Note moyenne
4,1
342 notes
En savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
5
11 critiques
4
19 critiques
3
8 critiques
2
2 critiques
1
0 critique
0
0 critique
Trier par :
Filtrer par :
Toutes les notes
Revoir Le messager, découvert il y a fort longtemps à sa sortie, alors que Gosford park passe sur à la TV, c'est reprendre une cure d'ambiance à la Downton Abbey, c'est observer goulument la délicate apparence des bonnes manières qui cachent des tempêtes de sentiments et des transgressions qui menacent des rites victoriens bien établis.
L'amant, tel celui de Lady Chatterley, n'est donc pas loin, il habite dans la ferme de l'autre côté du lac, où il ne dédaigne pas se baigner dans un spectacle très sensuel.
Losey n'oublie pas de détailler l'interminable partie de cricket sous le soleil, l'occasion de ruiner la réputation du rival.
Tout cela pour le décor, mais l'essentiel est ailleurs, comment cette noblesse bienveillante utilise les services d'un adolescent naïf, ou plutôt niais, copain du petit frère de la famille, pour contourner la difficulté à organiser des rencontres en secret dans un monde où tout le monde vit dans la même grande demeure estivale.
La mise en scène utilise tous les recoins de l'architecture pour suivre les différents protagonistes avec brio, fluidité et élégance.
Pendant que les dames font virevolter leurs ombrelles blanches, Leo cherche à percer le secret du flirt, lui qui permet à son insu, les rencontres entre les amants menaçant le mariage annoncé avec le beau parti revenant de la guerre des Boers.
spoiler: Au final, la douairière, trônant en bout de table, explose comme une cocotte-minute qui bout depuis trop longtemps, et dépucèle symboliquement l'ado en l'obligeant à savoir ce qu'est que "flirter", lequel en restera marqué à vie. Plus tard, bien plus tard, la belle Julie Christie/Marian reçoit le messager et le charge d'une dernière mission, annoncer à son fils qui est réellement son père!
C'est beau et tragique, cynique et éternel, quelle maitrise dans la mise à nu des sentiments de chacun.
TV2 vo - février 2026
L'amant, tel celui de Lady Chatterley, n'est donc pas loin, il habite dans la ferme de l'autre côté du lac, où il ne dédaigne pas se baigner dans un spectacle très sensuel.
Losey n'oublie pas de détailler l'interminable partie de cricket sous le soleil, l'occasion de ruiner la réputation du rival.
Tout cela pour le décor, mais l'essentiel est ailleurs, comment cette noblesse bienveillante utilise les services d'un adolescent naïf, ou plutôt niais, copain du petit frère de la famille, pour contourner la difficulté à organiser des rencontres en secret dans un monde où tout le monde vit dans la même grande demeure estivale.
La mise en scène utilise tous les recoins de l'architecture pour suivre les différents protagonistes avec brio, fluidité et élégance.
Pendant que les dames font virevolter leurs ombrelles blanches, Leo cherche à percer le secret du flirt, lui qui permet à son insu, les rencontres entre les amants menaçant le mariage annoncé avec le beau parti revenant de la guerre des Boers.
spoiler: Au final, la douairière, trônant en bout de table, explose comme une cocotte-minute qui bout depuis trop longtemps, et dépucèle symboliquement l'ado en l'obligeant à savoir ce qu'est que "flirter", lequel en restera marqué à vie. Plus tard, bien plus tard, la belle Julie Christie/Marian reçoit le messager et le charge d'une dernière mission, annoncer à son fils qui est réellement son père!
C'est beau et tragique, cynique et éternel, quelle maitrise dans la mise à nu des sentiments de chacun.
TV2 vo - février 2026
Personellement j'ai trouvé cette réalisation de Joseph Losey assez fade. le scénario, quand à lui, est vu et revu : une jeune bourgeoise est amoureuse d'un roturier, alors qu'elle est bien évidemment promise à un homme de son rang. Un jeune garçon innocent joue le rôle de facteur entre la belle et le roturier. En ce qui concerne le dénouement il, est sans véritable surprise. Je ne dirais pas que je me suis mortellement ennuyé, sans tenir en haleine, le film possède bien quelques qualités qui permettent de suivre cette histoire monotone sans un ennui abyssal. Mais au bout du compte : vite vu, vite oublié. 4/10
Dans l'Angleterre victorienne un garçon est envoyé pour l'été rejoindre un camarade dans une famille aristocratique. Film réalisé par Joseph Losey, très élégant et tout en subtilités, avec de superbes images de la campagne anglaise, une musique de Michel Legrand envoutante, et, de très bon acteurs (tout particulièrement Julie Christie). Les thèmes des oppositions de classes sociales, des convenances et de la perte de l'innocence de l'enfance, sont très bien abordés dans cette histoire prenante et douloureuse au final.
J ai beaucoup aimé la finesse du film et des personnages. Le thème de l enfant qui est confronté trop top a la perversité du monde des adultes. Mais je suis déçue de ne pas avoir compris la fin ...
Rares sont les films autour de la préadolescence et celui-ci est l'un des plus beaux. Ce garçon de presque treize ans, orphelin de père, est invité à passer dix jours d'été chez des aristocrates britanniques car il est ami avec le fils cadet de la famille. Il va être le lien, le facteur entre la sœur aînée de son ami et un fermier célibataire.
spoiler:
Dans son innocence, il ne comprend pas tout de suite ce qui se passe entre ces deux personnes mais va finir par le découvrir.
Le point fort du film, c'est sa subtilité car le réalisateur prend son temps et laisse le spectateur faire une partie du travail. La partie finale nous projette dans le futur des personnages d'une manière un peu brusque, néanmoins, cela sert d'épilogue. A noter la belle bande son de Michel Legrand.
Le point fort du film, c'est sa subtilité car le réalisateur prend son temps et laisse le spectateur faire une partie du travail. La partie finale nous projette dans le futur des personnages d'une manière un peu brusque, néanmoins, cela sert d'épilogue. A noter la belle bande son de Michel Legrand.
Avec The Go-Between, Losey n’adapte pas un roman, il l’empaquette. Il le cadre, l’ordonne, le dispose, avec révérence, avec minutie, mais sans qu’il n’y ait plus d’air, plus de faille, plus de battement. C’est là tout le paradoxe du film : il prétend raconter l’irruption du trouble dans un monde de convenances, mais il le fait avec une rigueur formelle si implacable qu’on en sort plus engourdi qu’ébranlé.
Leo, l’enfant-messager, n’est pas ici un personnage mais un mécanisme, une figure-pivot entre deux mondes qui ne se toucheront jamais vraiment : celui de la grande maison, avec ses voiles d’été, ses manières trop apprises, ses jardins trop dessinés, et celui du dehors, du désir, du sexe, de la boue. On voudrait que ce soit une tension : ça ne l’est jamais vraiment. Le corps de l’enfant ne vibre pas, il transporte. Il devient sac postal, passant d’une chambre à une étable, d’un sourire à un regard, mais jamais le film ne le laisse exister autrement que comme allégorie.
C’est tout le projet esthétique de Losey, ici : faire du cinéma un théâtre d’ombres, où les corps s’effacent derrière les murs, les costumes, les conventions.
Le scénario de Pinter radicalise cette glaciation. À force de silences, de phrases tronquées, de regards obliques, il construit un monde où rien ne se dit jamais vraiment mais où l’on finit, paradoxalement, par tout comprendre trop vite. L’ellipse y devient une pose, une façon d’ajouter du mystère là où il n’y a, en vérité, que des évidences sociales : Marian n’épousera pas Ted, Leo sera broyé, le passé restera scellé. Et l’on regarde cette mécanique se déplier avec une forme de résignation polie, comme on feuilletterait un album de souvenirs : joli, précieux, inoffensif.
Il y aurait pourtant eu matière à l’incendie. Le désir, la trahison, l’innocence compromise, la violence des hiérarchies mais tous les éléments sont là, en germe.
Et pourtant, malgré cette réserve ce que le film, en creux, parle de cette impossibilité même de dire, de faire, de ressentir, quand tout est codé, inscrit, dicté. Leo, en tant que messager, devient aussi le spectateur idéal du film : passif, médusé, prisonnier d’un monde qui lui refuse tout pouvoir d’agir. Et c’est peut-être là que réside la seule subversion du film : non pas dans ce qu’il montre, mais dans ce qu’il empêche.
Leo, l’enfant-messager, n’est pas ici un personnage mais un mécanisme, une figure-pivot entre deux mondes qui ne se toucheront jamais vraiment : celui de la grande maison, avec ses voiles d’été, ses manières trop apprises, ses jardins trop dessinés, et celui du dehors, du désir, du sexe, de la boue. On voudrait que ce soit une tension : ça ne l’est jamais vraiment. Le corps de l’enfant ne vibre pas, il transporte. Il devient sac postal, passant d’une chambre à une étable, d’un sourire à un regard, mais jamais le film ne le laisse exister autrement que comme allégorie.
C’est tout le projet esthétique de Losey, ici : faire du cinéma un théâtre d’ombres, où les corps s’effacent derrière les murs, les costumes, les conventions.
Le scénario de Pinter radicalise cette glaciation. À force de silences, de phrases tronquées, de regards obliques, il construit un monde où rien ne se dit jamais vraiment mais où l’on finit, paradoxalement, par tout comprendre trop vite. L’ellipse y devient une pose, une façon d’ajouter du mystère là où il n’y a, en vérité, que des évidences sociales : Marian n’épousera pas Ted, Leo sera broyé, le passé restera scellé. Et l’on regarde cette mécanique se déplier avec une forme de résignation polie, comme on feuilletterait un album de souvenirs : joli, précieux, inoffensif.
Il y aurait pourtant eu matière à l’incendie. Le désir, la trahison, l’innocence compromise, la violence des hiérarchies mais tous les éléments sont là, en germe.
Et pourtant, malgré cette réserve ce que le film, en creux, parle de cette impossibilité même de dire, de faire, de ressentir, quand tout est codé, inscrit, dicté. Leo, en tant que messager, devient aussi le spectateur idéal du film : passif, médusé, prisonnier d’un monde qui lui refuse tout pouvoir d’agir. Et c’est peut-être là que réside la seule subversion du film : non pas dans ce qu’il montre, mais dans ce qu’il empêche.
Ça avait gueulé un brin à Cannes en 1971, parce qu'il fut jugé scandaleux de ne pas avoir remis la suprême récompense à "Mort à Venise". Je vais vous dire un truc les gars : moi, j'aime beaucoup le film de Visconti (en fouinant un peu, vous vous apercevrez qu'il a plus de détracteurs qu'on pourrait le penser) mais faut être honnête, il n'y a pas match entre les deux. Dans "Le messager", à contrario de "Accident" ou de l'immensément pervers "The servant", il n'y a pas d'ambiguïté entre les personnages (même si la mise en scène de Losey entretient l'illusion qu'il y en a une), mais il y a un truc bien pire que cela : parce qu'il fait l'intermédiaire entre deux personnes qui nagent dans un torrent de passion, un gamin de 12 piges à la fois innocent et naïf se détruit à petit feu. Les adultes le malmènent. Certains l'ignorent, font comme s'il n'existait pas. Là où deux autres le prennent de haut et le rabrouent s'il exprime la volonté de ne plus faire passer les billets doux. Il est victime, mais on le traîte comme le coupable. Tout tourne autour de ça. On aura beau revoir tout ça dix fois, quinze fois ou vingt fois, la conclusion sera toujours la même : la controverse cannoise aura été, une fois de plus, tout à fait vaine et que le véritable scandale aurait été de ne pas le récompenser, ne serait-ce que pour les quelques pointures du cinéma anglais de l'époque, les Alan Bates, Michael Redgrave, Edward Fox ou la merveilleuse Julie Christie.
Le film de Joseph Losey raconte l'initiation d'un adolescent d'une famille modeste à l'amour en même temps qu'aux rituels de l'aristocratie anglaise. Tel Mercure, messager des dieux, Léo est l'intermédiaire innocent de la liaison interdite entre un métayer et la fille de ses maitres. Par admiration pour le premier et par amour pour la seconde, il favorise sans s'en apercevoir, en portant de l'un à l'autre billets doux et rendez-vous, une passion "scandaleuse". L'adolescent ne se sentira-t-il pas trahi ou déçu lorsqu'il comprendra la nature de la relation entre Miss Marian et Ted Burgess, ses dieux magnifiés par le regard innocent de l'enfance?
Sans aller jusqu'à une approche ouvertement satirique de la bourgeoisie post-victorienne, le cinéaste dévoile une société corsetée soumise aux conventions et tabous dont Léo ignore l'hypocrisie et d'où ressort l'opposition entre la pureté de l'enfance et les faux-semblants de la société des adultes.
De références mythologique en symboles, Losey construit un récit parfois un peu monotone, plein de délicatesse sans doute, mais où on peine peut-être à partager les émotions des personnages.
Sans aller jusqu'à une approche ouvertement satirique de la bourgeoisie post-victorienne, le cinéaste dévoile une société corsetée soumise aux conventions et tabous dont Léo ignore l'hypocrisie et d'où ressort l'opposition entre la pureté de l'enfance et les faux-semblants de la société des adultes.
De références mythologique en symboles, Losey construit un récit parfois un peu monotone, plein de délicatesse sans doute, mais où on peine peut-être à partager les émotions des personnages.
Récit initiatique extrêmement âpre par son évolution inversée, ce drame sentimental dénonce autant le mépris de classe que les conventions sociales empêchant un épanouissement véritable. S'appuyant sur des symboles ou des détails révélateurs, la mise en scène élégante mais froide sert d'écrin à un monde aristocratique corseté, renfermé sur son univers s'éloignant des amours réelles. Tenant à distance toute potentielle perte de contrôle ce monde suranné renferme pourtant assez de cruauté et de dépit pour étouffer les élans émotionnels d'un innocent (touchant Dominic Guard) qui perd tant l'onirisme de l'enfance que les émois de l'adulte. Maîtrisé.
Le récit subtil et cruel de l’éducation sentimentale d’un jeune garçon innocent mêlé aux amours secrets d'une aristocrate et d'un fermier dans la campagne victorienne du début du XXe siècle, rythmé par la sublime musique de Legrand, et récompensé par la Palme d’or. 3,75
Un bon cru de Joseph Losey. L’histoire de ce jeune garçon issu d’un milieu modeste et parachuté dans l’aristocratie british grâce à son copain d’école est savoureuse à souhait : il sert d’intermédiaire pour porter des plis entre un fermier voisin du château et le personnage de Julie Christie à qui on veut faire épouser quelqu’un de la haute qu’elle n’aime pas. Le jeune garçon s’interroge sur la sexualité auprès du fermier qui refuse de jouer le « professeur » en la matière. Tout est traité avec sensibilité et délicatesse et on passe un bon moment, entaché toutefois par la musique de Michel Legrand qui m’a parue pas adaptée. Film justement récompensé, avec de belles vues de la campagne anglaise du Norfolk.
J'avais vu le film en 1971 , lors de sa sortie.
Losey était glorifié à l'époque. Aurait-il encore la Palme d'or aujourd'hui ? Pas certain. Cela dit, la critique sociale de cette bourgeoisie hors sol et hautaine est bien filmée. Quelques scènes un peu appliquées. J'ai été bien moins emballé, 53 ans après, par ce cinéma un peu académique.
Losey était glorifié à l'époque. Aurait-il encore la Palme d'or aujourd'hui ? Pas certain. Cela dit, la critique sociale de cette bourgeoisie hors sol et hautaine est bien filmée. Quelques scènes un peu appliquées. J'ai été bien moins emballé, 53 ans après, par ce cinéma un peu académique.
Cet été de vacances d’un enfant est raconté par de belles images, et l’apparence du film pourrait être celle de la nostalgie, du beau souvenir encore enjolivé par le temps. Mais il n’en est rien, car derrière les apparences se révèle la réalité. Le sympathique accueil réservé à Léo n’empêche pas qu’il soit considéré comme un « jouet de l’été » que l’on expose (le nouveau costume), que l’on utilise (les messages) et que l’on méprise (la scène ou Marian craque face à son premier refus de porter un pli). Mépris de classe car Léo ne fait pas partie de l’aristocratie Anglaise décrite ici, qui une fois par an se joint à la « populace » pour une fête commune, et qui est contente quand cela se termine, avec le sentiment de la Bonne Action accomplie. Dans ce cadre social pertinemment décrit, Losey parvient à créer une sensation de mystère, de malaise, voire de malédiction. A côté du magnifique jardin subsiste le jardin abandonné où pousse la belladone, plante vénéneuse et dangereuse, et sous la meule de paille propice au jeu se dissimule une souche et une hache ; et Léo raconte être capable de jeter des sorts, il possède d’ailleurs un grimoire. Le mystère naît aussi d’un procédé fort rare, le « flash forward », ou apparaissent des images intrigantes d’une époque visiblement postérieure, images que l’on comprendra plus tard ; quand réapparaîtra la question de la relativité des souvenirs, effleurée par la phrase en exergue. Tous ces éléments sont parfaitement agencés dans cette dramatique histoire de traumatisme que constitue la découverte du monde et de ses vicissitudes par un enfant (avec une place centrale de la vie sexuelle). Le résultat est un film extrêmement riche et subtil, qui culmine dans un émouvant final.
Éblouissant et d'une fidélité remarquable au livre de Leslie Poles Hartley, lui-même d'une immense qualité.
un film très psychologique une étude des moeurs de l'époque très torturée parfois ambigue et très mélancolique
un très beau casting servie par une magnifique bande originale de michel legrand
un film a redécouvrir
un très beau casting servie par une magnifique bande originale de michel legrand
un film a redécouvrir
- Meilleurs films
- Meilleurs films selon la presse