Ça faisait un bail que je n'avais pas vu True Romance, peut être bien 10 ans, et le triste décès de son réalisateur Tony Scott m'a fourni un prétexte pour me le revisionner. A la base, True Romance est un des deux scénarios que Quentin Tarantino a écrit dans les années 80 et qu'il a vendu pour pouvoir financer sa première réalisation : Réservoir Dogs. True Romance étant vendu à Tony Scott, l'autre scénario, Tueurs nés, à Oliver Stone. True Romance est sans doute le film le plus personnel de Tarantino. Le personnage principal, Clarence Worley incarné par Christian Slater à l'époque où il tournait encore des bons films et non pas des directs-to-dvd, est vendeur dans un magasin de bandes-dessinées tandis que Tarantino travaillait dans un vidéo-club. Celui-ci est amateur d'Elvis Presley qu'il vénère par dessus-tout, en retour le King veille même sur lui lui indiquant la marche à suivre. Jusqu'au jour où dans un cinéma de quartier alors qu'il était allé tranquillement voir un film de karaté avec Sonny Chiba, se pointe la belle Alabama, en fait une call-girl et non pas pute, dont il va tomber amoureux et réciproquement. Elle va l'entraîner dans un cocktail de sexe, de drogue et d'ultra-violence tout en croisant des personnages tous aussi cinglés : le père de Clarence joué par le défunt Dennis Hopper qui balance à un mafieux que les siciliennes se sont faites engrosser par des noirs et qu'il est donc "café au lait" (scène magistrale entre Hopper et Walken, louée par Tarantino lui-même et qui dénote de tout le respect et le plaisir qu’avaient ces deux comédiens à jouer ensemble), Drexl le proxénète, Vincenzo Coccotti, Floyd le coloc qui ne fait que fumer des tarpés sur son fauteuil ou encore Lee Donowitz le producteur cocaïnomane ou Dick l'acteur raté. Tous appartenant à la galaxie Tarantino : Hopper, Walken, Kilmer, Rapaport, Pitt, Sizemore...True Romance pose les bases du cinéma de Tarantino avec ses multiples références à cette culture pop bien à lui : les hamburgers, les films de kung-fu ou de la Blaxploitation, les séries B, les soap opéras, Elvis Presley, etc. Le couple vedette est attachant, bien plus que celui de Tueurs Nés mais ça c'est peut-être une question de goût personnel. Quant à la fin, il faut savoir que Tarantino avait prévu, au départ, de faire mourir Clarence dans la scène du gunfight final, mais c'est finalement Tony Scott qui expliquera à un Tarantino furieux qu'il aime trop les 2 personnages pour ça. True Romance est un film culte avec des scènes cultes comme celle ou James "Soprano" Gandolfini défigure Patricia Arquette. Le meilleur film de Tony Scott et rien que pour ça merci.