71 fragments d'une chronologie du hasard
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Cinéphiles 44

1 666 abonnés 4 646 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 24 mai 2024
Après "Le Septième continent" et "Benny’s Video", "71 fragments d'une chronologie du hasard" est l'épisode le moins réussi de la trilogie « Guerre Ville » de Michael Haneke. Cette fois, le réalisateur pousse son sens de l'observation à l'extrême en suivant de bouts de vies de familles autrichiennes sans liens entre elles en apparence. Les dialogues sont rares, et la multiplicité des personnages désintéresse. Au final, on décroche plusieurs fois face à ce journal télévisé mal construit.
ferdinand75

723 abonnés 4 462 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 23 mai 2024
Un film bien lent , très cérébral, pour un manque d'émotion évident , pour dénoncer le manque de communication et d'humanité dans la société contemporaine. Tout cela en fait un film abscons , bien difficile à suivre, presque soporifique.
Kouto
Kouto

29 abonnés 4 749 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 13 septembre 2025
Le réalisateur Michael Haneke puise dans un tragique fait divers – une fusillade causée par un individu dans une banque – pour dresser le portrait de victimes dans un long-métrage au rythme léthargique et sérieusement inintéressant.
Agnes L.
Agnes L.

229 abonnés 2 011 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 4 juillet 2024
Dans la rétrospective qu'Arte consacre à l'oeuvre d'Haneke, c'est le quatrième film que je regarde et je constate que ce réalisateur divise les spectateurs entre ceux qui le détestent et ceux qui crient au génie. Pour ma part, j'ai beau avoir écarté les films les plus violents de son répertoire comme « Funnys Game » ou « Benny's video », je m'interroge sur ses motivations à toujours vouloir choquer le bourgeois. Ses films sont parfois originaux, seulement ils ne font jamais passer un bon moment. Seul "Amour" que j'avais vu, il y a longtemps, m'a plu. Les autres sont dérangeants ou barbants et c'est dommage car le cinéma reste un loisir récréatif, un moment de détente et Haneke sait comment vous le gâcher.
Je reste dubitative face aux spectateurs qui ont mis 5 étoiles à ce film. C'est l'exemple même du film ennuyeux avec des séquences fixes qui durent et durent (le joueur de tennis de table qui fait sa gamme en coup droit en est un bon exemple). L'impression dominante, c'est que n'importe quel débutant cinéaste pourrait faire la même chose.
Cadreum
Cadreum

60 abonnés 779 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 19 juin 2025
Qui est le film ?
Avec 71 Fragments d’une chronologie du hasard (1994), Michael Haneke clôt sa trilogie de la "glaciation émotionnelle", entamée avec Le Septième Continent (1989) et poursuivie avec Benny’s Video (1992). Le film appartient à cette zone du cinéma des années 1990 où la crise du récit devient elle-même un motif : plus que de raconter, il s’agit de cartographier les signes d’un effondrement. Ici, pas de héros, pas d’intrigue au sens classique. Une série de scènes sans apparente cohérence dramatique, juxtaposées. Le titre annonce le projet : une chronologie disloquée, un monde sans lien.

Que cherche-t-il à dire ?
Haneke ne cherche pas à illustrer une thèse, mais à faire éprouver une structure. Le film prend acte d’un monde où les individus vivent côte à côte sans jamais se rencontrer autrement que par accident. À travers cette mosaïque d’instants ordinaires, il interroge la manière dont la société contemporaine détruit les conditions de l’empathie. L’information en boucle, les gestes routiniers, les échanges fonctionnels, tout dans le film exprime une désintégration du lien.

Ce que Haneke scrute, c’est la logique du désastre non spectaculaire : comment une société peut engendrer une violence radicale non pas par explosion, mais par soustraction d’attention, de récit, de chaleur. Le surgissement final n’est pas l’aboutissement d’un crescendo dramatique, mais une manifestation désordonnée d’un monde déjà malade. Le film ne nous dit pas pourquoi la violence survient. Il nous montre où elle naît.

Par quels moyens ?
Premier fragment : l’ennui comme état politique
Dans une séquence particulièrement statique, une jeune femme attend dans une banque, debout, sans parole, devant un guichet. Haneke laisse le plan durer, jusqu’à ce que la tension disparaisse. Il ne se passe rien. Mais ce rien devient tout : l’ennui filmé comme une agonie douce, presque anesthésiante. L’image n’explique pas, elle expose. Elle permet de ressentir l’usure quotidienne comme un geste d’effacement progressif.

Deuxième fragment : le plan sur le vieil homme et sa soupe
Un vieillard mange seul, lentement. Aucun dialogue. Un plan fixe. L’écran devient une surface de silence. La caméra ne cherche pas à pénétrer une intériorité, elle reste à distance, respectueuse mais impitoyable. Ce qui est montré, c’est la fatigue d’exister. Le plan dit : il est vivant, mais pour quoi faire ? La mort ne vient pas, la société l’a déjà rendu invisible.

Troisième fragment : la télévision comme chambre d’écho
Un enfant regarde les infos. Les visages de présentateurs s’enchaînent, les bulletins défilent. Les images sont celles du monde, mais elles arrivent comme des éclats d’un miroir brisé. Rien ne s’assemble. Haneke intègre des séquences de JT sans les commenter : le spectateur, comme l’enfant, est soumis à un flot d’événements qui ne s’agrègent pas. L’écran dans l’écran devient métaphore : l’image n’unit plus, elle dissout.

Quatrième fragment : une famille autour d’une table
On mange, on parle peu. Les gestes sont mécaniques. La caméra, encore une fois, s’interdit toute variation dramatique. Pas de champ-contrechamp, pas de musique. L’essentiel est ailleurs : dans ce qui ne circule plus. Les paroles sont des simulacres de lien, la famille une fiction maintenue par routine. Ce plan révèle l’asphyxie du lien social là où, traditionnellement, il devrait se reconstituer.

Cinquième fragment : la scène finale
Un homme pénètre dans une banque, abat plusieurs personnes, se suicide. Haneke refuse tout effet de suspense. La scène est filmée avec la même neutralité clinique que les autres. Pas de musique, pas de montée dramatique, pas de pathos. Le geste est brutal, mais son inscription dans la même grammaire visuelle que les autres fragments lui confère une étrangeté glaçante. C’est un fragment de plus, rien de plus. Le meurtre n’est ni la clé ni le sommet du film.

Où me situer ?
Je suis désorienté, désarmé. Mais cette sécheresse fait œuvre. Elle ne me rejette pas : elle m’oblige à regarder autrement. Je ne peux pas me reposer sur la psychologie des personnages, ni sur une narration rassurante. Je dois faire l’effort de penser à partir des images, de trouver une cohérence dans ce qui semble n’être que dispersion.

Ce que j’admire ici, c’est la rigueur du geste, son refus de séduire. Haneke ne flatte pas le spectateur, il le déplace. Ce que je trouve plus fragile, c’est la limite du dispositif : à force de refuser toute émotion, tout élan, le film frôle parfois l’indifférence. Mais c’est précisément cette tension qui fait sa force : l’indifférence est filmée comme un symptôme, et le spectateur est contraint de s’y mesurer.

Quelle lecture en tirer ?
71 Fragments n’est pas un film sur la violence : c’est un film sur les conditions de possibilité de la violence. Il ne nous dit pas pourquoi elle arrive, mais comment elle s’inscrit dans une constellation de micro-gestes, de silences, de décrochages. C’est un film qui pense le social comme un système d’archipels : des existences séparées, flottant les unes à côté des autres, sans contact. Le hasard n’est plus ce qui vient perturber l’ordre du monde, mais ce qui le régit.
GéDéon
GéDéon

134 abonnés 711 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 8 juin 2024
Composé de 71 séquences qui s’emboitent les unes aux autres, le troisième long-métrage de Michael Haneke, sorti en 1994, constitue un pari conceptuel déstabilisant. D’autant plus que ces scènes, dans lesquelles on suit des tranches de vie banales de divers personnages, ont parfois tendance à s’étirer gratuitement en longueur. Néanmoins, la force du réalisateur autrichien est de créer un climat déprimant où la violence et la déshumanisation de notre société emportent tout. Le message sur les comportements déterminés par la vie quotidienne demeure glacial. Bref, du cinéma d’auteur très hermétique.
Patjob
Patjob

43 abonnés 755 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 28 juillet 2024
La construction du film est originale : Haneke nous montre cinq situations bien différentes de personnages qui ne le sont pas moins, en alternant les scènes entre elles. Ce morcellement donne lieu le plus souvent à de très courtes scènes expressives, la plupart très réussies, parfois à des plans longs et pesants (l’entrainement du pongiste face au distributeur de balles). Bien sûr les différents destins se rencontreront … Ce qui caractérise plus la « patte » Haneke, c’est l’ambiance déshumanisée et glacée qu’il parvient à créer, avec ce regard bien pessimiste sur la violence latente et par conséquent parfois explosive de la société d’aujourd’hui.
Tendax_montpel
Tendax_montpel

42 abonnés 631 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 27 novembre 2009
Grâce à un montage original et audacieux, Haneke nous montre comment la violence peut surgir de l'ordinaire. Tout du moins c'est ce que j'en ai compris, car l'inclusion dans le film d'images d'actualités de l'époque prête beaucoup à réflexion...
dragon_ryu
dragon_ryu

19 abonnés 487 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 4 octobre 2008
Déjà Haneke avec ce film laisse sa prétention au placard pour essayer de nous livrer sa version d'un fait divers, de la manière la plus neutre possible à la manière de Van Sant sur "Elephant", mais bordel qu'est ce que c'est lent, ça raconte rien pendant 1H20, il n'y a que les dix dernières minutes qui ressemblent à du cinéma (et qui me prouve que Haneke peut être un sacré plasticien quand il s'y met). Puis je vois pas ce que les images du JT, de la guerre Israelo-palestinienne, des manifestations en France et des clandestins viennent foutre là, mis à part essayer de donner une profondeur factice à un film vide.
🎬 RENGER 📼 Cinéphile Nostal𝙂𝙚𝙚𝙠

8 850 abonnés 8 175 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 21 mai 2008
Troisième et dernier volet de la trilogie sur la « Glaciation Emotionnelle », après Le Septième Continent (1988) & Benny's Video (1992), Michael Haneke conclu ce cycle avec 71 Fragments d'une chronologie du hasard (1995), une œuvre encore plus « space » que les précédentes ! Comme son titre l’indique, nous avons affaire à un panel, ou plutôt un patchwork de fragments, des courtes séquences souvent sans queue ni tête, sans rapport entre elles et sans grand intérêt.
Le synopsis nous dit qu’un étudiant, sans mobil apparent, tue plusieurs personnes qui lui sont totalement étrangères. C’est finalement qu’à la fin du film que le réalisateur fait référence au synopsis en nous montrant le fameux étudiant. Pourquoi nous avoir fait attendre aussi longtemps ? Comme toujours, il laisse planer le mystère avec ses innombrables plans séquences, fixes ou en mouvements. Une œuvre atypique, étrange, bref, du Haneke tout simplement !
oranous
oranous

161 abonnés 1 097 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 20 janvier 2009
Encore une fois, Haneke nous présente un film étrange et malheureusement trop lent. Et la fin ne nous laisse pas pantois comme celle du « Septième Contient ». Rien ne passionne a travers ces 71 fragments. On suit des destins différents, n’ayant aucun rapport et n’ayant ni une vie palpitante ni passionante. Beaucoup de plan séquences comme Haneke le fait souvent mais beaucoup, aussi, de plan inutiles !
benoitparis
benoitparis

142 abonnés 1 277 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 septembre 2010
L’agencement de départ fait un peu penser à certaines théories du Nouveau roman : les récits fragmentaires, sans liens apparents, sont d’abord indéterminés, et donc hyper objectifs, anti-feuilletonesques. Le décor, très contemporain, rempli d’automatismes technologiques, le fait que des éléments médiatisés soient mis au même plan que les récits, accentuent la distance, la froideur objective. Au fur et à mesure de la prise de consistances des fragments, et de l’approche de leur dénouement commun, le caractère arbitraire s’estompe. Jusqu’à ce qu’il devienne manifeste dans la violence absurde faisant carrefour et fin. Alors que l’actualité est rythmée de tueries gratuites, il est impossible de ne voir dans l’expérience narrative du film d’Haneke qu’un exercice gratuit. Mais bien plutôt l’approche d’une civilisation, ou d’un espace mental, aboutissant à ces drames très significatifs.
Alejandro Almodoclint
Alejandro Almodoclint

21 abonnés 800 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 19 octobre 2012
Ce dernier volet de la trilogie "La Glaciation Emotionnelle" est le moins bon et de loin!
Tous ces fragments de vie décrits dans le film à quoiservent-ils? Toutes ces personnes totalement étrangeres qui sont sensés se retrouver tragiquement à la fin, quel interet? Montrer que le destin peut rencontrer le hasard? Pourtant j'adore Alejandro González Inárritu et ses histoires alambiquées qui se rejoignent à la fin, mais là que d'ennui!!!71 fragments d'ennui!!!!! Haneke a raté son film, heureusement depuis il a fait quelques chefs d'oeuvre: comme quoi.....
cylon86

2 834 abonnés 4 430 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 21 novembre 2010
Le style Haneke dans toute sa grandeur : froideur des images, longs plans fixes, violence brutale choquante. Les fragments s'enchaînent au fur et à mesure et nous semble parfois inutiles mais ils servent l'ensemble du film et le propos du cinéaste. C'est très abouti et très réfléchi mais il faut adhérer.
In Ciné Veritas
In Ciné Veritas

108 abonnés 922 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 10 mars 2018
Michael Haneke déroule en montage alterné plusieurs histoires appelées à converger tôt ou tard. Les séquences ainsi obtenues sont entrecoupées d’écrans noirs dont les durées sont cependant moins longues que celles observées dans Le septième continent (1989), premier volet de la trilogie du cinéaste autrichien que vient clore ce 71 fragments d’une chronologie du hasard. Critique complète sur incineveritasblog.wordpress.com
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