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In Ciné Veritas
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4,5
Publiée le 16 mars 2021
Ultime opus du triptyque sur « l'absence de Dieu » composé par Ingmar Bergman après A travers le miroir (1961, Reflets intimes) et Les communiants (1963, En manque de (re)pères), Le silence (1963) est sans nul doute l’un des films les plus fascinants du cinéaste suédois. C’est l’histoire d’un exil mais aussi celle d’un univers mental, abstrait par définition, qui n’est pas sans annoncer Persona réalisé trois ans plus tard, tant sur le fond que sur la forme. Critique complète sur incineveritasblog.wordpress.com/2021/03/16/le-silence/
Parfois, l'histoire d'un film est aussi passionnante que celle qu'il détaille. Dans le cas de Le Silence, c'est l'histoire de son visionnage qui est amusante ! Je devais le voir comme faisant partie de la thématique von Sydow puisqu'il était dans sa filmographie Wikipédia. Mais c'était une erreur. Une erreur heureuse toutefois, parce que la langue parlée dans le film, dont je n'ai su déterminer la nature (j'avais fini par opter pour le lituanien...) est une langue inventée par Bergman lui-même ! Une magnifique anecdote qui concilie encore mes passions par des voies détournées.
Pour en venir à mon avis sur le film, Bergman est décidément un bon réalisateur. L'œuvre s'appelle Le Silence, mais jamais les petits mots n'ont-ils encore été aussi bruyants chez lui ; pas besoin pourtant d'être attentif, car le film aura clairement indexé la chose importante dans le cerveau du spectateur. De détail en allusion, une image se dessine, une image alimentée par tout ce qu'on sait sans comprendre – les tanks, la langue, la maladie, certaines relations entre les personnages, la raison même de la présence d'autres... Mais fallait-il pour autant qu'il y en ait tellement, de détails et d'allusions ?
Sacrifiant sa lumière chérie à un huis clos où tout n'est pas toujours très clair, Bergman opte pour un rythme lent dont le remplissage, s'il est bien là, manque de densité. Il aurait sans doute été bénéfique de laisser plus de place aux acteurs, car Ingrid Thulin est - comme toujours ? - au sommet de ses capacités dans un rôle maladif, et Jörgen Lindström lui donne une digne réplique de douze ans d'âge.
Le film se passe dans un hôtel avec un couple, un enfant, et une exploration psychologique et évolutive de ses protagonistes. The Shining ? Si on veut... mais sans brillance.
Dernière partie d'une trilogie commencée avec "A travers le Mirroir", qui fut suivi du magistral "Les Communiants", "Le Silence" montre Bergman au sommet de sa maîtrise artistique et probablement au point le plus radical narrativement. Empruntant des éléments divers, aussi bien artistiques (référence à Velasquez entre autres) qu'allégoriques, oniriques, parfois surréalistes ( la période "Cris et Chuchotements" verra le maître revenir vers un réalisme plus épuré), la trame du récit se tisse visuellement avant tout. Oppressant et d'une exigeance quasi-insoutenable pour le spectateur, "Le Silence" pave la route pour les chefs d'oeuvre à venir que seront "La Honte" et "Persona".
Un chef d'oeuvre absolu de non dits de solitude, de chaleur étouffante, d'ennui, de désir. En pays inconnu, dans une langue inconnu, la tension est à son comble. Et la femme qui fait l'amour dans un cinéma avec son amant.
Comme beaucoup de films de Bergman, l'introduction est longue, l'intrigue se dévoile peu à peu et le film monte en intensité. Mais cette fois la première moitié est vraiment sans intérêt et ne nous dévoile rien. Pour tout autre metteur en scène, j'aurais certainement décroché avant la fin. J'ai l'impression que ce film est surcoté car il s'agit d'un film d'Ingmar Bergmar, vu par de grands amateurs du cinéaste.
Un film déconcertant, ouvert à interprétations. Peu bavard (à l’inverse de nombreux autres films d’Ingmar Bergman), malaisant, frustrant, il laisse cependant une forte impression d’étrangeté, un trouble qui perdure longtemps après la fin (cruelle et totalement abrupte). Après À travers le miroir et Les Communiants, Le Silence conclut une trilogie bergmanienne souvent présentée comme la « trilogie de l’absence de Dieu ». Absence de Dieu qui se concrétise ici (en l’absence de thématique religieuse) par un petit théâtre de l’absurde et par un sentiment puissant de déréliction. Ingmar Bergman, après avoir évacué l’idée de Dieu, plonge donc dans les méandres des relations humaines, dans les tourments conflictuels de la chair et de l’esprit, et sonde – au-delà des tabous – des abîmes de frustration sexuelle, de névroses (exacerbées), d’incommunicabilité et de haine. Il propose une approche de son sujet à la fois charnelle, avec une perspective érotique, et épurée, sèche, presque abstraite, narrativement parlant. Le film, à l’époque, a non seulement déconcerté mais aussi scandalisé. Le cinéaste a eu des ennuis avec la censure. En France, Le Silence a été vilipendé par François Mauriac et diffusé dans une version amputée, interdite aux moins de 18 ans.
"Le silence"... rarement un film n'aura aussi bien porté son nom. Et pour cause, il en est le personnage principal. Les souffrances affectives s'expriment sur son passage. Comme d'habitude chez Bergman, la fascination et l'ennui se côtoient de très près. La pièce tombe d'un côté ou de l'autre. Ici, c'est bien plus ardu, puisque les deux se succèdent en permanence. Avec par-dessus un hermétisme ouvertement voulu et à l'épreuve des balles. Dialogues réduits au minimums, action se déroulant dans un pays inconnu avec un contexte de guerre civil laissé volontairement très vague et une langue inconnue, puisque créée de toutes pièces. Ainsi qu'une fin qui est aussi cruelle qu'abrupte. Quant à ce que le Maître suédois voulait nous dire, toutes les interprétations sont possibles, mais la moins plausible est probablement celle qui est communément admise : la difficulté pour communiquer. En effet, aucune des deux femmes n'a réellement l'intention d'entamer une quelconque tentative de dialogue. Elles ne se parlent que parce qu'elles y sont forcées. Chaque grand cinéaste à l'oeuvre exigeante a son film par lequel il est déconseillé de commencer, chez Bergman, c'est celui-là.
Cotonneux, ce récit à l'atmosphère fantasmagorique avance lentement en manifestant la solitude profonde de trois êtres dont la vie semble vidée de sens. Face au cruel silence de Dieu (qui n'accorde pas son ultime voeu à la mourante) rien ne semble faire réellement barrage, l'ennui imprégnant le film - avec tant de force que nous en sommes atteints malgré l'épure élégante de la réalisation. Désabusés les personnages peinent à communiquer, ce que symbolise la barrière de cette langue fictive dont Esther méthodiquement décrypte et mémorise certains termes, à l'instar de l'apprentissage de la vie que devra mener l'enfant avec ténacité et patience. Une peinture brute du désoeuvrement et de la désillusion.
Le cinéma de Bergman est absolument extraordinaire ! Dans un huit clos, où le silence règne, on comprend les intentions des personnages avec une mise irréprochable ! Rarement vu un cinéaste aussi propre techniquement ! Son histoire se joue beaucoup sur l interprétation des actrices (qui sont formidables) et donc par sa mise en scène. Brillant
Ce film constitue une sorte de tournant dans sa filmographie dans la mesure où il délaisse ses premiers sujets fétiches, la métaphysique, le rapport de l'homme à Dieu, etc etc, ici pour se concentrer vers un seul sujet particulier, qui se retrouvera dans plusieurs de ses films suivants, en l'occurrence l'incommunicabilité. Dans ce film assez court il y a très peu de dialogues (fait exprès bien sûr), on entend seulement à certains moment un "tic tac" semblable à celui d'une montre, prouvant l'impossibilité de contact entre les personnages. Là où c'est intelligent de la part de Bergman c'est que toutes les situations sont dans cette absurdité. Les 3 personnages font halte (à cause d'un malaise de l'un deux) dans une ville où la langue parlée leur est étrangère. Ainsi quand Anna ou le fils vont se promener et essayer d'établir un contact avec des gens de la ville, cela va toujours être un échec. Puis les 2 soeurs ne vont jamais pouvoir s'entendre, et elles vont se délaisser finalement.
Ce qui me déplaît, c'est que l'on ne comprend les raisons de leur éloignement qu'à partir de la 2nde moitié du film, alors que dès la première scène Bergman veut nous faire comprendre que ces 2 soeurs ne sont pas faites pour s'entendre... Ainsi longtemps on patauge, sans savoir où aller. Et les scènes où l'enfant se retrouve seul à errer dans l'hôtel (qui inspira Kubrick pour Shining ? ^^ ) en sont la preuve. Sans les dialogues ici Bergman se retrouve presque démuni je trouve, ça ne prend pas, et on a du mal à comprendre ses réelles intentions, car finalement le film est quasi-identique du début à la fin. Puis pour au début les personnages sont assez clichés (première fois que je vois ça chez lui) même si après ça se rétablit...
Assez moyen donc, la lenteur fait trop souvent surface, on n'est pas captivé comme on l'habitude de l'être avec lui. Première déception chez Bergman.
Ah ce Silence, qui a tout de même fait assez parlé de lui en 1963. Ici, le Silence est pesant, angoissant, terrible. Le Silence de Dieu. Dans un pays touchée par une guerre étrange, deux femmes et un enfant. Deux surs. Elles ne comprennent pas le langage de la population. Dans cet étrange hôtel Ester (Ingrid Thulin) souffre physiquement et mentalement. Elle sadonne à la boisson, au tabac, au plaisir solitaire seule et désespérée dans sa chambre. Anna (Gunnel Lindblom) sort, couche avec des inconnus rencontrés dans les bars. Elle assiste à lagonie de sa sur passivement, silencieusement. Lenfant rencontre quelques personnages inquiétants comme une troupe de nains avec laquelle il joue à la guerre. Une uvre très pessimiste, grave, sur lincommunication, la jalousie, la mort, la guerre, les fantasmes refoulés, la solitude.. On a parlé de lesbianisme incestueux, sans doute abusivement. On a parlé de trilogie affirmant que « le Silence » clôturait la série déjà entamée par « À travers le miroir » et « les Communiants » pour former un tout, la trilogie des « films de chambre ». Cela fut démenti par Bergman, qui a avoué dans les années 1990, ne jamais avoir désiré regrouper ainsi ces trois films. Mais quimporte car sil nest peut-être pas le meilleur de Bergman, le Silence est une uvre essentielle. Trois étoiles bien méritées. Trois étoiles bien noires pour ce silence du desespoir.