Alphaville, une étrange aventure de Lemmy Caution
Note moyenne
3,0
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99 critiques spectateurs

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benoitparis
benoitparis

142 abonnés 1 277 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 30 août 2008
Fait bien comprendre de quoi est fait le cinéma de Godard : la déconstruction cinéphilique (ici du film noir version française et de la science-fiction), la citation et l’allusion littéraire. En l’occurrence ça fonctionne plutôt bien, avec de l’humour parodique et de l’improbabilité poétique. L’idée de rabattre l’anticipation noire sur le présent est lumineuse, elle rappelle le film de J. Rollin, « La nuit des traquées». On voit avec plaisir le comédien fétiche d’un autre cinéaste déconstructeur dans son genre, Jésus Franco : Howard Vernon. « Alphaville » n’est pas si loin d’un certain cinéma bis… C’est en tout cas un Godard qui ne verse pas dans l’obtus, le systématique et l’emm..
scorsesejunior54
scorsesejunior54

178 abonnés 694 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 21 janvier 2009
Ah, la dite période créatrice de Jean-Luc Godard... Difficile de s'en lasser, n'est-ce-pas ? Mis en scène la même année que le sublime "Pierrot le Fou", "Alphaville" est un film de science-fiction pour le moins original, possédant le ton rêveur, absurde, surréaliste et délirant d'un autre essai en apparence déconnecté de notre époque, je pense bien entendu aux "Carabiniers"... Pourtant, si l'on s'y intéresse d'un peu plus près, on peut nettement percevoir l'éveil de la conscience politique (à part "Le Petit Soldat", c'est en effet la première fois que les prises de positions sont aussi nettes) d'un homme pas encore porteur d'idées Maoïstes, seulement dénonciateur des dictatures telles qu'il les conçoit, à savoir (bien évidemment) celles des pays du bloc de l'Est mais également celles des sociétés de consommation, qui par la finance outrancière et les autres excès d'une doctrine (en l'occurrence le libéralisme sous sa forme la plus sauvage) utilisée pour aliéner des peuples entiers est finalement d'après le cinéaste une sorte d'équivalent aux démocraties populaires, alors que cet équivalent justement se retrouve dans les pays du monde que l'on qualifie de libre. Brûlot anticonformiste, "Alphaville" est radical dans son propos mais propose des arguments qui se défendent très bien, dans la mesure où il s'agit d'anticipation, et non pas de description sociale précise. En terme de réalisation dans un sens plus technique, on a affaire à un jeune homme émerveillé par le cinéma, avec un esprit rempli de multiples idées essentiellement en ce qui concerne des trucages tellement simples qu'ils en possèdent un charme désuet tout à fait émouvant. Alors, c'est vrai que le film est de temps à autres un peu long et même démonstratif, mais qu'est-ce-qu'il est entraînant... et beau ! Quant à Anna Karina, elle est magnifiquement utilisée... A ne pas rater : une scène superbe vers la fin du film témoin du talent qu'avait Godard pour filmer les corps. J'accroche, et pas qu'un peu !
stebbins

563 abonnés 1 747 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 13 mars 2008
Alphaville est à Jean-Luc Godard ce que Fahrenheit 451 est à François Truffaut ( bien que le deuxième soit à mon sens supérieur au premier ): un conte philosophique noir, une contre-utopie intéressante mais relativement lourde dans son propos et son esthétique. A commencer par ce Noir et Blanc saturé, pénible à regarder, hommage évident à l'expressionisme allemand des années 1930. Ensuite, on peut remarquer que Godard s'inspire ouvertement du roman phare de Georges Orwell : 1984 ( même société totalitaire, même effacement des valeurs linguistiques et émotionnelles, même rébellion des deux personnages principaux...). Visiblement, Godard peine à affirmer une quelconque originalité avec Alphaville : à la fois trop narratif ( chose rare chez le cinéaste ) et trop impersonnel, ce film mineur se laisse toutefois regarder en raison de la présence d'un Eddie Constantine taciturne et d'une Anna Karina plus belle que jamais dans la peau d'une femme effacée. Un film qui a les défauts de ses qualités ( et inversement ). A voir...
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 17 janvier 2008
Je me dois d'intervenir à propos de ce film (que je dois malheureusement déconseiller) pour deux raisons: la 1ère parce qu'il est la preuve que Godard ne sait définitivement pas faire autre chose que du "cinéma éprouvette", expérimental et assomant. La 2ème raison relève du devoir de mémoire et de justice : je mets au défi qui que ce soit de trouver trace de plaggia de la part de Ridley Scott avec son Blade Runner. En tout cas, je viens de voir Alphaville à l'instant et je n'en vois aucune...
J'ai voulu découvrir ce film par sincère curiosité cinéphilique...et j'ai dû lutter pendant 1h38 pour ne pas m'endormir...
max6m
max6m

78 abonnés 180 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 juin 2009
Alphaville est situé entre le polar noir et la science fiction politico critique, dans un registre de fond proche du 1984 d’Orwell. On assiste à la description d’un régime totalitaire, très techniciste (entièrement contrôlé par un ordinateur), aliénant les individus, leur faisant perdre toute humanité et tout sentiment par la destruction du langage, de l’art et de l’amour. Lemy Caution, sorte de détective accroc de femmes et de whisky, débarqué d’un autre temps et d’un autre monde, se retrouve complètement perdu dans cet univers, déambulant dans Alphaville comme un zombie. Il s’opposera à la dictature de la machine par la poésie et la philosophie et sauvera une femme par l’amour. Godard ne s’illustre pas ici pour la profondeur de son propos, somme toute traité de manière très simpliste, presque naïve. Mais cette simplicité n’est pas toujours une lacune: il peut être bon de dire des choses simples et essentielles, avant de les oublier à force de les avoir complexifiées. Là où Godard s’illustre encore, c’est dans le travail de la mise en scène. Il parvient ici à recréer un monde futuriste sans le moindre effet, à rendre étranger le familier, en filmant juste Paris de nuit et en utilisant le langage qui donne un sens nouveau à tout l’environnement des personnages. Il recrée une atmosphère de science-fiction en n’utilisant aucun des artifices du genre. On notera quelques scènes et passages remarquables, comme celle des exécutions dans la piscine, celle des portes, ou encore le passage de la tête écrasée, véritable leçon de montage. On reprochera au film son absence de poésie formelle, ce qui est aussi un reproche général fait à Godard: Godard est un philosophe plus qu’il n’est un poète, il parle plus qu’il ne fait ressentir. Le sentiment poétique est souvent absent de ses films qui ont alors un aspect froid et distant… Pour cela, je ne suis pas un inconditionnel du cinéaste même si j’applaudis des 2 mains la richesse intellectuelle et technique de son approche.
Pierre E
Pierre E

239 abonnés 665 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 15 octobre 2007
ALPHAVILLE est un de ces films dans lequel nous avançons à tâtons, pour finalement en sortir, sans trop être conscient de là où l’on s’est aventuré. Pourtant, le sentiment dominant n’est pas la déception de ressortir avec plus de questions que de réponses, si l’on prend le temps de se laisser charmer par le lyrisme de l’œuvre, et sa maîtrise d’un style noir retravaillé, dont toute la beauté s’exprime à travers des plans où seules la réalisation et la photographie comptent, éclipsant tout autre élément, laissant les acteurs dans la peau de leurs personnages avec leur sentiments et émotions mis à nus, ou presque. On ressort cependant un peu lessivé d’avoir usé tant d’énergie pour un film qui nous laisse en plan !
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 11 octobre 2006
Poème cosmique largement enfantin, hymne lyrique profondément baclée, l'inoubliable aventure de Lemmy Caution mène au coeur du génie: là où le plus grand des idiots fut investi des puissances divines.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 29 septembre 2006
"-Qu'est-ce qui transforme la nuit en lumière ? -La poésie."
Très politique, Alphaville use de la poésie comme arme et en fait un manifeste. Godard est belliqueux, et de la plus belle des façons.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 16 août 2010
Carrefour référentiel science fictionnel et palpitant.
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