Papa est en voyage d'affaires
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Cinéphiles 44

1 666 abonnés 4 646 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 16 juin 2026
Couronné par la Palme d'or au Festival de Cannes en 1985, "Papa est en voyage d'affaires" revisite les années 50 en Yougoslavie à travers le regard d'un enfant, témoin malgré lui des bouleversements politiques et des drames familiaux qui secouent son entourage. Emir Kusturica mêle constamment la petite histoire à la grande. Derrière les scènes du quotidien, parfois drôles, parfois tendres, se dessine le portrait d'une société où la peur et l'absurde se sont installés dans les foyers. Pourtant, malgré ses nombreuses qualités, certaines intrigues secondaires moins passionnantes rendent l'ensemble un peu inégal. Le film semble hésiter entre chronique familiale et satire politique, sans toujours parvenir à trouver un équilibre parfait.
GéDéon
GéDéon

133 abonnés 711 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 5 juin 2026
Autant chronique familiale que critique politique, ce film réalisé par Emir Kusturica remporte la Palme d'or au festival de Cannes en 1985. Le réalisateur nous plonge dans la Yougoslavie dirigée par Tito au début des années 1950 pour livrer une fable tout aussi tendre que dramatique. A la suite d’une dénonciation arbitraire, un homme volage est envoyé dans un camp de travail. Son épouse et ses enfants décident alors de le rejoindre. L’absurdité du système engendré par la dictature communiste de l’époque est principalement analysée à travers les relations qu’entretiennent les membres de cette famille. La galerie de personnages hauts en couleur (même si le côté baroque du cinéaste ne s’exprime pas encore pleinement en raison d’une mise en scène assez terne) offre au récit un goût doux-amer. Bref, une œuvre intime dopée par son caractère lancinant et nostalgique.
Max Rss
Max Rss

252 abonnés 2 307 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 17 novembre 2025
Kusturica... En voilà un, comme David Lean, dont j'ai tellement délaissé le cinéma ces dernières années que je commençais à ne plus me souvenir de grand chose. Pour ce qui est de "Papa est en voyage d'affaires", je ne me rappelais que vaguement d'un gosse atteint de somnanbulisme. Quoi qu'il en soit, le génial cinéaste serbe ancre son récit au début des années 50 au moment de la scission entre la Yougoslavie de Tito et l'URSS de Staline. L'histoire d'un père médiocre et adultèrin envoyé aux travaux forcés dans une mine pour avoir ri d'une caricature du "Petit Père des Peuples". Le tout sous l'oeil d'un petit garçon. Kusturica n'usait pas de son ton habituellement foiutraque et optait pour un drame social au ton beaucoup plus intime et sérieux. Ceci expliquant certains avis exprimant de la déception. Même si elle ne s'y prête intrinsèquement pas, Kusturica arrive à lui donner une certaine poésie. Ce qui fait que l'on s'attache à tous les personnages, y compris les plus médiocres d'entre eux. Même si c'est leur droit le plus absolu, je resterai toujours étonné de constater qu'aujourd'hui encore, il puisse exister des gens pour voter communiste, alors que l'Histoire nous a montrés tant d'exemples du fléau qu'il est.
Cadreum
Cadreum

59 abonnés 778 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 juin 2025
Sous couvert de chronique enfantine, le film de Kusturica, Palme d’or 1985, déploie une fresque saturée de non-dits, de trahisons minuscules, de mensonges tellement intégrés qu’ils finissent par constituer le langage commun. Il ne s’agit pas ici de dénoncer un régime, ni même de l’expliquer, mais de faire affleurer, par capillarité, l’intime politique, le murmure idéologique, cette manière qu’ont les dictatures d’infiltrer les foyers par les regards baissés et les sourires contraints.

Tout commence par un mensonge, un tout petit, presque affectueux : "Papa est en voyage d’affaires". Manière élégante de dire qu’il est en camp, mais sans effrayer l’enfant, sans déranger la table du petit déjeuner. Le mensonge devient alors la seule forme acceptable de parole ; il protège, il déforme, il recouvre.

L’enfant Malik, pivot du film, hérite de cette langue trouée, pleine de lacunes et de pudeurs. Ce qu’il voit, il ne peut le nommer, et ce qu’on lui dit, il ne peut le croire tout à fait.

Kusturica ne filme pas l’histoire : il filme le refoulement de l’Histoire. Ici, la dictature n’apparaît jamais frontalement. Pas de procès, pas de discours, pas de slogans : juste des soupirs, des mots retenus, des ombres qui disparaissent d’une pièce quand la porte s’ouvre.

Tout le monde sait. Tout le monde se tait. Ce n’est pas par lâcheté, pas uniquement : c’est parce que la parole a été réorientée, pervertie, vidée de son usage premier. Ce que le film met en scène, c’est un monde où parler est devenu un acte à haut risque, une prise de position, même dans l’anodin. Et dans ce théâtre de la suspicion, les liens familiaux eux-mêmes sont contaminés.

Et pourtant, quelque chose résiste. Ce sont les rêves de Malik, ses visions absurdes, burlesques, tendres et dérangeantes. Ils surgissent sans prévenir, comme des bulles d’air dans une eau trouble. Le réel, trop contraint, trop contrôlé, laisse place à la surréalité, où les désirs et les peurs prennent corps. Kusturica excelle dans ces dérapages oniriques, qui ne sont jamais gratuits. Il y a dans le grotesque une vérité plus nue que dans la reconstitution.

Tout le film tient dans cet entre-deux : entre le silence et le cri, entre le réel et l’étrange, entre le cocon familial et la violence d’État. Kusturica n’impose jamais une lecture. Il juxtapose, il laisse s’imbriquer les registres. Le retour du père, à la fin, n’a rien d’un soulagement : il consacre la fracture. Ce qui a été brisé ne sera pas réparé. Le "voyage d’affaires" devient une figure de style pour tous les exils intérieurs, toutes les expropriations muettes.
inspecteur morvandieu
inspecteur morvandieu

91 abonnés 4 230 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 4 mars 2025
Très éloigné de ses futurs longs métrages, dans lesquels la mise en scène inventive de Kusturica introduira des moments de poésie, d'onirisme ou de truculence qui font toute sa singularité et sa séduction, le cinéaste fait preuve de beaucoup de rigueur dans l'évocation, ici, d'une famille bosniaque des années 50.
Le récit a valeur de témoignage historique dans la restitution de l'atmosphère sociale et politique sous Tito Le voyage d'affaires dont il est question dans le titre est, dans les faits, spoiler: la déportation
d'un père de famille pour quelques paroles jugées séditieuses.
Sans doute inspiré par ses propres souvenirs, Kusturica présente l'histoire par l'intermédiaire d'un gamin dont la narration et le regard d'enfant introduisent une peinture forcément attendrissante. Procédé sentimental un peu facile et trop souvent utilisé à mon goût. La sobriété de la mise en scène épouse la rigueur des temps mais parait généralement terne. Aussi, de cette chronique familiale et sociale je n'ai perçu que très rarement une émotion dramatique susceptible de m'attacher aux personnages.
Bertie Quincampoix
Bertie Quincampoix

142 abonnés 2 053 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 18 février 2025
Deuxième long-métrage d’Emir Kusturica – sa première Palme d’Or à Cannes, dix ans avant celle reçue pour Underground en 1995 – Papa est en voyage d’affaires nous plonge dans dans la Yougoslavie de Tito du début des années 50. Le film porte déjà en lui les germes de son style baroque, lyrique et foutraque qui s’exprimera pleinement dans Le temps des gitans (1988) – et qui était étonnement plus visible dans son premier long, le génial Te souviens-tu de Dolly Bell ? (1981). Chronique domestique autant que politique, le film raconte comment un père de famille (Miki Manojlović) à la fois attachant, volage et impulsif finira par atterrir dans un camp de travail, dénoncé par jalousie par son beau-frère et la femme de celui-ci, par ailleurs maîtresse éconduite du premier. Ce conte immoral est raconté du point de vue d’un jeune garçon de six ans, qui va découvrir la cruauté de l’existence en même temps qu’il cessera d’idéaliser les figures d’autorité parentale. Un bel essai sur le théâtre de la vie, avec ses petites et ses grandes concessions, dans le contexte incertain d’un régime politique autoritaire.
Corinne76100
Corinne76100

86 abonnés 635 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 29 octobre 2024
Film plaisant à suivre, les personnages sont attachants, drôles et sensibles dans un contexte historique compliqué à vivre. La réalisation est classique.
Manu Hadni
Manu Hadni

11 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 15 octobre 2024
Poétique, onirique, satyrique, humoristique,politique,.. misto des genres cher à Kusturica. Ca sent bon les Balkans et même un peu le cinéma italien de naguère.
Hotinhere

790 abonnés 5 461 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 6 juillet 2024
Une chronique familiale pleine d’humour et de poésie dans la Yougoslavie déchirée des 50’s, vue à travers les yeux d’un enfant (somnambule !) hyper attachant. Palme d’or.
weihnachtsmann

1 617 abonnés 5 728 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 20 mai 2024
D’abord quelques réserves. Le motif musical répété à l’envie, c’est franchement fatiguant…
De plus je ne comprends pas pourquoi tout à coup ils vont retrouver le père qui était en camp?
Et il est libre tout à coup?
C’est pas tout à fait clair.
Et l’homme qui flirte avec la fille qui prend feu dans le cabaret devant son fils….
Tout le début est assez intéressant, même si parfois un peu longuet, mais il décrit très bien cette époque et ces paysages tristes des pays de l’Est mais avec des personnages attachants.
Alain D.

734 abonnés 3 445 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 20 mai 2022
« Papa est en voyage d’affaires » : Palmes d’Or au Festival de Cannes en 1985, ce film est parfaitement dirigé par le réalisateur Yougoslave, même s'il n'a pas la magie des excellents Arizona Dream, Chat noir, Chat blanc, La Vie est un miracle...
Sarajevo 1950, Emir Kusturica nous conte le drame d'une famille yougoslave. Ce film grave avec néanmoins quelques notes d'humour, nous offre des scènes très fortes. L'ambiance est assez éloignée du futur univers délirant de Kusturica, mais donne déjà un bel aperçu de son penchant pour le fantastique.
Le film est également servi par des acteurs parfaitement crédibles comme Miki Manojlovic dans le rôle de Mesa le père de Malik, et Mirjana Karanović dans la peau de Sena la femme de Mesa. Quant au jeune Moreno D'e Bartolli, il est véritablement craquant dans le rôle principal de Malik, le petit communiste de famille juive, qui nous donne de jolis moments d'émotion.
Bernard D.
Bernard D.

129 abonnés 613 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 26 septembre 2021
Après 2 palmes d’Or à Cannes pour « Papa est en voyage d’affaires » en 1985 et « Le temps des gitans » en 1988, Emir Kusturica a sorti en 1998 « Chat noir, chat blanc » … qui fait bien grise mine ! On repart chez les gitans sur les rives du Danube avec en hors d’œuvre des histoires de trafic et de magouilles avec les russes et un douanier bulgare, puis en plat principal un mariage. Un grand-père souhaite que son petit fils se marie … tiens, tiens c’est le thème du futur « Promets-moi » (2007), et un caïd que sa dernière sœur alias « Coccinelle » se marie … mais bien sûr rien ne se fera comme prévu. Des aventures loufoques, menées tambours battants avec des scènes assez lourdes (l’énumération du prix des cadeaux de mariage, les pains de glace, les latrines trafiquées …) et bien sûr des fanfares, moult tirs de mitraillettes et des animaux avec même un cochon qui mange la carrosserie d’une voiture, et des flopées d’oies !
Ce film qui a reçu le Lion d'Argent pour sa réalisation à la Mostra de Venise, m’a paru très long (2 h 10) pour pas grand-chose, et finalement très ennuyeux !
poupicinéphile
poupicinéphile

1 abonné 41 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 26 août 2021
8ème film Compétition Festival Cannes 1985 : L'un des premiers films d'un futur maître du cinéma européen, Emir Kusturica, que le Croisette a eu l'audace de programmer directement en compétition officielle et qui remporta un peu à la surprise générale la Palme d'or, devenant ainsi le premier réalisateur des Balkans à obtenir ce Graal du 7ème art. Le film est une chronique familiale légèrement allégorique qui évoque la consolidation de la dictature communiste de Tito dans les années 1950, déchargée de son allégeance stalinienne, à travers le regard du jeune Malik, témoin des adaptations de la population avec les injonctions absurdes du régime et du parti. Ainsi le père du jeune héros, administrateur du Parti, se trouve condamné à vivre dans un camp de travail près d'une mine, dénoncé par son beau-frère par excès de zèle et jalousie, après que sa maîtresse ait confessé ses réserves sur une caricature appréciée par le pouvoir en place. Le jeune garçon atteint de somnambulisme réel ou feint ainsi que sa mère courage symboliseront un peuple qui baisse volontairement les yeux sur le caractère liberticide du régime (liberté d'expression bafouée, délation, endoctrinement) qui s'en accommode malgré tout mais dont le réveil brutal, sitôt la crise disparue, leur fait prendre conscience des tares du régime. La figure paternelle viendra, quant à elle, représenter le régime qui se veut exemplaire et héroïque, et devient déceptif à force de mensonges et de veulerie. Le réalisateur a la subtilité de ne pas faire de ce père un opposant convaincu au régime, bien au contraire, mais qui réalise que malgré une fidélité au régime (ce qu'il est beaucoup moins dans sa vie privée), on peut basculer en un rien de temps dans le camp des opprimés dans un régime de la sorte qui n'épargne personne et qui est d'une implacable répression pour se démarquer en cruauté avec le grand frère stalinien honnis. Les positions futures et ambiguës de Kusturica sur le régime de Tito nuanceront la charge du film, laissant un gout inachevé et un sentiment de critique involontaire. La valse lancinante rythme néanmoins cette chronique parfois drôle, le plus souvent douce-amère ou mélancolique comme le regard de cette petite fille malade qui arrache un jurement de fidélité sincère à notre jeune héros, fidélité devant durer au-delà d'une mort future.
Pascal
Pascal

254 abonnés 2 406 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 juin 2021
Palme d'or en 1985, Emir Kusturica artiste multifacette, ( il est aussi musicien de rock), reconnu plusieurs décennies après le sacre de Papa... que " s'il avait su que son film serait considéré en Occident comme une critique du communisme, jamais il ne l'aurait réalisé". Bref, la réception à Cannes de "Papa est en voyage d'affaires "fut un malentendu . En fait ce film est plutôt une chronique de la vie en yougoslavie au début des années 50, à travers le regard d'un enfant dont le père perdit son statut social et fut sanctionné pour une phrase mal comprise par le Parti. Milan Kundera dans son livre "la plaisanterie " part du même point de départ. L'ironie de l'histoire comptée ici, c'est que c'est le beau-frère du papa du titre qui se chargea de l'instruction de l'affaire. On apprendra que le fameux beau-frère est un homme sans conviction qui passe des Oustachis ( fascistes Croates pendant la seconde guerre mondiale) aux cadres du Parti Communiste Yougoslave sans que ça lui pose de problème. Le papa du titre étant aussi l'amant de sa belle sœur. Bref, l'unité familiale est loin d'être parfaite. Voilà un film qui n'a pas vieilli et qui montre toujours toutes les facettes de son charme. Kusturica obtiendra quelques années plus tard une seconde palme d'or avec "underground " que j aime moins. Selon moi le meilleur film de sa courte filmographie est " le temps des gitans" qui obtiendra la prix de la mise en scène, de nouveau à Cannes lors d'une autre édition. "Papa est en voyage d'affaires " , même s'il n est pas un chef d'oeuvre est un très bon film qui décrit la vie dans la yougoslavie de l'après-guerre, de l'autre côté du rideau de fer.
Uncertainregard
Uncertainregard

140 abonnés 1 285 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 24 septembre 2016
Très jolie histoire racontée par un petit gamin époustouflant. Contrairement à ses oeuvres plus récentes, on peut dire que le sujet est ici traité plus sérieusement. Certes le contexte historique ne prête pas à rire mais il a traité des thèmes bien plus grave comme la guerre avec l'humour qu'on lui connait. Non, ici il reste très sobre y compris dans la musique qui se contente de très jolies balades slaves. Par contre la gnôle coule toujours à flot et entraine d'excellentes situations où les acteurs s'en donnent à coeur joie. Emir nous pose son regard sur le changement politique de son pays sans prendre partie, juste nous présentant ce qu'il en a appris à travers le regard d'un enfant. Très beau, très juste et merveilleusement mis en scène en particulier les crises de somnanbulisme de notre héro...
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