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Jerican
15 abonnés
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5,0
Publiée le 26 décembre 2025
Chef-d'œuvre d'écriture et de mise en scène et d'interprétation, une leçon de mise en scène d'une finesse, inventivité, modernité et d'une humanité folle, du grand Alain Resnais.
Performance exceptionnelle des deux acteurs, autant avec que sans cigarettes. Cependant le format avec un décor fixe comme dans une pièce de théâtre alourdi le récit, malgré les effets papillon qui apporte de l'originalité.
Neuf rôles que se partagent deux comédiens sont au centre d'une intrigue théatrale pour laquelle de multiples dénouements s'étalent suivant le même espace-temps: aujourdh'hui, 5 jours plus tard, 5 semaines plus tard, 5 années plus tard. La singularité de la mise en scène et de la construction du récit -on n'en attendait pas moins de la part d'Alain Resnais- n'éclipse pas pour autant les savoureux et brillants numéros d'acteurs. Sabine Azéma (très séduisante) et Pierre Arditi s'entendent à merveille dans une diversité de rôles dont chacun exige une composition particulière. Leur connivence est évidente, leur interprétation superbe, nous faisant parfois croire qu'il y a neuf inteprètes. Le travail de mise en scène est tout en élégance car Resnais (et l'auteur anglais qu'il adapte, Alan Ayckbourn) crée un véritable intérêt pour des personnages pourtant quelconques et un sujet sans relief ( les démêlés sentimentaux d'un couple à bout de souffle). La rusticité des quelques décors anglais reconstitués en studio et l'anachronisme apparent des patronymes anglais (qui contrastent avec les textes du duo Bacri-Jaoui et l'interprétation francisés), la beauté de la photographie et le mariage pimpant des couleurs ajoutent un charme joyeux et enrichissent un sujet généralement fantaisiste, parfois entrecoupé de moments plus amers.
"No smoking" n'est pas précisément une suite mais la deuxième partie d'un même film, à ceci près que la scène initiale entraine une autre situation dont le couple Coombes est cette fois-ci le sujet principal. Comme pour les époux Teasdale, les Coombes ont à résoudre une relation conjugale précaire et tout à fait banale. Sur le même mode que "Smoking", Resnais continue de modifier les destins des différents personnages selon les choix qu'ils font, selon qu'une phrase a été prononcée ou non. Dénués de signification psychologique, les protagonistes n'existent que par leur mise en scène, par l'évidente conviction des deux comédiens et par l'esthétisme coloré des décors factices et de l'éclairage. En dépit de son aspect théatral, de petites histoire de couples communs, parfois adultères, de ces personnages qui disparaissent et reviennent à tour de rôle pour ne laisser, quoiqu'il arrive, qu'un ou deux interprètes en scène, le film apparait comme l'anti-vaudeville. Amusant ou plus grave, toujours ludique, le récit pourrait s'étirer, non sans quelques langueurs peut-être, jusqu'à l'infini. Au terme du film, il apparait que cette fameuse cigarette allumée ou pas par sabine Azéma n'a que l'utilité du symbole déterministe invoquant les gestes et postures qui construisent chaque jour notre destin.
Quel prouesse ! Le talent d'acteur est exceptionnel. Il m'a fallu une bonne heure pour comprendre que tous les personnages n'étaient interprétés que par Arditi et Azéma. Moi qui suis fan des dialogues bien écrits avec de la réthorique, je n'ai pu qu'apprécier ce mélange entre théâtre et cinéma !
Resnais nous invite au jeu de l'amour et du hasard avec deux acteurs et une infinité de possibilités. Un exercice de style intéressant et amusant, mais terni par un récit pas très vif, avec un décor en carton pâte qui n'aide pas.
Ça commence avec deux comédiens convaincants et une photographie sublime. Les décors, les dialogues et la mise en scène laissent apercevoir la pièce de théâtre dont il est adapté. Ça fonctionne très bien. Les illustrations sont magnifiques.
Les personnages s’expriment en français mais gardent leur nom anglais, probablement de la pièce. Ça nous sort un peu du film mais soit.
L’intrigue progresse. On rit parfois.
Passé ce qui n’était finalement que l’introduction, le concept du film se déploie. Pourquoi pas ?
Mais bon, c’est chiant. Oh la la, qu’est-ce qu’on s’ennuie. Ça se répète encore, encore, encore et encore. Oui, c’est un exercice de style. Oui, l’exercice est réussi. Mais pourquoi 2h20 ? Pourquoi autant d’intrigues ? On a compris. On a pas besoin de revoir la même chose en un peu différent pour nous raconter encore et encore la même chose.
Et le pire c’est que ce n’est que Smoking. J’ai encore No Smoking à voir pour l’expérience complète.
No smoking :
Ma critique de Smoking s’applique à la lettre pour No Smoking. J’ai cru de la même manière que ça serait très bien avant que ça s’écroule. Aucune surprise donc. Étonnamment, la deuxième partie passe plus vite que la première.
Les intrigues de No Smoking sont un peu plus intéressantes et les personnages un peu mieux développés, mais bon, ça fait pas la différence.
L'idée de départ est géniale mais je trouve que le sujet est assez mal exploité manquant scrupuleusement de cohérence scenaristique. Alors pourquoi avoir regardé malgré tout les 5h25 de film ? Pour l'interprétation de Pierre Arditi magistrale dans plusieurs rôles. Il est juste impressionnant, drôle et touchant à la fois.
On ne peut pas aimer le cinéma sans avoir vu cette oeuvre double, parmi les plus magistrales d'Alain Resnais. Alain Resnais c'est un peu Woody Allen Français, il nous fait faire des rencontres inattendues et intimes, et nous plonge dans un univers de l'autre côté du miroir. Il y a l'histoire, il y a cette manière de rentrer dans la tête des personnages et il y a la caméra dont les plans sont eux mêmes une source de ravissement. Comme toujours, il s'agit d'un OVNI ( Objet Volant Non identifié) cinématographique, une sorte de cinéma-théâtre qui vous marque à vie. Le couple Arditi-Azema est alors au sommet.
"Smoking/No Smoking" est un pari fou : près de cinq heures, deux acteurs, neuf personnages et douze fins possibles. Si l'on s'arrête au simple concept, il y aurait de quoi douter de l'accessibilité d'un tel film; malgré un scénario qui refuse la linéarité au profit des situations et des possibilités de la fiction, on se sent pourtant très vite en terrain familier, et ce en partie grâce à un humour loufoque dans lequel se combinent jeux de mots astucieux et moments vaudevillesques. Sans aucune dramaturgie, les couples se font et se défont sans ordre apparent mais en suivant une logique dite alternative d'un grand ludisme dans la mesure où elle réalise le fantasme de tout spectateur (et si elle/il n'avait pas dit/fait cela, que se serait-il passé ?). En dépit de brèves longueurs – toutes les situations ne sont pas aussi drôles ou émouvantes les unes que les autres –, la force du film est de dépasser l'originalité théorique du projet par une véritable incarnation des personnages. Après un temps d'observation où l'on remarque surtout Arditi et Azéma endosser des rôles différents, on se met à croire très fort en leurs personnages, une croyance qui doit d'abord à l'amour de Resnais en une forme théâtrale (la plupart des décors sont en carton, sorties et entrées perpétuelles des personnages comme s'ils étaient sur scène) qui nourrit une mise en scène cinématographique, à travers notamment la puissance du hors-champ (il ne peut y avoir que deux acteurs, donc deux personnages, au même moment à l'écran). Outre un imaginaire théâtral stimulant, c'est aussi la qualité de l'interprétation globale qui rend concrète l'émotion émanant de "Smoking/No Smoking"; par ces façons de s'approprier différentes voix, démarches, comportements et classes sociales, Arditi et Azéma construisent plusieurs duos à l'alchimie aussi improbable que convaincante. Par son amour du jeu, des acteurs et des décors, Alain Resnais nous offre un original et réjouissant moment de cinéma, et prouve avec brio que forme expérimentale et comédie populaire ne sont pas incompatibles.
Un exercice de style parfaitement maîtrisé grâce aux performances remarquables du couple d'acteurs et au choix assumé d'une ambiance théâtrale mais qui laisse indifférent et ennuie même.
Du vaudeville élégant, malicieux et rempli de petites perles humoristiques et parfois hilarantes. L’histoire qui se tentacularise au fil des événements nous entraine dans un fabuleux jeu d’acteurs tantôt dramatique, cynique ou drôle. Excellent double-film
L'idée de départ est originale et très attirante. L'ensemble du film est une pièce de théâtre filmée (puisque adaptée). J'étais bien motivé. Mais une fois le film lancé, au bout de 30 mn et se dire que c'est ça pendant près de 5 heures : ce fut très long et laborieux. Les dialogues sont très ennuyants : ni drôles, ni pointus (comme savent le faire Bacri / Jaoui) font que l'histoire ne m'a vraiment pas intéressé. Un ennui très profond et une grande déception.
Quelques très bons moments, mais sur la longueur le film s'essouffle, et devient redondant. On peut néanmoins reconnaître le talent des deux (uniques) acteurs, et saluer la belle prise de risque d'Alain Resnais.
On a au départ du mal à se faire à ce film qui, pour certain, est dur à vraiment démarré, à prendre du rythme, avec ces acteurs jouant un jeu très théâtral avec des décors très carton-pâte, qui au début peut déstabiliser. Néanmoins, passé la première histoire, lorsqu'on comprend pleinement l'interêt du film (personnellement je l'ais regardé sans lire de résumé) on est pris dans ce film qui se révèle être haut en couleurs, les décors finissent par donner beaucoup de charme, et surtout on ne fait plus attention aux personnages qui sont tous joués par les mêmes acteurs, Azéma et Arditi, ce dernier qu'on découvre vraiment en grand acteur caméléon, pouvant jouer des rôles aussi dynamique que désagréable avec justesse tout en conservant un jeu digne du théâtre, et qui m'as plus séduit qu'Azéma. Même si la succession des histoires peut paraître au bout d'un moment un peu longue, Smoking se révèle être une bonne réflexion humaine et très intéressante sur quelle aurait pu être notre vie si on avait pris telle ou telle décision, donnant alors à réfléchir au spectateur. Bel hommage à Resnais que d'avoir diffusé ce film à la télévision.