Avis : La Trilogie Marseillaise de Marcel Pagnol : Fanny - Page 3
La Trilogie Marseillaise de Marcel Pagnol : Fanny
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Ricco92
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5,0
Publiée le 27 octobre 2016
Tourné un an après Marius, Fanny en est la suite directe. Il n’est donc pas surprenant que les qualités du métrage restent les mêmes : le film étant essentiellement axé sur le texte et le jeu des acteurs, on ne ressent quasiment pas le changement de réalisateur (à l’exception de certains choix de cadrages et de raccords qui semblent légèrement plus hasardeux chez Marc Allégret que chez Alexandre Korda). On est donc toujours face à un monument du cinéma français un peu plus dramatique que le précédent qui bénéficie toujours d’une interprétation magnifique (Raimu est fabuleux) et qui se termine de manière déchirante.
Marc Allégret (1900/1973), ne fut pas épargné par la nouvelle vague, comme d'autres cinéastes de sa génération.
Connu pour sa liaison avec André Gide, il réalisa notamment la deuxième partie de la trilogie marseillaise de Pagnol qui fait l'objet d'une ressortie en salle.
Le scénario ne propose pas beaucoup de péripéties ( Fanny enceinte de Marius parti autour du monde, accepte le mariage avec Panisse).
C'est ( de mon point de vue) la dernière demi-heure qui offre les meilleurs moments du film. Retrouvailles et confrontations entre tous les personnages principaux, elle permet à tous les acteurs de grandes envolées.
La mise en scène est sans doute trop statique ( les deux autres volets de la trilogie ne le seront pas beaucoup moins) et cette partie est beaucoup moins restée célèbre que la première.
Toutefois malgré sa mise en scène assez plate, la trilogie vaut toujours le coup d'oeil. Ses dialogues sentent bon le midi, fleuris par le vocabulaire populaire de l'époque et par le bon sens commun.
La deuxième partie de la trilogie de Pagnol est ancrée dans un ton plus dramatique, un brin moins rieur, quoique l'on ne boude jamais un rire complice ou contraire à César. La pauvre Fanny se voit délaissée par son amour de marin, et tombe entre les mains du vieux Panisse qui ne convoite que le bébé pour lui assurer une descendance, même illégitime. Entre sacrifice de soi et bravoure, chaque personnage en prend pour son grade, et nous avec. Il y a de quoi être émus, et la rire alterne bien souvent avec un silence compatissant. Toujours dans le cadre ensoleillé de la Provence, on sortirait presque le pastis et les olives dès les premiers accents de Raimu... Et pourquoi pas (avec modération, bien entendu !). Mais il est vrai que ce charme méditerranéen nous entraîne bien vite hors de nos vies pour voyager avec ces personnages toujours tiraillés entre le sourire et la larme, un second beau bijou qui rend hommage à la délicieuse pièce de Pagnol.
Marius parti naviguer en la laissant dans l'embarras, Fanny doit rapidement se marier pour éviter d'être montrée du doigt dans une société rejetant les filles-mères. Ce sujet, dépassé de nos jours, donnait pourtant à cette histoire un ton dramatique à l'époque. Le jeu d'Orane Demazis est lui aussi un peu archaique, avec une gestuelle empruntée au cinéma muet, mais il apporte tout de même un charme désuet au film. Moins de scènes cultes même si le sermon de César à Marius sur le poids de l'amour ("ces cinq kilos de plus, c'est cinq kilos d'amour. Et pourtant c'est léger l'amour") est une nouvelle fois un grand moment de poésie pagnolesque.
Si l histoire des amours contrariés de Marius et Fanny sous l œil de César est toujours intéressante à suivre, le deuxième opus de la trilogie Marseillaise prend un ton plus grave mais ce trouve être moins amusant à regarder. Le final en revanche atteint une tension magnifique.
La suite de la romance marseillaise, qui s'intéresse plus particulièrement au personnage de Fanny cette fois. Fanny qui est brillamment interpréter par la magnifique Orane Demaziz, qui ne cesse de m'interpeller par son jeu, sa présence à l'écran et son charisme. Cette suite, est également adapté d'une pièce de Marcel Pagnol, qui a choisi de l'adapter suite au succès du premier. On s'attache encore davantage aux personnages, qui nous montre aujourd'hui que malgré le départ de Marius, la vie continue sur le Vieux Port. On a beaucoup d'empathie pour le pudique César, mais aussi pour la jeune Fanny qui va malheureusement devoir faire des choix. Le film est dans la lignée du premier dans sa réalisation et son scénario. Ce dernier, suit d'ailleurs une suite logique et cette romance entre Marius et Fanny nous tient vraiment en haleine, on a parfois l'impression d'être dans les feux de l'amour de l'époque. Je me suis une fois de plus laissé bercer par ce long métrage que je vous recommande une fois de plus. Une trilogie à voir et à revoir sans fin.
Deuxième opus de la trilogie marseillaise de Pagnol, écrit pour le théâtre puis le cinéma après le succès de Marius, ce film reprend l'action exactement là où ce dernier s'était arrêté. On y retrouve, pour notre plus grand bonheur, la plupart des personnages aux accents chantants de la première partie, interprétés par des Raimu, Orane Demazis et Fernand Charpin toujours aussi extraordinaires. Si le film, qui alterne passages comiques et moments plus dramatiques, est plus fragile que Marius, tant dans sa mise en scène que dans son scénario, il réserve quand même quelques très belles surprises – notamment une séquence superbe au cours de laquelle l'héroïne marche seule dans les rues de Marseille jusqu'à la Bonne Mère. Toujours aussi attachant.
On retrouve Raimu, Demazis et Fresnay pour les rôles respectifs de César, Fanny et Marius. Ce deuxième volet de la trilogie marseillaise est signé Marc Allégret, mais son point fort reste le scénario et les dialogues de Marcel Pagnol, d'après sa propre pièce. Il a d'ailleurs ajouté un ensemble de scènes qui font la transition entre le premier film et celui-ci, notamment les vingt premières minutes. Les répliques sont toujours très pertinentes et drôles, les personnages exacerbés, et l'intrigue tourne au mélodrame avec une grande habileté. Un classique.
Marius parti, ce second volet se concentre sur ceux qui sont restés sur le Vieux-Port : César, Panisse et, surtout, Fanny. Un épisode réalisé avec un peu plus de maîtrise que le précédent par Mac Allégret qui, même s’il n’oublie pas d’être souvent très drôle, est le plus touchant et le plus dramatique de la trilogie. Dans le rôle-titre, Orane Demazis, magnifique de fragilité, augmente la qualité de son jeu pendant que Fernand Charpin se montre particulièrement attachant et que Raimu reste le plus pittoresque de tous.
Il s’agit du 2e volet cinématographique de la célèbre trilogie théâtrale (1931), centrée sur Fanny (Orane Demazis, 38 ans), écartelée entre son amour pour Marius Ollivier (Pierre Fresnay, 35 ans), parti 5 ans à bord du navire océanographique « La Malaisie » et la bienveillance (certes intéressée) d’Honoré Panisse (Charpin, 45 ans), maître-voilier à Marseille. Le film, plus mélodramatique que le 1er opus, est long (2h20) et a un peu vieilli avec le sujet des filles-mères et leur honneur perdu (l’annonce de sa grossesse par Fanny à sa mère Honorine, est grotesque), même si le vrai sujet est celui de la paternité, biologique ou adoptive, de Marius (égoïste, pensant avoir des droits sur son enfant) et de Panisse (émouvant). Malgré l’ajout de scènes en extérieur (au côté documentaire), la mise en scène de Marc Allégret reste en deçà de celle d’Alexandre Korda. On y retrouve l’alternance de sketches spoiler: tels que celui de la partie de pétanque qui bloque le tramway, le chavirage du bateau Pitalugue, acheté par Aldebert Brun (Robert Vattier, 26 ans) qui ne sait pas nager et la démonstration de l’innocuité hépatique des plantes dans les apéritifs par César.
Revu à l Utopia dans cysle marcelpagnol.film ….de son époque avec un scénario lié aux mœurs de époque.mais que ça fait du bien des dialogues incisifs, des decors de l epoque( le marché aux poissons,un pittoresque!). Raimu grand interprète grand acteur.j ai adoré Pierre Fresnay même si son personnage apparaît peu mais oh combien important. Et en fin il y a le port de Marseille dans les années 30 , si pittoresque.une fresque ce film. A voir.
Le départ soudain de Marius sur le "Malaisie" laisse son père César dans la tristesse et son amoureuse Fanny avec une enfant à naître. Cette deuxième partie de la trilogie de Pagnol reproduit le thème récurrent de l'auteur, l'enfant bâtard objet de honte et de scandale. César, plus irrascible et excessif que jamais depuis que Marius est parti vivre son rêve, Fanny, affligée par sa future condition de fille-mère, et Panisse, qui sauvera la jeune femme du déshonneur en l'épousant et en donnant son nom à l'enfant, sont, en l'absence de Marius, les trois personnages principaux de ce drame sentimental et moral d'un autre temps, au demeurant -et heureusement!- transcendé par la personnalité comique de la plupart de protagonistes. César et Panisse, Raimu et Charpin, font un véritable récital dans la truculence et l'exubérance, dans la verve et les inventions dialectiques du Marseillais vu par Pagnol. Dialogues riches et interprétations exceptionnelles garantissent des séquences de comédie irrésistibles à l'accent décidément savoureux. Car, si Fanny, spoiler: puis à la fin le retour de Marius spoiler: revendiquant, pas gêné, la femme et l'enfant de Panisse, entretiennent la flamme dramatique du film, les joutes verbales entre Panisse et César, notamment sur la légitimité du premier à convoiter Fanny, constituent des scènes épiques et drôles que dissimulent à peine, derrière les exagérations et les figures rhétoriques méridionales, la bonté et la sensibilité de l'un et de l'autre.
Deuxième volet de la trilogie Marseillaise de Marcel Pagnol, ce « Fanny » est bien supérieur à « Marius ». Alors que ce dernier se limitait à une intrigue pauvre et à la saveur du « folklore » Marseillais, dans « Fanny » fait l’irruption du drame, avec son lot d’humanité et de questions morales et éthiques qui touchent à l’universalité (même si les scènes comiques ont encore leur place). Plusieurs moments ont une intensité remarquable, et sont inoubliables ; Raimu étant absolument monumental.
Voilà une MAGISTRALE leçon de cinéma! Partir d'un scénario qui pourrait passer pour anodin, qui tiendrait sur un timbre poste et en faire une fresque digne de Michel-Ange relève du miracle. Les dialogues sont tous admirablement construits, l'accent de Marseille les font chanter et les acteurs sont tous formidables (Peut-être Orane Demazis surjoue-t'elle un peu parfois). On passe du rire au sourire aux larmes, puis on revient au rire. C'est formidable. Un monument du cinéma français. Ce film nous permet d'observer que spoiler: le statut de fille-mère a considérablement changé en 90 ans . A voir par tous, sans exception, et à revoir