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Angela Ki La
66 abonnés
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4,0
Publiée le 1 septembre 2011
Comédie de mœurs, tout le contraire de comédie romantique. Le talent d’Eric Rhomer est d’éviter la mièvrerie inhérente au genre. Il faut dire qu’il a un style bien à lui, une façon de filmer les situations et les gens, qu’on sent toujours une pensée derrière, un œil acéré et des choix précis, sans aucun flou artistique. Des dialogues avec des mots de tous les jours, des situations simples, qui deviennent on ne sait trop comment complexes. D’ailleurs cette façon de dire les textes, teintée de théâtralité, ce phrasé ce n’est pas la première fois que je vois ça chez Romer. C’est assez étonnant quand on sait qu’il ne demande pas aux acteurs de parler comme ça. Je pense que son dispositif impose une façon de faire quasi mimétique, qui fait que les acteurs doivent se dirent : « On est chez Romer, on dit des choses simples sérieusement ». Mais là je m’avance un peu. L’image est très belle, une lumière chaude et naturelle, l’automne filmé comme ça, on en redemande, le jeu d’ombre te de lumière à travers les feuillages, le vert des vignes, les murs clairs et chauds comme une peau. Deux femmes, Isabelle et Rosine, une femme mûre et une plus jeune, cherchent à caser leur amie commune, à l’insu l’une de l’autre, je ne suis même pas sûr qu’elles se connaissent. Le résultat cherché n’est évidement pas à la hauteur de leur espérances. On navigue dans le marivaudage le plus distrayant qui soit, et on apprend comment un homme et une femme peuvent se rencontrer sur la terre de France, ça peut aussi se faire par petite annonces. Déroulement sans conflit majeur, juste des situations possibles et probables, et cette fin ouverte avec ce regard fuyant rempli de non dit, pour le moins problématique. Jusqu’au bout on ne saura pas si Isabelle a craqué sur cet homme trouvé par petites annonces pour sa copine, et s’est donc faite piégé par son propre jeu. Des fois cela fait du bien de voir un film sans un seul coup de poing, sans un meurtre, pas même une petite gifle, je vous dis. Enjoy!
Après avoir regardé conte d'été, je découvre ce conte d'automne que j'ai préféré. Magali trouvera-t'elle un homme pour combler sa solitude? C'est la question qui rend l'intérêt de ce film.
La mis en scène est plate, sans relief ( pléonasme ) sans saveur. Le jeu des acteurs manque de naturel, j'oserais même dire qu'ils récitent leurs rôles. Ce film a (très) mal vieilli, les couleurs au sens propre et figuré en sont ternes comme les dialogues. Le contenu tourne autour de sentiments stéréotypés denués de toute profondeur, d'émotion et d'authenticité ... Ces personnages me font penser à une population robotisée qui s'ennuie sans le savoir, dans un cadre de vie ou toute émotion est censurée.
Un film qui nous change des séries. Un film classique. Au sens XXVIIe siècle. Avec une écriture, qui choque certains à l’heure ou la langue s’est rétrécit à la mode Twitter. Avec une esthétique du temps qui prend son temps, avec une articulation, ce qui nous change des enchainements d’images changeantes que justifie la civilisation de la vitesse. Il y a un récit, modulé par une musique classique, là où d’autres auraient hacher le scenario sur une musique désaccordée. J’ai lu que l’histoire n’était pas écoutable. Pas crédible. Mais faut-il que tout soit écoutable ou crédible. A ce titre, c’est les trois quarts des films d’aujourd’hui qui seraient non crédibles. En définitive, j’ai retrouvé dans ce film ce que j’aimais dans les films d’Éric Rohmer. Un coté Marivaux, celui des Jeux de l’amour et du hasard, ou des Fausses confidences. La langue du dialogue importe chez Mouret, comme chez Rohmer et Marivaux. Mais la langue comme un jeu, ou une danse. Les mots font des pirouettes comme les personnages du film en font. Comme le scénario en fait. Je n’ai pas pleuré mon plaisir à suivre les manières de ce film d’un autre temps.