Le début est d'une banalité confondante: romance classique autour d'une jeune femme encore effarouchée et d'un élégant jeune homme très sûr de lui. Mais le développement du film centré autour du "doute" est un chef-d'œuvre de tâtonnements et d'insinuations perverses dans la tête de la femme et dans celle du spectateur qui ne sait pas qui croire...
Soupçons est, sans surprise, un bon film d'Alfred Hitchcock, même s'il ne fait pas partie des meilleurs du cinéaste. L'histoire / le scénario est pas mal et tient très bien en haleine. Le casting est excellent. Cary Grant et Joan Fontaine forme un couple très crédible, mais le film est d'abord porté par Cary Grant car c'est lui qui a le rôle ambigu ; et l'acteur délivre une performance remarquable (jamais on n'arrive à savoir où veut aller son personnage Johnnie Aysgarth).spoiler: Le final est d'excellente qualité, totalement inattendu. Joan Fontaine joue avec beaucoup de justesse. L'atmosphère, pleine de soupçons, est bien retranscrite. Un bon film, porté par un excellent acteur.
Un Hitchcock très bon dans le suspens et dans l'histoire, un vrai régal, j'ai eu des soupçons tout du long ! Cary Grant est épatant et Joan Fontaine joue à merveille !
Trois quarts de siècle après sa sortie, ce film n'a rien perdu de son charme. Sans doute certains aspects nous semblent-ils un peu désuets aujourd'hui, mais le personnage de vantard mythomane et escroc de Cary Grant est très moderne. Il évoque d'ailleurs certains rôles de Vittorio Gassman dans le même registre. Difficile de trouve aujourd'hui des comédiens qui ont sa classe et son humour. Joan Fontaine est excellente elle aussi et même discrètement sexy dans ses tailleurs des années quarante. Le suspense en revanche fonctionne souvent avec de grosses ficelles et la chute n'est pas très réussie. Mais la science des détails et des éclairages de Hitchcock apporte tout de même sa touche de mystère, comme dans la célèbre scène du verre de lait. On notera aussi que le réalisateur ne porte par un oeil très critique sur cette société de parasites mondains qui, quand ils envisagent de "travailler", se tournent vers la spéculation immobilière. Sans doute n'oserait-on plus montrer la gentry britannique de cette manière aujourd'hui. Si on fait abstraction de cette idéologie surannée (ou si on la considère avec le sourire) et si on ne s'offusque pas des faiblesses du scénario, Soupçons se laisse revoir avec délectation. Notons enfin que la copie diffusée sur Ciné Classic est magnifique, mais pourquoi les sous-titres sont-ils aussi mal placés ?
Si l'intrigue met trop de temps à se mettre en place, celle-ci dévoile toute sa subtilité et son intérêt dès que la femme (Joan Fontaine) commence à suspecter son mari (Cary Grant).. d'où le titre du film d'ailleurs. Dès ce moment, le maître du suspens fait montre de tout son savoir faire, déjà impressionnant en 1941, afin d'embarquer le spectateur dans cette spirale du doute et de l'embrouille. La mise en scène va dans ce sens et est extraordinaire de maîtrise (la scène du verre du lait en est un bon exemple). Dommage que cette histoire pleine de suspens et de tensions soit ternie par une fin décevante et surtout mal amenée. Cette dernière n'est d'ailleurs pas conforme aux souhaits d'Hitchcock (Cary Grant aurait bien été un assassin) qui dû plier devant les exigences des producteurs. Cependant, on peut dire que même ce film, mineur dans la filmographie de ce grand Monsieur, est une réussite malgré ses imperfections.
Dans la filmographie d'Hitchcock, voici un film qui ne paie pas de mine à plusieurs égards: d'abord par la manière lente et insidieuse dont il instille le doute qui va habiter tout le récit, avec ces effets de lumière visant à accentuer l'angoisse au fur et à mesure; ensuite, par le jeu subtil et nuancé des acteurs (en particulier Joan Fontaine). N'en demeure pas moins que la trame très classique ne réserve pas de grands coups de théâtre, et la fin paraîtra un peu incongrue avec son petit côté "tout ça pour ça". Plutôt pas mal, mais le maître n'est pas à son meilleur.
Le mariage comme enfer: c'est en quelque sorte le programme de ce film signé Alfred Hitchcock qui met en scène la charmante Joan Fontaine (Lina) et l'irrésistible Cary Grant (Johnnie) dans des rôles pas loin d'être opposés. En effet, quand l'une est fragile, sincère et naïve, l'autre est sûr de lui, menteur et opportuniste. Le film fait évoluer cette opposition en se focalisant sur le personnage de Lina, dont la paranoïa lui fait dire que son mari serait prêt à la tuer. Au fil des mensonges et des soupçons, on ne sait qui croire. Parce que la femme n'a plus une vision objective de son mari et parce que les intentions de ce dernier deviennent de moins en moins claires, le spectateur se résout à ne pas prendre parti et à attendre un final qui se révèle lui-même moins évident qu'il n'y paraît. Malgré une mise en place un peu trop longue et quelques procédés narratifs répétitifs, le film tient en haleine et sait ménager ses surprises.
Hitchcock rencontre Cary Grant ici pour la première fois et forcément ça fait des étincelles, tous les ingrédients du polar à la Alfred sont réunis, des acteurs de génie, des courses en voiture, de la paranoïa et un suspens qui va crescendo. Bref du très grand Hitchcock à l'ancienne pour un film intelligent et un final déroutant.
Alors qu'elle rencontre Johnnie, un charmant et malin joueur, dans un train, la belle et riche Lina s'éprend peu à peu de lui. Pourtant, elle va commencer à découvrir sa vraie personnalité et douter de ses faits et gestes...
Dès cette première rencontre, magique, dans le train, le ton est donné et dans un premier temps, Hitchcock met en place une ambiance plutôt légère et on s'amuse à voir un Cary Grant charmeur à souhait faire la cour à une douce et vulnérable Joan Fontaine. Peu à peu, il laisse planer une certaine ambiguïté sur le récit et les personnages, surtout Cary Grant et Soupçons bascule dans une atmosphère plus paranoïaque, pesante et mystérieuse, où chacun des actes des protagonistes est propice à la suspicion.
C'est d'abord par sa qualité d'écriture (personnages et dialogues notamment) que Soupçons brille, d'une grande intelligence et extrêmement bien ficelé. Le spectateur se retrouve peu à peu dans la même position que Joan Fontaine, c'est-à-dire à douter des faits et gestes de Cary Grant et Hitchcock justifie son surnom de maître du suspense pour le maintenir de bout en bout. Sa mise en scène est remarquable, sachant bien mettre en avant son atmosphère et il prend bien son temps lorsqu'il le faut, notamment pour développer la relation entre les deux protagonistes, puis l'ambiguïté autour d'eux.
Bien évidemment, c'est aussi grâce à son duo d'acteurs que le film est si réussi, surtout qu'Hitchcock ne manque pas de bien le mettre en valeur. Cary Grant, qu'il dirige pour la première fois (sur 4 au total), ne manque ni de charme ou de malice et retranscrit à merveille toutes les particularités de son personnage, comme Joan Fontaine, qu'il retrouve après le brillant Rebecca, qui incarne à elle seule la fragilité et la douceur. Le maître du suspense inclut une bonne dose de tension lorsqu'il le faut et les scènes mémorables ne manquent pas, telle celle du verre du lait et il fait preuve d'une certaine science du détail, notamment dans ses plans tandis que l'utilisation de la musique est excellente.
Misant sur une écriture intelligente et un magnifique duo d'acteurs, Hitchcock signe une mise en scène inspirée pour d'abord donner un ton léger à son oeuvre puis ensuite entrer dans l'ambiguïté et la parano.
Cary Grant incarne ici un héros proche du Gatsby de Fitzgerald, dans un film à l'atmosphère tranquille mais confinée, et à la réalisation parfaite. Joan Fontaine est sublime et se voit sublimée par la magnifique photographie d'Harry Strading. "Soupçons" ("Sucpicion" en anglais) est un film à l'intrigue proche du "Gone Girl" de Fincher, dans la thématique abordée (mariage, faux-semblants...), bien que ces deux œuvres soient adaptées de deux romans distincts mais toutefois proches. Cary Grant sort de son genre jusque-là de prédilection, et livre une interprétation frappante et en tous points remarquable. À voir !
Sans doute pas l'une des œuvres les plus marquantes du maître du suspense, mais "Soupçons" vaut quand même d'être vu. Tout dans la mise en scène transpire le classicisme à l'ancienne. On est amené à se mettre dans la tête de la femme incarnée par Joan Fontaine. C'est d'ailleurs le jeu d'acteurs qui marque ici, bien plus que cette histoire d'une facture très classique aussi.
Un film d’Hitchcock qui marque la première collaboration du réalisateur avec son acteur fétiche Cary Grant. Une réalisation subtilement dosée, révélant d’abord une atmosphère légère et charmeuse, pour finir par une ambiance mystérieuse et inquiétante. Un scénario habile et fascinant, souligné par un tandem d’acteurs qui apportent toute la classe et le glamour de l’époque. Une œuvre qui n’est pas la plus mémorable de la filmographie hitchcockienne mais qui reste un mélange réussi de romance et de suspense !
Un film au suspense subtilement dosé mais comme souvent chez Hitchcock c'est l'histoire d'amour qui prends le pas sur le reste et la fin est suffisamment ouverte pour nous laisser en plan plein de perplexité .
Un film d'Hitchcock plutôt décevant pour ma part. L'histoire n'est pas prenante, je me suis vaguement ennuyé et le suspense est très minime (spoiler: c'est facile à deviner que Lina (Joan Fontaine) fait de la paranoïa, si bien que la fin est prévisible ). La plus grande réussite du film étant pour moi la fameuse scène avec le verre de lait, très bien mise en scène (notamment grâce à la lumière). Et Cary Grant est comme souvent excellent dans son rôle.