The Anniversary
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soniadidierkmurgia

1 435 abonnés 4 336 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 10 août 2020
Après des années 1950 peu gratifiantes, Bette Davis avait ressurgi en fanfare sur le devant de la scène avec « Qu’est-il arrivée à Baby Jane ? » de Robert Aldrich en 1962, comédie horrifique peu banale où elle apparaissait outrageusement maquillée et en chaise roulante aux côtés de sa rivale de toujours, Joan Crawford. Désireuse de ne pas retomber dans le même trou noir alors qu’elle a dépassé les cinquante ans, Bette Davis exploitera jusqu’à la fin de sa carrière les dérivés de ce personnage hors norme qui si on y réfléchit bien ressemble à une suite de carrière logique pour cette actrice qui affiche depuis ses début une beauté et une personnalité atypiques hors et sur l’écran. Elle n’hésite donc pas à voyager en Europe pour satisfaire son besoin insatiable d’être sur les plateaux de cinéma. En 1965, elle arrive en Angleterre pour travailler avec la Hammer qui renouvelle depuis quelques années le cinéma de genre (horrifique et science-fiction). Elle tourne en 1965 «Confession à un cadavre » sous la direction de Seth Holt où elle fait forte impression, assurant à elle seule le succès du film. Le studio lui propose dans la foulée une adaptation de « The anniversary », une pièce à succès de Bill MacIlwraith. Elle refuse tout d’abord le rôle mais quand le scénario est retouché par Jimmy Sangster déjà présent sur « Confession à un cadavre », Miss Davis accepte. A ses côtés, elle aura toute l’équipe ayant joué la pièce sur les planches. Au bout d’une semaine, toujours aussi versatile, elle obtient le renvoi d’Alvin Rakoff qui est remplacé par Roy Ward Baker, le réalisateur maison avec Terence Fisher de la Hammer et de surcroît son ami. Le rôle de Mrs Taggart est entièrement à la mesure de Bette Davis, sorte de spoiler: cheffe de clan acariâtre et vénéneuse qui profite de l’anniversaire de son mariage avec son mari défunt pour en les humiliant régler ses comptes avec ses trois fils ainsi qu’avec leurs épouses ou fiancées. Les dialogues sont savoureux et la grande actrice ne se gêne pas pour les lancer à la figure de ses partenaires en utilisant à foison toutes les mimiques alternativement enjôleuses, vengeresses, dédaigneuses ou chafouines
qu’elle a rôdé depuis ses débuts. Le propos sans réelle progression narrative est nettement moins captivant que celui de « Confession à un cadavre » mais il est idéal pour admirer Bette Davis encore en pleine de vitalité exposer son plaisir immarcescible de jouer. Le film est donc exclusivement conseillé aux admirateurs de celle qui demeure avec Katherine Hepburn, Elizabeth Taylor et Meryl Streep l’une des actrices d’Hollywood au talent le plus protéiforme.
Shawn777

804 abonnés 3 928 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 31 octobre 2025
Pour sa seconde incursion dans la britannique Hammer, Bette Davis choisit la comédie (je ne savais d'ailleurs pas que le studio en avait produit), enfin on l'a plutôt poussé à faire ce film dans lequel elle ne voulait pas jouer mais après quelques remaniements dans le scénario, elle fini par accepter. Et j'ai envie de dire tant mieux car, sans son jeu excentrique, le film serait d'un ennui profond ! Chaque année, une mère acariâtre et possessive humilie ses fils et sa belle-fille lors de son anniversaire de mariage. Mais cette année sera différente car le cadet amène sa fiancée qui n'était pas prévue au programme. Le film est adapté d’une pièce de théâtre et ça se ressent beaucoup ! Le film donne toujours en effet cette impression de théâtre filmé car, hormis la scène d'introduction, tout se déroule dans le séjour. Alors vous allez me dire, avec une comédie noire basée sur les dialogues, pas besoin de déployer trente-six décors. C'est vrai mais la mise en scène en est impactée, enchainant les champ-contrechamps assez tiédasses et puis surtout, ça ne décolle jamais ! Tout d'abord, le rythme est mou. Les répliques, aussi cinglantes soit-elles, ne s'enchainent pas assez vites. Ce n'est pas vraiment un problème lorsqu'il s'agit de Davis puisqu'elle occupe tout l'espace mais concernant les autres acteurs, même s'ils jouent bien (quoiqu'un peu trop théâtraux), les blancs entre les répliques se font beaucoup trop ressentir. Ensuite, le film donne l'impression de ne jamais savoir quelle direction prendre ; on est ainsi entre le noir et la comédie sans jamais que les deux ne se rejoignent, donnant alors un entre-deux assez bâtard. En fait, le film n'ose jamais pousser les curseurs à fond, surtout qu'à partir d'un moment, l'intrigue stagne : les fils en ont marre de leur mère, la mère les humilie, la future belle-fille crie pour un rien. Bref, si Bette Davis incarne peut-être bien ici à elle seule le pire cauchemar de la Hammer, elle n'arrivera pas à éclipser tous les défauts du film.
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