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calamarboiteux
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1,0
Publiée le 19 juin 2008
Trois couples dans une maison campagnarde, l’arrivée d’une intruse cherchant un ancien amour ; chassés-croisés amoureux et scènes de la vie quotidienne. Le sujet de ce marivaudage est léger, très léger. La réussite aurait supposé une réalisation brillante, et on en est loin. Seul le jeu des comédiens sauve cette production du naufrage. Le scénario est souvent abracadabrant, les dialogues sont parfois d’une bêtise étonnante (l’histoire de la pharmacie par exemple), ou d’une grivoiserie de mauvais goût (pétasses-radasses-blondasses, séquence vulgaire et de plus très longue). De çà de là une petite trouvaille visuelle, une séquence touchante, le tout perdu dans une comédie de mœurs fade, sotte et ennuyeuse. Il ne suffit pas de montrer un sein ou un carnet de croquis érotiques pour réussir un film. Mais où est donc passé le Deville impertinent, pervers et élégant qui concocta « eaux profondes » et « péril en la demeure » ?
Ouch quelle histoire abracadabrantesque, il y a les inconnus qui s'incrustent, les autres censés être amis (on y croit pas une seconde) et tout le monde veut sauter tout le monde et avec quelle discrétion! Bref ça tient pas la route.
Réunis dans une maison de vacances, des couples s'observent, se testent, se déforment sous le regard ironique de Michel Deville, traquant les différents états de ces quadras. Ce sont des couples en bout de course, dont on ne doute pas que l'épilogue du film marquera la renaissance ou la rupture, comme s'il s'agissait, pour chacun, d'une relation sentimentale en sursis. Chacun des personnages semble jouer, plutôt qu'un quelconque jeu de la séduction, un trouble jeu de la rupture. Les dialogues prosaïques de Michel Deville et une atmosphère volontiers grivoise donnent au film le ton de la comédie. Mais, au-delà, l'approche psychologique, qui révèle un certain désarroi devant le proche tournant de la cinquantaine, constitue le véritable intérêt d'un film ludique et superficiel. En dépit d'une direction d'acteurs qui déroute quelque peu, et d'une mise en scène dont la fantaisie et les artifices amoindrissent le sujet sans parvenir à nous amuser réellement.
Un huis-clos intimiste à huit personnages dressé par Michel Deville avec des acteurs dirigés comme toujours de main de maître : Nicole Garcia torturée par sa sexualité, André Dussolier photographe envahi de fantasmes, Michèle Laroque hors de son registre habituel de pitre, Hanna Schygulla émouvante dans sa maturité automnale, Anémone très sobre (c’est tout dire !), François Marthouret très juste, Xavier Beauvois très sensible et Sylvie Laporte en pianiste débridée. La réalisation apporte la rigueur et la poésie habituelles de Deville avec une musique utilisée comme toujours de façon réaliste et des images baignées de lumière. Les rapports des uns et des autres évoluent au gré du temps, modulés par un passé énigmatique qui obsède et finit par s’éclairer au dénouement. C’est un beau film qui n’a pas eu le succès qu’il aurait mérité et qui se regarde comme la plupart des œuvres de Deville avec une petite déchirure à l’âme…
Très léger, plein d'humour et de finesse, Aux petits bonheurs est un film très agréable à voir. Le jeu des acteurs y est pour beaucoup. Un très bon moment à passer.