"J't'aime bien Clarence, depuis toujours et pour toujours." "True Romance" commence par un coup de foudre, celui d'un vendeur de comics fan d'Elvis Presley, Clarence (Christian Slater), et d'une call-girl engagée par son patron comme cadeau d'anniversaire, Alabama (Patricia Arquette). Fous d'amour, ils se marient le lendemain de leur rencontre. Quand Clarence apprend la vérité sur elle et décide d'aller voir son maque pour lui annoncer qu'il a perdu une de ses "employées", la situation dégénère et l'oblige à partir en cavale avec sa fiancée. S'ensuit alors une série de péripéties délicieusement endiablées. On a beau le descendre et répéter sans relâche qu'il n'arrive pas à la cheville de son grand frère (au risque de vous déplaire, je vous avouerai que selon moi c'est plutôt l'inverse), Tony Scott a quand même un sacré talent, bien qu'il ne l'exploite pas toujours comme on le souhaiterait. Son septième film bénéficie d'une part de son savoir-faire incontestable en matière d'action, et d'autre part de l'immense talent de scénariste et de dialoguiste d'un Quentin Tarantino à ses débuts (premier scénar) mais déjà au sommet de son art... c'est ce que j'appelle une "collaboration-parfaite-qui frôle-le-fantasme". Ce "True Romance" brasse autant de genres qu'il en transcende : romance, comédie, drame, thriller, policier, action, c'est un cocktail aussi bordélique que jubilatoire. La rencontre qui constitue le début du film, bien qu'elle ne révolutionne pas le genre, est d'une magnifique simplicité ; ensuite, le choc : cette histoire d'amour belle mais ordinaire se mue en un thriller ultraviolent rempli d'humour noir et de répliques cultes (mon Dieu, ces dialogues !). Mais les meurtres à bout portant et les fusillades n'y changeront rien : "True Romance" est d'une tendresse infinie. Car même sanglant, même comique, "True Romance" reste beau : les deux rôles principaux sont peaufinés et ont chacun droit à leur part d'"ombre et de lumière" tout en restant admirables de courage et de culot. Quant au casting, il est topissime et s'autorise même des petits rôles réjouissants : Val Kilmer en "mentor" dans la peau d'Elvis et Brad Pitt en junkie défoncé du matin au soir. Bordel, ce film fait rêver et je l'adore !