Pour sauver leur fils de la destruction de la planète Krypton Jor-El (Marlon Brando) et Lara (Susannah York) l'envoient sur Terre à bord d'un vaisseau spatial. Arrivé à destination l'enfant est recueilli par des fermiers, les Kent, qui le prénomme Clark et se doutent sans jamais le révéler de ses pouvoirs exceptionnels.
Si je vous dis, Comics, Daily Planet, Metropolis, vous me répondez Superman !! Ça a bien vieilli effectivement. Une SF très psychédélique, très années 70. Du monde aux lumières cristallines le petit Khaled va passer à celui bien terre à terre avec ses jolis champs de blé balayés par le vent et ses grandes villes surpeuplées de la planète Terre. Entre humour BD, film catastrophe, action, on passe par tous les genres tous les styles. C'est dans une confusion visuelle et scénaristique générale que j'ai bien eu du mal à terminer l'aventure jusqu'au bout.
Intervention de Casa Nostra amateur de super héros qui trouve que le film insulte tout l'univers DC Comics. La Belle au Bois Dormant et toi Léon Trotteur, bien sûr n'êtes pas d'accord.
Casa Nostra (ton sec, passionné, sans détour)
- Non, non et non. Je vais être clair : Superman de Richard Donner insulte l’univers DC Comics.
C’est gentil, c’est mignon, c’est naïf… mais DC, ce n’est pas ça. Superman n’est pas une mascotte rassurante sortie d’un conte pour enfants. C’est une figure de puissance, de conflit moral, de responsabilité écrasante. Donner en fait un boy-scout souriant, presque inoffensif. Lex Luthor devient un clown. Metropolis ressemble à un décor de comédie romantique. On gomme toute la dimension politique, mythologique, tragique de DC. Ce film a peut-être fait croire que l’homme pouvait voler, mais il a fait oublier pourquoi Superman existe.
La Belle au Bois Dormant (piquée au vif, mais douce)
- Casa Nostra… Tu confonds gravité et profondeur. Ce Superman-là n’est pas faible, il est pur. C’est un conte fondateur, pas une relecture cynique. Richard Donner ne trahit pas DC, il en révèle la dimension mythologique première : un enfant tombé du ciel, élevé par l’amour, qui choisit le bien sans calcul. Tu parles de tragédie ? Mais la vraie tragédie, c’est de perdre cette innocence. Ce film nous rappelle un temps où un héros pouvait être lumineux sans être ridicule.
Et puis excuse-moi… un beau garçon en collant qui vole pour sauver les autres, c’est aussi ça, la magie du cinéma ?
Léon Trotteur (calme, ferme, cinéphile)
- Casa, tu juges le film avec des lunettes contemporaines. En 1978, Superman n’adapte pas seulement un Comic, il invente le cinéma de super-héros moderne. Donner pose une règle essentielle : le personnage doit être pris au sérieux, même quand le ton est léger. C’est pour ça que Christopher Reeve est immense : il différencie Clark et Superman non par le costume, mais par l’attitude, la présence, la morale. Ce n’est pas une insulte à DC. C’est une traduction cinématographique respectueuse, ancrée dans le classicisme hollywoodien.
Casa Nostra (hausse le ton)
- Respectueuse ? Quand Superman remonte le temps par amour, on est où là ? Dans DC ou dans un mélodrame cosmique ? Ce film a ouvert la porte à une vision édulcorée du héros. Il a retardé l’arrivée d’un DC plus adulte, plus sombre, plus cohérent. Moi, je veux des dieux parmi les hommes, pas des princes de contes de fées.
La Belle au Bois Dormant (émue mais déterminée)
- Mais justement, Casa… Les contes de fées parlent aussi de dieux. De figures idéales. De modèles.
Superman n’est pas intéressant parce qu’il est sombre. Il est bouleversant parce qu’il choisit la lumière, encore et encore, dans un monde qui pourrait le craindre.
Et si ce choix te semble naïf, alors c’est peut-être le monde qui a changé… pas le film.
Léon Trotteur
- Superman de Donner n’est pas un manifeste DC définitif. C’est un socle. Libre ensuite à d’autres cinéastes d’explorer la noirceur, le conflit, la chute. Mais sans cette foi originelle, sans cette sincérité absolue, tout le reste ne tient pas. Ce film n’insulte pas DC. Il lui a offert un cœur battant.