Tout a été dit sur ce film et pourtant on ne se lassera pas d'en faire des éloges. Et pour cause, dès son premier film, Orson Welles dévoile son génie qui ne fera que se confirmer au fil des ans malgré tous les déboires qu'il a connu. Faisant preuve d'une incroyable modernité (on est seulement en 1941 !) aussi bien dans la mise en scène (profondeur de champ, faux plafonds, faux plancher, décors superbes) que dans la narration (des bribes de la vie de Kane racontée par certains de ses proches à un journaliste qui enquête sur la signification de son dernier mot : Rosebud), Welles a déconcerté son public mais pour mieux asseoir sa réputation et son statut. "Citizen Kane" n'est certainement pas considéré comme l'un des meilleurs films de tous les temps pour rien et Welles applique pratiquement la règle d'une idée par plan, parsemant ses personnages dans d'immenses décors ou dans diverses zones d'ombres. La photographie est aussi soignée que le reste, le montage est étudié à la perfection et même si l'on ne peut pas se cacher le petit coup de vieux qu'il a pris, le film reste un modèle pour tous et montre qu'en plus d'être un réalisateur ambitieux et de talent, Welles est un très bon acteur et il n'aura de cesse de le prouver également.
En 1941, âgé de seulement 25 ans, Orson Wells interprète et surtout réalise son premier long-métrage : "Citizen Kane". Le film ne marchera pas au box office, mais son appréciation par la critique lui donnera peu à peu un statut de film culte, voire de chef d’œuvre. A tel point qu'il figure régulièrement dans le haut des classements des meilleurs films américains de tous les temps. Pour ceux qui découvriraient "Citizen Kane" aujourd'hui, cette réputation écrasante le précède, et les attentes envers le film sont souvent très hautes... et parfois déçues, la faute à un protagoniste il est vrai peu attachant. Pourtant, "Citizen Kane" reste un brillant long-métrage avant-gardiste. Orson Welles y fait preuve de nombreuses techniques innovantes. Et si certaines existaient déjà en 1941, c'est ici leur remise au goût du jour ou leur combinaison qui est impressionnante. Narration déstructurée par des flashbacks mais présence d'un "sommaire" pour que le spectateur garde le fil, ellipses brutales, plongées & contre-plongées abyssales, jeux de grand angle, éclairages ingénieux, mini plans séquences, décors donnant l'illusion d'être dantesque : le film est un réel festin cinématographique, et conserve encore son efficacité. Orson Welles se taille également la part du lion en incarnant ce magnat de la presse, caricature d'un William Randolph Hearst qui tentera de faire interdire le film. Kane apparait ici comme un jeune audacieux et charismatique, qui s'enferme peu à peu dans une volonté de contrôler son monde et dans une richesse infinie et solitaire. Un personnage complexe et ambigu, dont les dernières paroles ("Rosebud") constituent l'une des répliques et l'un des fils rouges les plus célèbres de l'Histoire du cinéma. Certains ne verront pas en "Citizen Kane" le monument du cinéma que la critique a souvent décrit, il demeure pourtant un œuvre majeure, pas suffisamment appréciée à sa sortie.
Un film trés audacieux pour l'époque au scénario bien détaillé qui retrace la vie d'un homme. "Citizen Kane" a réinventé le cinéma grâce à sa technique de réalisation (plans-séquences, décors immenses, angles de caméra extra-larges, plonger et contre-plonger, la narration en forme de flash-back, séquence d'ouverture et finale identique, etc...) On ne connaîtra d'autres innovations que bien plus tard grâce à Alfred Hitchcock. Mais ce qui m'a le plus marqué, c'est la scéne de fin où l'on aperçoit des milliers d'objets, de meubles, de statuts et d'oeuvres d'art entassés dans une pièce du château.
Chef d'oeuvre absolu (je suis contre le fait de dire que c'est le meilleur film de l'histoire du cinéma). Un nombre vertigineux de niveaux de lecture, le plus fort étant l'impossibilité de connaitre véritablement un homme, de le comprendre. Réalisation parfaite, jeux de lumières et de profondeur à tomber par terre. Bref, un monument qu'il faut voir absolument
Incontournable pour comprendre que le cinéma est Le 7ème art. Dieu me pardonne mais tel un messie, par ce Kane, Orson Welles rachète les fautes et les daubes de tous les réalisateurs du 20ème siècle...
Considéré comme un des meilleurs de tous les temps. Cette réalisation est un petit bijou du cinéma. Le twist ending est tout ce qu'il y a de plus imprévue et même si il n'y était pas ce film resterai un bijou. En plus pour une oeuvre de 1941 c'est tout simplement rare. Jamais personne a part Orson Welles n'aurai eu le talent de réaliser un tel chef d'oeuvre. Il mérite d'être classé parmis les meilleurs On se régale a découvrir de fil en aiguille la vie intéressante de cet homme.
Comme pour beaucoup c'est sa renommée qui l'a largement précédé. Il fallait que je vois le meilleur film de tous les temps... plouf! il fallait que je m'inscrive pour commenter celui-là et essayer de comprendre parce que franchement il doit y avoir quelque chose qui m'échappe. Sans détailler cette expérience étrange, je rejoins youmpitchou(qui a magnifiquement rendu compte de la chose) pour ce qui est des émotions ressentis. Les critiques positives donnent trop peu d'explications tangibles qui donneraient raison à l'AFI (je ne demande pas d'expliquer l'art mais quand même le Beau devrait s'imposer de lui-même), comme si c'était la société qui choisissait arbitrairement ces chefs d'œuvres, l'Amérique qui imposait sa culture.Il mérite peut-être pas 0 étoile mais c'est pour balancer la "sur-notation" de certains qui visiblement ne devaient pas juger par eux-mêmes.
Une étape majeure et décisive de l'histoire du cinéma. Si on peut préfèrer d'autres films, il y a nettement eu un avant et un après. La liste des choses que Citizen Kane a changé dans la manière de faire des films est interminable : la façon de composer un cadre, les mouvements de caméra, la façon de placer la musique (la B.O. de Bernard Hermann est elle-même majeure), le travail de la bande-son ou encore le montage avec le rejet obstiné d'Orson Welles du champs / contre-champs, le personnage enquêteur n'est ainsi jamais vu de face. Et puis le fait qu'un studio (la RKO) dise à un type de 26 ans qui n'a jamais tourné :"fait le film que tu veux, on signera le chèque" est également une première. Le terme chef-d'oeuvre n'est pas galvaudé.
Citizen Kane, élu meilleur film de tous les temps... c'est un peu pousser. Par-contre, affirmer que c'est un chef-d'oeuvre et un coup de génie (qui arriverait à faire ça dès son premier film ?) ne serait qu'admettre la force d'Orson Welles. Le cinéaste signe un film très personnel grâce à son travail à beaucoup de postes : il est le scénariste, le protagoniste et le metteur en scène, ce qui habituellement n'est pas pour arranger les choses (il est difficile de travailler sur le scénario quand on en est l'auteur, et de se diriger soi-même) mais qui met ici toutes les chances du côté de Welles. Ainsi le mystère frappe dès le début, et n'est pas résolu concretement à la fin (libre choix d'interprétation) et tout le métrage est un travail sur la lumière et l'ombre, sur les proportions prises à l'écran, sur les effets de fondus (d'ailleurs repris dans Lady Vengeance), etc., bref, un très grand travail technique extrêmement novateur. Citizen Kane, le chef-d'oeuvre de 1940 qui ne pris pas une ride : mais le film n'est pas le "le meilleur film de tous les temps".
Novateur, profond et ambitieux. Citizen Kane a tout pour s'imposer comme le meilleur film américain de tous les temps. Cependant, un an plus tôt, Chaplin tournait "Le dictateur". Si Citizen Kane à transformer le monde du cinéma, Chaplin quand à lui, a bouleversé l'humanité.
Débuts des années 40. Orson Welles, un sombre inconnu qui a fait son petit bout de chemin, a 26 ans lorsqu'il passe pour la première fois derrière la caméra pour livrer au monde cette biographie fictive d'un magnat de la presse inspiré par un réel homme d'affaires de l'époque, William Hearst (qui tenta en vain d’empêcher la diffusion du film). Dès lors, Citizen Kane va bouleverser le cinéma et le marquer au fer rouge pour les siècles à venir. Car Citizen Kane est une leçon, une œuvre imparable, une pièce maitresse qui cloue le bec et qui émerveille. Citizen Kane est un chef-d'œuvre. Tout est pensé et mis en scène avec une perfection hors du commun : un scénario original composé de flashbacks, des acteurs issus du théâtre au diapason, une musique soignée et surtout une réalisation frôlant le génie où Welles, cinéphile studieux et perfectionniste, filme avec précision des plans mémoriaux, logiques, célestes. Chaque pensée, chaque cadrage, chaque scène impressionne et illustre parfaitement le génie artistique du réalisateur qui s'octroie également le poste de producteur, co-scénariste et rôle principal. Welles joue d'ailleurs brillamment ce Charles Foster Kane, enfant "vendu" à un riche financier qui va en faire un homme d'affaires important mais aussi un mari infidèle, un millionnaire excentrique, un fou vivant dans l'excès. Le film débute par sa mort, par un dernier mot (le légendaire "Rosebud"), par une enquête sur cette disparition. Que veut dire cet ultime mot ? C'est ce qu'un journaliste va tenter de découvrir en interviewant les personnes les plus proches de Kane, dévoilant ainsi sous différents points de vue sa vie tumultueuse. Faux biopic magistral, drame humain poignant, histoire d'amour touchante, peinture fabuleuse du classique Rêve Américain. Citizen Kane brasse tous ces thèmes pour en faire un long-métrage hypnotisant, parfait, impérissable, Orson Welles défiant alors toutes les règles pour livrer une vision noire tout en finesse. Certes, rien n'est vraiment à proprement parler original, ni le concept de la narration brisée en flashbacks, ni les incroyables jeux d'ombres et de lumières empruntés à l'expressionnisme allemand, mais force est d'admettre que disposer toutes ces qualités en un seul premier long-métrage est un tour de force désarmant. Au final Citizen Kane est un chef-d'œuvre qui ne peut pas vieillir et qui conserve encore en lui une foule d'émotions sans cesse surprenantes.
J'ai acheté le DVD de ce film parce que, aimant le cinéma, je culpabilisais vaguement de ne pas avoir "le meilleur film de l'Histoire du cinéma" dans ma vidéothèque.
Je l'ai regardé plusieurs fois.
Certes, la technique de prise de vue et le montage sont novateurs pour l'époque, mais Orson Wells n'est pas un cas unique.
Le cinéma allemand bouleversait artistiquement le 7ème art depuis les années 20, et dans les années 30, Leni Riefenstahl, aussi dévoyé que fut son art, créait une manière de filmer qui devait s'imposer pendant plusieurs dizaines d'années.
La France était, elle aussi, dans sa grande époque cinématographique, celle de "La femme du boulanger", du "Quai des Brumes" et des "Visiteurs du soir".
"Citizen Kane" est un film intéressant, peut-être, mais ce n'est pas, du moins à mon sens, un chef d'oeuvre. Pour ne prendre qu'un seul exemple, "Les Enfants du Paradis" de Carné, un film français contemporain, le surclasse de tous points de vue.
Jeu des acteurs sans relief, histoire banale d'un self made man et surtout, film trop long d'une demi-heure.
Bien que le caractère principal soit omniprésent, on ne sympathise jamais avec lui et son histoire se regarde sans enthousiasme.
Sa vie illustre l"American dream", un modèle mainte fois stéréotypé par le cinéma américain.
Au risque de passer pour sacrilège, je trouve que l'ennui n'est pas loin quand le mot "fin" s'inscrit à l'écran.
J'ai le DVD qui traîne quelque part(c'est pas moi qui l'ai acheté, c'est un cadeau...). Mais je n'ai aucune envie de revoir ce film people in your face dont je ne supporte pas l'éclairage et la lumière complètement fausse(ce dont je me rappelle surtout de ce film). Peut être qu'à l'époque c'était trés rafraichissant comparé aux autres films? J'adore la lumière style "Barry Lindon"...