Bienvenue dans les bas-fonds de Madrid, où tout le monde tire la vache par la queue et où le quartier est truffé de personnalités diverses et variées. Une femme de ménage flanquée d'un mari qui ne la voit que comme une cuisinière et une repasseuse de chemises, d'une belle-mère odieuse et de deux enfants largués si bien que l'un vend de la dope. Une voisine qui maltraîte sa fille (laquelle est dotée de pouvoirs psychiques et une autre voisine (se rêvant grande actrice) qui se prostitue en attendant que son rêve devienne réalité. Dialogues mordants, humour qui l'est tout autant, rythme enlevé et interprétation béton. Vous me direz, avec Carmen Maura et Veronica Forqué, c'est la norme. Pas le film le plus connu d'Almodovar, mais qui fait incontestablement partie de ses franches réussites.
Une comédie grinçante de l'auteur de "Julieta", qui tire vers le social et repose beaucoup sur le personnage de Carmen très bien incarné par la Maura. Le récit dresse un constat peu amène de la vie des petites gens dans ces années post-franquistes, le cinéaste évoquant tout à la fois le machisme d'un époux, nostalgique de sa relation avec sa patronne lors d'une expatriation en Allemagne, des pré-ados livrés à eux-mêmes, obligés de dealer ou de se vendre pour exister, une mère de famille débordée, cumulant les ménages pour gagner de maigres sous, et satisfaisant à l'occasion d'une douche dans une salle de sport un profond manque d'affection... On trouve même le début d'une attention pour les décors baroques, qui prendront une grande importance dans l'univers du réalisateur, en visitant l'appartement de la voisine péripatéticienne, personnage almodovaresque par excellence.
Quatrième long-métrage du cinéaste espagnol Pedro Almodóvar, Qu’est-ce que j’ai fait pour mériter ça ? nous plonge au cœur d’une cité madrilène typique de ce que l’urbanisme des années 60-70 a pu offrir de plus âpre, avec ses barres d’immeubles immenses se déversant sur une autoroute à la circulation dense. Gloria (Carmen Maura), mère d’une famille particulièrement dysfonctionnelle, essaie de s’en sortir comme elle peut, entre un mari violent, une belle-mère pingre et nostalgique de sa campagne, un fils dealer de drogue et un autre fils qui s’offre à des hommes plus âgés. Entre deux ménages, elle tente de trouver du réconfort auprès de ses voisines – une prostituée et une mère qui tyrannise sa fille ayant des pouvoirs de télékinésie. À mille lieu du drame social plombant, Almodóvar fait son Almodóvar : si la base de son film est tragique, son traitement est drôle, coloré et foutraque. Perturbant aussi, parfois. Une critique sociale génialement baroque.
Merci Pedro une fois de plus j'ai vu et revu ses films avec le même plaisir celui-ci fait parti de mes préférés il y a tout ce que je retrouve et j'aime chez le plus grand des metteurs en scènes pour moi , et une de mes actrices préférées que j'ai connue grâce à lui Carmen Maura quand je vois ses films je ne pense qu'à ça et j'oublie tous mes soucis
Le scénario est conventionnel et raconte, dans une banlieue de Madrid, la vie médiocre de Gloria (Carmen MAURA, 3e collaboration sur 8 avec le réalisateur), femme de ménage, mariée à Antonio, chauffeur de taxi macho (encore amoureux d’une Allemande, Ingrid Muller, vivant à Berlin), avec 2 adolescents dont Toni, petit dealer, une belle-mère un peu envahissante dans l’appartement (qui donne sur une voie express) et inculte, et une voisine prostituée (Verónica FORQUÉ et futur rôle-titre de « Kika » (1993), 10e film du cinéaste)]. Cela manque d’extravagance et d’outrance, caractéristiques du réalisateur. Ce dernier hésite aussi avec la parodie [cf. publicité détournée pour un café et allusion (?) à « Règlement de comptes » (1953) de Fritz Lang (1890-1976) où Gloria Graham (1923-1981) était défigurée par un jet de café brûlant, et chanson kitsch (« La bien pagá ») de Miguel de Molina, interprétée par le réalisateur lui-même, face à un homme travesti en femme]. C’est plus une comédie, loin des drames du couple décrits par Ingmar Bergman (1918-2007), et du néo-réalisme espagnol [« Mort d’un cycliste » (1955) de Juan-Antonio Bardem (1922-2002) ou « Cria cuervos » (1976) de Carlos Saura (1932-2023)] qui se déroulaient sous le franquisme. L’intérêt du film est de retrouver les germes des futurs mélodrames flamboyants du cinéaste madrilène : choix des couleurs et des décors (dès le générique, ici très années 1970’), avec prédominance du rouge, amours contrariées, pédophilie, passion du cinéma [référence à l’épisode « Coup de gigot » (1958) de la série « Alfred Hitchcock présente » (réalisé par le cinéaste britannique lui-même) d’après la nouvelle éponyme (1954) de Roald Dahl (1916-1990)].
Histoire touchante d’une femme qui s’occupe de son foyer, qui enchaîne les ménages, les courses, etc. pour subvenir aux besoins de sa famille : son mari chauffeur de taxi autoritaire qui n’arrive pas à oublier son amour de jeunesse qu’il a connue en Allemagne ; son fils dealer ; son autre fils parti vivre chez un dentiste attiré par les enfants (!) et sa belle mère radine, fan de bâtons, d’eau gazeuse, de madeleines et qui a un lézard de compagnie. Son entourage détonne tout autant, notamment la voisine prostituée. Ce petit monde est très attachant, on partage plusieurs scènes cocasses de la vie de l’héroïne, avec une mention spéciale pour le personnage de la grand-mère !
Qu'est ce que j'ai fais pour mériter çà ? Un titre bien curieux pour un film qui ne l'est pas moins mais qui marque les débuts prometteurs de Pedro Almodovar, cinéaste espagnol alors inconnu hors de son pays.
Saisissant cette analyse d'une famille populaire de Madrid vue sous l'angle de la femme. Ils vivent dans un immeuble de grands ensembles, le mari est chauffeur de taxi, deux enfants, dont l'un va être placé chez un dentiste pervers et pédofile, la grand-mère conserve les privilège de la mère du mari. Il est fan de musique allemande, et d'une chanson en particulier, c'est son histoire. Chacun a son histoire, mais vivent ensemble.
Qu’est ce que j’ai fait pour mériter ça ? 1984, de Pedro Almodovar, avec Carmen Maura. Récit d’un triste quotidien d’une triste et malheureuse épouse d’un macho, mère de deux gosses proches de la dérive. Le manque chronique d’argent dans son pauvre appartement madrilène, la pousse à « faire des ménages », ce qui va lui ouvrir la possibilité de « défaire » le sien. Sombre, noir donc. MAIS, comme c’est du Almodovar, un grain de folie, des personnages surréalistes, une mise scène tonique, vont secouer ce récit qui va s’éloigner du misérabilisme pour atteindre une épique drôlerie. La ménagère, qui se shoote aux amphétamines, stimulée par l’énergie de sa voisine (une prostituée serviable et généreuse) va estourbir son inutile mari (c’est fréquent chez Almodovar !), caser le plus jeune de ses gosses chez son dentiste, pédophile, se débarrasser de sa belle mère (hilarante, la vieille dame et son lézard !), bref, prendre sa vie en main. Elles sont toujours dingues les femmes d’Almodovar, mais formidables !
Assez bon film, avec une bonne mise en scène...seul élément désagréable, les pouvoirs de la fille, qui n'ont rien à faire dans ce film-là...la grand-mère elle est ultra-comique, et les situations dans lesquelles se trouvent les autres personnages également... Almodovar est vraiment original!
Un film qui illustre l'extravagance de la vie d'une famille pauvre de la ville de Madrid, en se reposant sur un humour décalé voire choquant (cf le passage avec le dentiste), sans pour autant tomber dans l'excès d'un film qui n'a ni queue ni tête. Les nombreuses scènes qui se déroulent dans l'appartement de la famille nous donnent l'impression d'être à l'étroit parmi cette famille composé du couple, des enfants et de la belle-mère, ce qui permet un sentiment d'immersion que j'ai bien aimé. Enfin comme je le disais, ce qui m'a vraiment plu dans ce film est son côté absurde et décalé, on se retrouve avec des situations assez dingues, mais qui pourtant ne semblent choquer personne, au contraire, ce qui fait là l'originalité de ce film.
Ce film est une énorme farce, où l'on ne sait plus si on doit rire par tant de caricatures, ou pleurer de constater la triste vie de cette famille qui n'est pas si loin de la réalité... Les personnages sont tordants, dont Cristal, la voisine, et Carmen Maura toujours aussi magnifique. Si vous aimez "Tout sur ma mère" Courrez voir ce film!
Vivre une vie sans amour. Thème principal de ce film qui ne pouvait que terminer dramatiquement. Tout le film n'est que déception et chaos pour l'ensemble des personnages. La survie part tout les moyens possibles et imaginables sont mis en avant mais rien ne permet de ramener ne serait-ce qu'une once de gaieté dans ce film. "Revenir au village" n'est que l’échappatoire que trouve la grand-mère pour retrouver cette joie mais même ce retour ne change rien à la tristesse des personnages.
Je n'avais jamais entendu parler de ce film datant de 1984 et c'est bien dommage! Heureusement j'ai rattrapé le temps perdu, et je n'ai pas été déçue! L'histoire de cette famille madrilène aurait pu sembler banale mais Pedro Almodovar ajoute beaucoup d'ingrédients et d'humour pour nous faire passer un bon moment, tout en abordant des thèmes sérieux traités avec légèreté. Carmen Maura est épatante en femme de ménage soumise à son mari macho. Almodovar démontre une fois de plus son attachement pour les atmosphères féminines et son originalité.
Pétillant, vif, infatigable (...) On passe de la comédie loufoque à lanalyse sociale sévère, de lémotion pure au suspense, de la romance à la tragédie, sans oublier une petite touche de délire fantastique. Tout simplement génial.