Le Messager
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Jean-luc G
Jean-luc G

88 abonnés 895 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 17 février 2026
Revoir Le messager, découvert il y a fort longtemps à sa sortie, alors que Gosford park passe sur à la TV, c'est reprendre une cure d'ambiance à la Downton Abbey, c'est observer goulument la délicate apparence des bonnes manières qui cachent des tempêtes de sentiments et des transgressions qui menacent des rites victoriens bien établis.
L'amant, tel celui de Lady Chatterley, n'est donc pas loin, il habite dans la ferme de l'autre côté du lac, où il ne dédaigne pas se baigner dans un spectacle très sensuel.
Losey n'oublie pas de détailler l'interminable partie de cricket sous le soleil, l'occasion de ruiner la réputation du rival.
Tout cela pour le décor, mais l'essentiel est ailleurs, comment cette noblesse bienveillante utilise les services d'un adolescent naïf, ou plutôt niais, copain du petit frère de la famille, pour contourner la difficulté à organiser des rencontres en secret dans un monde où tout le monde vit dans la même grande demeure estivale.
La mise en scène utilise tous les recoins de l'architecture pour suivre les différents protagonistes avec brio, fluidité et élégance.
Pendant que les dames font virevolter leurs ombrelles blanches, Leo cherche à percer le secret du flirt, lui qui permet à son insu, les rencontres entre les amants menaçant le mariage annoncé avec le beau parti revenant de la guerre des Boers.
spoiler: Au final, la douairière, trônant en bout de table, explose comme une cocotte-minute qui bout depuis trop longtemps, et dépucèle symboliquement l'ado en l'obligeant à savoir ce qu'est que "flirter", lequel en restera marqué à vie. Plus tard, bien plus tard, la belle Julie Christie/Marian reçoit le messager et le charge d'une dernière mission, annoncer à son fils qui est réellement son père!

C'est beau et tragique, cynique et éternel, quelle maitrise dans la mise à nu des sentiments de chacun.
TV2 vo - février 2026
Julien Chevillard
Julien Chevillard

195 abonnés 181 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 8 avril 2022
un film très psychologique une étude des moeurs de l'époque très torturée parfois ambigue et très mélancolique
un très beau casting servie par une magnifique bande originale de michel legrand
un film a redécouvrir
Hervé L
Hervé L

92 abonnés 717 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 17 janvier 2022
Un très bon film tout en délicatesses et subtilités porté par de bons acteurs très justes. Un scénario délicat et une reconstitution magique de l'époque
soulman
soulman

140 abonnés 1 401 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 13 novembre 2015
Une des grandes réussites de Losey, admirablement photographiée et interprétée. La palette des sentiments ressentis par le jeune héros, la description du milieu aristocratique britannique du début du XXème siècle sont d'une parfaite justesse, remarquablement rendues par la mise en scène subtile du cinéaste. Une œuvre majeure dont je ne me lasse pas.
Soquartz
Soquartz

30 abonnés 82 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 25 septembre 2022
Éblouissant et d'une fidélité remarquable au livre de Leslie Poles Hartley, lui-même d'une immense qualité.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 24 novembre 2013
Joseph Losey, avec des codes stylistique assez classique, fait du Messager, une oeuvre immense. Profondément pessimiste, et sans aucune complaisance envers l'Adulte, grand méchant du monde d'un enfant.
Palme d'or 1971, devant Mort à Venise de Visconti.
BlindTheseus

347 abonnés 2 566 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 mars 2008
Très beau film !
BoyenLaBuée
BoyenLaBuée

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4,5
Publiée le 18 janvier 2022
« Il n’y a rien dans le noir qui n’y était déjà à la lumière. »

Adrian Scott, « Le Garçon aux cheveux verts », 1948

« Pourquoi êtes-vous si anxieux ? », à cette question Joseph Losey répond : « J’appréhende toujours tout, pour moi-même, pour les autres, pour les gens. C’est peut-être la nature du monde, c’est peut-être ma nature à moi qui veut cela, mais quand on est inquiet, on essaie juste de trouver une raison logique de ne pas l’être. Il n’y a en général rien dans le noir qui ne soit pas là quand la lumière est allumée, mais on se sent moins seul avec la lumière. L’obscurité, c’est l’âme, et elle est assez noire. Chacun de nous porte ce même fardeau. Ajoutez-y le fardeau des décisions à prendre. »[1]

« Le Messager », sans doute le film le plus célébré de Joseph Losey avec « Monsieur Klein » (1976), n’est pas sans paraitre comme une extraordinaire somme du savoir-faire de son réalisateur. Il suit les traces d’un modeste enfant de treize ans, Léo, invité à passer un séjour dans une famille de l’aristocratie britannique, où il se voit séduit par Marian, la jeune fille de la maison qui lui fera porter des messages à son amant. Bien évidemment, Léo sera pris, cela ne peut se passer autrement. Mais plutôt que de dérouler le récit sur la création d’un faux-suspens, le film préfère mettre exergue une autre question : « comment sera-t-il pris ? ». Étrange coïncidence : nous nous imaginerions volontiers que « Le Messager » serait, justement, un film à message, comme une critique très claire des fausses valeurs de la société victorienne de 1900, du prix à payer pour vivre d’une hypocrisie latente. Mais ce qui semble surtout intéressé Joseph Losey, c’est le prix à payer lorsque l’on brise, notamment malgré soi, cet environnement. Souvent, du moins dans ses œuvres personnelles, les personnages de Joseph Losey se laissent consciencieusement noyer par le malheur, se désagrègent, se vampirisent, s’abreuvent avec satisfaction la déchéance de leurs âmes. C’est notamment le cas dans « The Servant » (1963), variante de Faust où progresse longuement le mal dans l’inconscient, ou « Cérémonie Secrète » (1968), où la subversive toxicité du cinéma de Losey tient dans un nœud de névrose féminine. Si aisance et vivacité sont les maitres mots de « Le Messager », avec son raffinement tenace (parfois même extrême), la splendeur de la campagne et sa douceur bucolique, il ne va pas sans dire qu’il s’agit là d’un film où nous pouvons tout y voir, sauf du bonheur. À la fin, Marian dit à Léo que ce qu’il a vu, c’est « la beauté et le bonheur ». Alors oui, on peut dire que Léo a assisté à un véritable amour, que ce qu’il a vu est loin d’être moche ; mais n’est-ce pas une souffrance, peut-être même l’une des plus profondes de toutes, de seulement voir le bonheur des autres ? Ainsi « Le Messager » suggère tant de choses sans les énoncer explicitement… La servilité inconsciente de Léo, qu’il effectue par attirance pour Marian (laquelle n’est nullement antipathique avec l’enfant, puisqu’au contraire elle est l’une des seules à ne pas le prendre pour un meuble), n’est pas sans évoquer comme une pulsion de l’échec, un renfermement sur soi, qu’il est presque émouvant de ressentir au travers des magnétiques et pétulants surcadrages, des subtiles interactions, mais aussi de l’ambivalence du personnage, lequel ne se laisse pas faire lorsqu’il est attaqué ou raillé par les autres enfants. Non, la seule chose motivant Léo à se faire messager d’un couple menant une romance impossible, c’est de connaitre l’amour, de savoir ce qu’il est, comment il se fait. Et à force de voir les gens tomber dénues, il finit dans ce déchirant regard vide. Alors que l’amour est généralement au cinéma un carcan dans lequel les films renferment leurs espoirs et leurs métaphores, il devient ici un circuit toxique sous les yeux d’un enfant. Quoi de mieux, parfois, que de voir le monde de l’autre côté du miroir. Immense film, profondément élégiaque, justifiant amplement de se plonger dans le noir.

[1] Michel Ciment, « Le Livre de Losey », éditions Ramsay Poche Cinéma, 1979, p114.
Aaym68
Aaym68

1 abonné 214 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 31 juillet 2025
Dans l'Angleterre victorienne un garçon est envoyé pour l'été rejoindre un camarade dans une famille aristocratique. Film réalisé par Joseph Losey, très élégant et tout en subtilités, avec de superbes images de la campagne anglaise, une musique de Michel Legrand envoutante, et, de très bon acteurs (tout particulièrement Julie Christie). Les thèmes des oppositions de classes sociales, des convenances et de la perte de l'innocence de l'enfance, sont très bien abordés dans cette histoire prenante et douloureuse au final.
Nathalie Pinta
Nathalie Pinta

1 critique Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 juillet 2025
J ai beaucoup aimé la finesse du film et des personnages. Le thème de l enfant qui est confronté trop top a la perversité du monde des adultes. Mais je suis déçue de ne pas avoir compris la fin ...
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