Pour sa seconde incursion dans la britannique Hammer, Bette Davis choisit la comédie (je ne savais d'ailleurs pas que le studio en avait produit), enfin on l'a plutôt poussé à faire ce film dans lequel elle ne voulait pas jouer mais après quelques remaniements dans le scénario, elle fini par accepter. Et j'ai envie de dire tant mieux car, sans son jeu excentrique, le film serait d'un ennui profond ! Chaque année, une mère acariâtre et possessive humilie ses fils et sa belle-fille lors de son anniversaire de mariage. Mais cette année sera différente car le cadet amène sa fiancée qui n'était pas prévue au programme. Le film est adapté d’une pièce de théâtre et ça se ressent beaucoup ! Le film donne toujours en effet cette impression de théâtre filmé car, hormis la scène d'introduction, tout se déroule dans le séjour. Alors vous allez me dire, avec une comédie noire basée sur les dialogues, pas besoin de déployer trente-six décors. C'est vrai mais la mise en scène en est impactée, enchainant les champ-contrechamps assez tiédasses et puis surtout, ça ne décolle jamais ! Tout d'abord, le rythme est mou. Les répliques, aussi cinglantes soit-elles, ne s'enchainent pas assez vites. Ce n'est pas vraiment un problème lorsqu'il s'agit de Davis puisqu'elle occupe tout l'espace mais concernant les autres acteurs, même s'ils jouent bien (quoiqu'un peu trop théâtraux), les blancs entre les répliques se font beaucoup trop ressentir. Ensuite, le film donne l'impression de ne jamais savoir quelle direction prendre ; on est ainsi entre le noir et la comédie sans jamais que les deux ne se rejoignent, donnant alors un entre-deux assez bâtard. En fait, le film n'ose jamais pousser les curseurs à fond, surtout qu'à partir d'un moment, l'intrigue stagne : les fils en ont marre de leur mère, la mère les humilie, la future belle-fille crie pour un rien. Bref, si Bette Davis incarne peut-être bien ici à elle seule le pire cauchemar de la Hammer, elle n'arrivera pas à éclipser tous les défauts du film.