Derniers Avis : 71 fragments d'une chronologie du hasard - Page 3
71 fragments d'une chronologie du hasard
Note moyenne
3,2
249 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
45 critiques spectateurs
5
5 critiques
4
5 critiques
3
13 critiques
2
13 critiques
1
5 critiques
0
4 critiques
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
Un visiteur
3,5
Publiée le 8 novembre 2011
Haneke tenait-il son titre avant ou après la réalisation des "71 fragments...", toujours est-il que le film correspond en tout point au titre. Le hasard se manifeste par l'ensemble des facteurs, parfois minimes, qui mèneront à l'accès de violence final. Cette violence couve, comme toujours chez Haneke, et finit par exploser, comme cela arrive aussi, par exemple, dans "Le Septième Continent". (Notons à cet égard que Haneke est l'un des rares réalisateurs à pouvoir instaurer une certaine tension en filmant un couple qui mange de la choucroute...) Cette violence est elle-même un pur fruit du hasard, ce qui n'est pas le cas dans les deux films précédents du cinéaste. Surtout, elle se déverse au hasard sur les personnages. Il sera toujours temps pour le spectateur, ensuite, de lui chercher des causes, et on peut toujours y arriver : comme toujours chez Haneke, c'est au public de se faire son film – y a-t-il des rapports autres que fortuits entre le comportement d'un étudiant, l'errance d'un très jeune immigré de l'Est, la vie d'un couple ordinaire, le travail routinier d'un convoyeur de fonds ? (Quels sont les noms et les prénoms des ces personnages ? On l'ignore, et cela importe peu. – On ignore aussi les noms des acteurs, au jeu par ailleurs plutôt correct, et cela n'importe guère plus.) C'est là le principal intérêt de "71 fragments d'une chronologie du hasard" : le film ne laisse pas le spectateur passif. La chronologie se trouve malmenée par Haneke. À la fois régulièrement marquée par des dates précises et floue : on aurait pu monter toutes ces scènes dans un ordre différent, rien ou presque n'aurait changé. Les extraits de journaux télévisés qui émaillent le film semblent moins marquer la temporalité que la dissoudre dans un flot continu d'informations. Que se passe-t-il entre les scènes ? Combien de temps les sépare ? On l'ignore tout autant. À de brusques ellipses, font contrepoint des scènes où le temps se trouve dilaté : la scène du repas du couple, celle du coup de téléphone, et surtout celle de l'entraînement de tennis de table. Pris entre ces deux tendances, le spectateur finit parfois par être déstabilisé – ce qui n'est pas un défaut du film –, voire par s'ennuyer – ce qui est plus gênant : on s'ennuie, non dans le sens où il ne se passe rien, mais dans le sens où la tension accumulée finit par retomber, à cause du caractère artificiel de tels procédés. (En d'autres termes : « C'est bon ! On a compris... ») La forme fragmentaire de "71 fragments d'une chronologie du hasard", enfin, ne m'a pas paru la plus appropriée au sujet. Bien sûr, cela permet de multiples jeux et analogies, par exemple entre la forme du film et celle du "tangram" que les personnages manipulent à diverses reprises, dans des scènes qui ne brillent pas par la légèreté de leur symbolique. Mais ces fragments engendrent aussi une baisse de tension : même si la réalisation et les cadrages, soignés, entretiennent ou ravivent de temps à autre cette tension, la discontinuité du film nuit au crescendo qui pouvait naître du sujet – contrairement à ce que l'on trouve dans "Elephant" (G. Van Sant, 2003) ou dans une moindre mesure dans "Le Septième Continent", par exemple, films dans lesquels l'unité de lieu, de temps et d'action laissait croître la tension jusqu'à la fin.
Le style Haneke dans toute sa grandeur : froideur des images, longs plans fixes, violence brutale choquante. Les fragments s'enchaînent au fur et à mesure et nous semble parfois inutiles mais ils servent l'ensemble du film et le propos du cinéaste. C'est très abouti et très réfléchi mais il faut adhérer.
Ce film est une expérience méditative puissante : il expose le quotidien en jouant avec brio sur l'esthétique du miroir .On y voit la froideur des liens affectifs orchestrée par une société tournée vers la rationalité économique. La télévision y occupe un rôle important avec son flux continuel d' informations venant d'un monde lointain, menaçant et irréel. Tandis que défilent ces images familières d'une vie insensée, la compassion naît progressivement pour les personnages en nous mettant face à notre propre indifférence.
L’agencement de départ fait un peu penser à certaines théories du Nouveau roman : les récits fragmentaires, sans liens apparents, sont d’abord indéterminés, et donc hyper objectifs, anti-feuilletonesques. Le décor, très contemporain, rempli d’automatismes technologiques, le fait que des éléments médiatisés soient mis au même plan que les récits, accentuent la distance, la froideur objective. Au fur et à mesure de la prise de consistances des fragments, et de l’approche de leur dénouement commun, le caractère arbitraire s’estompe. Jusqu’à ce qu’il devienne manifeste dans la violence absurde faisant carrefour et fin. Alors que l’actualité est rythmée de tueries gratuites, il est impossible de ne voir dans l’expérience narrative du film d’Haneke qu’un exercice gratuit. Mais bien plutôt l’approche d’une civilisation, ou d’un espace mental, aboutissant à ces drames très significatifs.
Le meilleur de la trilogie. Du Haneke, bien sur. Plans fixes, peu de dialogues, pas de musique, pas d'action....une réalité du monde filmé de manière brute sans aucun artifice. Réservé à un public averti.
Grâce à un montage original et audacieux, Haneke nous montre comment la violence peut surgir de l'ordinaire. Tout du moins c'est ce que j'en ai compris, car l'inclusion dans le film d'images d'actualités de l'époque prête beaucoup à réflexion...
Le seul point positif est la faculté qu'a Haneke de nous communiquer l'ennui de ses personnages, dont certains (voire tous) sont vraiment trop stéréotypés. Les nombreuses images de JT ne collent pas avec le reste... ou alors le rapprochement est vraiment d'une effarante stupidité. Certaines séquences (voire toutes) sont vraiment inutiles.
Encore une fois, Haneke nous présente un film étrange et malheureusement trop lent. Et la fin ne nous laisse pas pantois comme celle du « Septième Contient ». Rien ne passionne a travers ces 71 fragments. On suit des destins différents, n’ayant aucun rapport et n’ayant ni une vie palpitante ni passionante. Beaucoup de plan séquences comme Haneke le fait souvent mais beaucoup, aussi, de plan inutiles !
Déjà Haneke avec ce film laisse sa prétention au placard pour essayer de nous livrer sa version d'un fait divers, de la manière la plus neutre possible à la manière de Van Sant sur "Elephant", mais bordel qu'est ce que c'est lent, ça raconte rien pendant 1H20, il n'y a que les dix dernières minutes qui ressemblent à du cinéma (et qui me prouve que Haneke peut être un sacré plasticien quand il s'y met). Puis je vois pas ce que les images du JT, de la guerre Israelo-palestinienne, des manifestations en France et des clandestins viennent foutre là, mis à part essayer de donner une profondeur factice à un film vide.
Avec "71 fragments d'une chronologie du hasard", Michael Haneke clôt une trilogie que les critiques de son pays ont nommée "emotionale Vergletscherung" entamée avec "Le Septième Continent" (1989) et dont le paroxysme a été atteint avec "Benny's Video" (1992). Très différent dans la forme (le film de Haneke est compose de 71 séquences durant d'une trentaine de secondes à quelques minutes dont beaucoup sont tournées en un seul plan), le fond trouvera écho neuf ans plus tard chez Gus Van Sant et son "Elephant" : démontrer qu'un fait divers (une tuerie sans justification apparente - dans une banque chez Haneke, dans un lycée chez Van Sant - suivi d'un suicide) ne peut trouver d'explication satisfaisante tant le nombre de personnes impliquées (de près comme de loin) et de paramètres (le hasard) est grand. Comme les aveugles palpant un éléphant, nous ne pouvons saisir que des fragments de l'histoire. Certains sont très beaux, très cinématographiques (les fragments initiaux et finaux entre autres), d'autres déconcertants, à la limite de l'expérimentation (comme cet interminable plan-séquence fixe de plus de cinq minutes ou un pongiste s'entraine avec une machine à envoyer des balles). Le cinéaste ponctue les parties de son film avec des images puisées dans les JT, poursuivant ainsi sa réflexion de l'impact des médias de masse dans notre société, où les catastrophes géopolitiques (Liban, Balkans) côtoient le fait divers voyeuriste (la pédophilie de Michael Jackson). Moins prenant que le précédent opus, moins percutant que le suivant ("Funny Games", 1997), ce film atypique a le grand avantage d'interpeler.
Troisième et dernier volet de la trilogie sur la « Glaciation Emotionnelle », après Le Septième Continent (1988) & Benny's Video (1992), Michael Haneke conclu ce cycle avec 71 Fragments d'une chronologie du hasard (1995), une œuvre encore plus « space » que les précédentes ! Comme son titre l’indique, nous avons affaire à un panel, ou plutôt un patchwork de fragments, des courtes séquences souvent sans queue ni tête, sans rapport entre elles et sans grand intérêt. Le synopsis nous dit qu’un étudiant, sans mobil apparent, tue plusieurs personnes qui lui sont totalement étrangères. C’est finalement qu’à la fin du film que le réalisateur fait référence au synopsis en nous montrant le fameux étudiant. Pourquoi nous avoir fait attendre aussi longtemps ? Comme toujours, il laisse planer le mystère avec ses innombrables plans séquences, fixes ou en mouvements. Une œuvre atypique, étrange, bref, du Haneke tout simplement !
Complexe, riche, abouti, 71 FRAGMENTS D’UNE CHRONOLOGIE DU HASARD est un film constitué de 71 séquences, un puzzle constitué de 71 fragments, dispersés mais intimement liés en destins croisés par un auteur qui se fait observateur de la condition humaine, des rapports des hommes entre eux, de leur enfermement, de leur manque de communication, captant le moindre geste, la moindre émotion, que délivrent des interprètes au jeu saisissant de naturalisme, dans une mise en scène "sur le vif", volontairement théâtrale et au réalisme puissant. Michael Haneke connaît son spectateur, et le manipule de bout en bout, gage d'une maîtrise exceptionnelle de son sujet comme de sa forme. Entre fragments fulgurants ou au contraire, étirés sur la longueur, qu'il découpe avec clarté, précision et efficacité, Haneke fait preuve d'une rigueur et d'une audace qui lui sont propres, et achève ainsi sa trilogie de la glaciation émotionnelle avec un ultime choc, un chef d'œuvre, une balle en plein cœur.
Bon. J'ai peut-être mal compris les intentions du réalisateur pour ce film atypique, construit - comme son nom l'indique - sous la forme de fragments n'ayant a priori aucun rapport...Ce qui m'a dérangé, c'est le caractère décousu de l'ensemble. Car si les cinq dernières minutes sont prenantes, le reste du film laisse à désirer. On y dresse plusieurs portraits, notamment celui d'un enfant vagabondant dans les rues de Vienne, ou encore celui d'un couple ayant adopté une jeune fille. Mais où diable Haneke veut-il en venir ? Nulle part ( peut-être, mais cette critique me semble un brin hâtive et facile...) ? J'admire énormément le rigueur formelle des films du réalisateur autrichien, mais j'avoue ne pas avoir été charmé par ces 71 Fragments qui, à l'instar d'un puzzle, s'enchevêtrent pour former un tout. Etrange mais à moitié réussi, 71 Fragments d'une Chronologie de Hasard boucle la trilogie glacialement émotionnelle de Haneke. Un film qui mérite le détour, mais relativement hermétique. On reste sur sa faim...
Le synopsis de cette histoire ne se dévoile en réalité qu'à la toute fin du film, puisqu'avant, Haneke aura pris un malin plaisir à guider les spectateurs que nous sommes dans un traquenard sans précédent. En effet, comme l'indique le titre du film, ce dernier volet n'est en fait qu'un tissu de multiples couleurs. Un guêpier dans lequel viennent s'entasser des dizaines et des dizaines d'images, toutes différentes, construites sous formes de puzzles. Plusieurs histoires différentes, filmées de manière très théatrales, des plans fixes, comme d'habitude chez le metteur en scène, qui coupent volontairement les personnages. Théatral donc, dans la manière de montrer tout en distance, une dérive du quotidien. On commence par la confrontation de l'adulte à l'enfant. Thème récurrent chez Haneke, la non-communication, on parle mais on ne communique pas, une nuance qui fait toute sa différence ici. L'enfant, meurtri dans un quotidien d'adultes réfractaires d'une société vampirisée. Des moutons, qui suivent le berger, même s'il saute dans le précipice. Lentement, mais sûrement, le drame se dessine. On connait l'histoire, en lisant le synopsis, mais on ne sait jamais, chez Haneke, quand cela va basculer. Dans son troisième film, une nouvelle fois ce quotidien monotone sera la source de la déchéance. L'ennui profond, la banalité d'une vie, le temps qui passe, mais ou rien ne se passe. Car c'est de cela qu'il s'agit, du temps, et de son déchènement psychologique.Ses personnages parlent pour parler, agissent pour agir, pleurent sans savoir pourquoi, ils sont là, tel des larves, des invertébrés transparents, des zombies dotés de la parole. Son film, il le construit donc en fragments, plusieurs histoires, mais une seule finalité. Son histoire commence comme un journal On regarde, on bave d'apprentissage, on se tue devant le tissu de manipulation médiatique On s'y croirait, tant le réalisme réel, notre réalité, est ici dépeinte... La suite sur actee.canalblog.com