Le Silence
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Max Rss
Max Rss

252 abonnés 2 307 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 1 octobre 2025
"Le silence"... rarement un film n'aura aussi bien porté son nom. Et pour cause, il en est le personnage principal. Les souffrances affectives s'expriment sur son passage. Comme d'habitude chez Bergman, la fascination et l'ennui se côtoient de très près. La pièce tombe d'un côté ou de l'autre. Ici, c'est bien plus ardu, puisque les deux se succèdent en permanence. Avec par-dessus un hermétisme ouvertement voulu et à l'épreuve des balles. Dialogues réduits au minimums, action se déroulant dans un pays inconnu avec un contexte de guerre civil laissé volontairement très vague et une langue inconnue, puisque créée de toutes pièces. Ainsi qu'une fin qui est aussi cruelle qu'abrupte. Quant à ce que le Maître suédois voulait nous dire, toutes les interprétations sont possibles, mais la moins plausible est probablement celle qui est communément admise : la difficulté pour communiquer. En effet, aucune des deux femmes n'a réellement l'intention d'entamer une quelconque tentative de dialogue. Elles ne se parlent que parce qu'elles y sont forcées. Chaque grand cinéaste à l'oeuvre exigeante a son film par lequel il est déconseillé de commencer, chez Bergman, c'est celui-là.
QuelquesFilms.fr

353 abonnés 1 758 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 30 janvier 2025
Un film déconcertant, ouvert à interprétations. Peu bavard (à l’inverse de nombreux autres films d’Ingmar Bergman), malaisant, frustrant, il laisse cependant une forte impression d’étrangeté, un trouble qui perdure longtemps après la fin (cruelle et totalement abrupte). Après À travers le miroir et Les Communiants, Le Silence conclut une trilogie bergmanienne souvent présentée comme la « trilogie de l’absence de Dieu ». Absence de Dieu qui se concrétise ici (en l’absence de thématique religieuse) par un petit théâtre de l’absurde et par un sentiment puissant de déréliction.
Ingmar Bergman, après avoir évacué l’idée de Dieu, plonge donc dans les méandres des relations humaines, dans les tourments conflictuels de la chair et de l’esprit, et sonde – au-delà des tabous – des abîmes de frustration sexuelle, de névroses (exacerbées), d’incommunicabilité et de haine. Il propose une approche de son sujet à la fois charnelle, avec une perspective érotique, et épurée, sèche, presque abstraite, narrativement parlant. Le film, à l’époque, a non seulement déconcerté mais aussi scandalisé. Le cinéaste a eu des ennuis avec la censure. En France, Le Silence a été vilipendé par François Mauriac et diffusé dans une version amputée, interdite aux moins de 18 ans.
Alolfer
Alolfer

178 abonnés 1 737 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 4 avril 2024
Le cinéma de Bergman est absolument extraordinaire ! Dans un huit clos, où le silence règne, on comprend les intentions des personnages avec une mise irréprochable ! Rarement vu un cinéaste aussi propre techniquement ! Son histoire se joue beaucoup sur l interprétation des actrices (qui sont formidables) et donc par sa mise en scène. Brillant
Charlotte28
Charlotte28

203 abonnés 2 829 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 30 mars 2024
Cotonneux, ce récit à l'atmosphère fantasmagorique avance lentement en manifestant la solitude profonde de trois êtres dont la vie semble vidée de sens. Face au cruel silence de Dieu (qui n'accorde pas son ultime voeu à la mourante) rien ne semble faire réellement barrage, l'ennui imprégnant le film - avec tant de force que nous en sommes atteints malgré l'épure élégante de la réalisation. Désabusés les personnages peinent à communiquer, ce que symbolise la barrière de cette langue fictive dont Esther méthodiquement décrypte et mémorise certains termes, à l'instar de l'apprentissage de la vie que devra mener l'enfant avec ténacité et patience. Une peinture brute du désoeuvrement et de la désillusion.
stans007
stans007

36 abonnés 1 462 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 18 juin 2022
Les relations ambigües et compliquées entre deux sœurs : ascendant de l’aînée dépressive et frigide, à pulsions homo, vs cadette dominée et culpabilisant de vouloir vivre. Difficultés voire impossibilité de communiquer, même à travers un gamin. Comme souvent avec Bergman, c’est original, bien filmé, lent et parfois ennuyeux.
In Ciné Veritas
In Ciné Veritas

108 abonnés 922 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 16 mars 2021
Ultime opus du triptyque sur « l'absence de Dieu » composé par Ingmar Bergman après A travers le miroir (1961, Reflets intimes) et Les communiants (1963, En manque de (re)pères), Le silence (1963) est sans nul doute l’un des films les plus fascinants du cinéaste suédois. C’est l’histoire d’un exil mais aussi celle d’un univers mental, abstrait par définition, qui n’est pas sans annoncer Persona réalisé trois ans plus tard, tant sur le fond que sur la forme. Critique complète sur incineveritasblog.wordpress.com/2021/03/16/le-silence/
Hotinhere

790 abonnés 5 461 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 22 décembre 2020
Deux sœurs que tout oppose et le fils de l'une d'elle se retrouvent en transit dans un hôtel. Un huit-clos sombre mais peu captivant sur l'incommunicabilité et les frustrations.
 Kurosawa

674 abonnés 1 509 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 23 février 2019
"Le Silence" apparaît comme un film de rupture pour Ingmar Bergman, décidé à être moins cérébral et plus sensoriel. Ce virage s'opère dès les premières minutes et l'ouverture dans un wagon de train où des corps fatigués se reposent. Deux femmes (on apprendra plus tard qu'elles sont sœurs) et un enfant sont présents; ce dernier sort dans le couloir, chose qu'il ne cessera de faire à l'hôtel dans lequel se déroule la majeure partie du film. Sa première "excursion" est tout à fait mentale; par-delà la vitre, des visions de chars défilent à toute vitesse, à tel point que l'image devient abstraite, pure inspiration expérimentale d'un metteur en scène qui annonce la couleur. S'il est difficile de commenter les passages énigmatiques du petit Johan dans les couloirs de l'hôtel – il rencontre une troupe de nains accueillante, un employé d'hôtel qui l'effraie –, il convient plutôt de jouer la carte de la sécurité critique en affirmant que ces apparitions dévoilent une forme d’innocence offrant un contrepoint à la relation étouffante entre deux adultes qui s'épient et se jalousent. Le caractère tumultueux du rapport existant entre Ester et Anna tient à une question corporelle, incluant le désir et la séduction : Ester étant malade, elle ne peut quitter sa chambre et doit subir des crises qui lui sont physiquement et psychologiquement insupportables; elle ne peut s’empêcher de scruter le corps souvent dénudé d'Anna qui, elle, n'hésite pas à sortir de l'hôtel pour mettre sa sensualité à l'épreuve. Après avoir vu un couple faire l'amour devant elle – on n'a pas souvenir d'un moment aussi charnel chez Bergman –, Anna s'adonne à un barman qui lui avait précédemment fait comprendre ses intentions. Il est donc plus question de corps que de parole, et pas simplement parce que le fait que les personnages se retrouvent dans un pays étranger complique le dialogue mais bien car ces deux sœurs n'ont plus rien à se dire (l'explication finale tourne d'ailleurs court). Même la présence de l'enfant ne suffit plus à amoindrir les humiliations réciproques, lui-même dépassé par une mise en scène qui, par le hors-champ, des cadres serrés et des jeux de regards fuyants, aura progressivement marqué la distance croissante et irrévocable entre les deux femmes. Film brillant et exigeant, "Le Silence" peut être vu comme un travail préparatoire au chef-d'oeuvre qui sortira trois plus tard, le déroutant "Persona".
ronny1
ronny1

55 abonnés 913 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 1 décembre 2018
Avec TYSTNADEN (Le silence) Bergman réalise pour la première fois un film sur l’incommunicabilité, mais aussi, comme dans « Un été avec Monika », un film puissamment érotique. Les dialogues réduits au minimum habillent et soulignent davantage le silence qui s’est installé entre deux sœurs, dont l’une, Ester (Ingrid Thulin), nourrit une passion saphique, incestueuse et dominatrice vis à vis de la pulpeuse Anna (Gunnel Lindblom), sa sœur cadette, indifférente à cette pulsion. Pendant que la première se saoule et se masturbe, l’autre assouvit son plaisir avec des hommes, nourrissant ainsi une jalousie désespérée. Les rares mots échangés sont des non dits, mépris et indifférence factices, avec, de la part d’Anna vis à vis de cet amour fraternel, des remords inexprimés avec la fuite comme seule issue. C’est à l’aide de mimiques et de quelques mots d’une langue inconnue qu’Ester, gravement malade et clouée sur le lit de sa chambre d’hôtel, communique avec un vieux serveur attendri. Ce huis clos irrespirable et paradoxal est filmé au travers du regard de Johan, le petit garçon d’Anna, renforçant encore un peu plus l’absurdité de ce cheminement généré dans une absence absolu du spirituel, malgré la musique de Bach. Le pays et les êtres sont en guerre et Dieu se tait. La qualité superlative de la photographie de Sven Nykvist accompagne cet art du non dit, prémonitoire quant à la communication actuelle, dont des joutes oratoires n’abordent pas les vrais problèmes de la civilisation occidentale. Bergman, tout en finesse, réalise un film d’une densité étouffante et d’une sensualité exacerbée.
Eowyn Cwper
Eowyn Cwper

163 abonnés 2 040 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 16 août 2018
Parfois, l'histoire d'un film est aussi passionnante que celle qu'il détaille. Dans le cas de Le Silence, c'est l'histoire de son visionnage qui est amusante ! Je devais le voir comme faisant partie de la thématique von Sydow puisqu'il était dans sa filmographie Wikipédia. Mais c'était une erreur. Une erreur heureuse toutefois, parce que la langue parlée dans le film, dont je n'ai su déterminer la nature (j'avais fini par opter pour le lituanien...) est une langue inventée par Bergman lui-même ! Une magnifique anecdote qui concilie encore mes passions par des voies détournées.

Pour en venir à mon avis sur le film, Bergman est décidément un bon réalisateur. L'œuvre s'appelle Le Silence, mais jamais les petits mots n'ont-ils encore été aussi bruyants chez lui ; pas besoin pourtant d'être attentif, car le film aura clairement indexé la chose importante dans le cerveau du spectateur. De détail en allusion, une image se dessine, une image alimentée par tout ce qu'on sait sans comprendre – les tanks, la langue, la maladie, certaines relations entre les personnages, la raison même de la présence d'autres... Mais fallait-il pour autant qu'il y en ait tellement, de détails et d'allusions ?

Sacrifiant sa lumière chérie à un huis clos où tout n'est pas toujours très clair, Bergman opte pour un rythme lent dont le remplissage, s'il est bien là, manque de densité. Il aurait sans doute été bénéfique de laisser plus de place aux acteurs, car Ingrid Thulin est - comme toujours ? - au sommet de ses capacités dans un rôle maladif, et Jörgen Lindström lui donne une digne réplique de douze ans d'âge.

Le film se passe dans un hôtel avec un couple, un enfant, et une exploration psychologique et évolutive de ses protagonistes. The Shining ? Si on veut... mais sans brillance.

septiemeartetdemi.com
pierrre s.

555 abonnés 3 427 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 26 avril 2018
Pour le coup, tout est dans le titre. Bergman fait du silence le personnage principal de son film. C'est intéressant au début, mais au bout d'un moment ça devient chiant...
soniadidierkmurgia

1 435 abonnés 4 337 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 17 mars 2018
Le cinéma d'Ingmar Bergman est réputé austère et parfois hermétique. Ce n'est certainement par une vision du "Silence" qu'il faut aborder l'œuvre du maitre suédois si l'on veut échapper à cette définition. Dans un pays en guerre indéfini, Ester (Ingrid Thulin) et Anna (Gunnel Lindblom) deux sœurs que tout oppose voyagent en compagnie du fils de cette dernière. La maladie d'Ester les oblige à s'arrêter dans un palace d'une ville assiégée. L'opposition entre le corps et l'esprit ainsi que l'incommunicabilité entre les êtres sont deux thèmes majeurs de l'œuvre de Bergman. Ils sont l'essence même du "Silence", le film avec lequel Bergman entre dans une certaine radicalité qui trouvera toute sa force d'expression et sa reconnaissance critique dans "Persona" trois ans plus tard. Avec son directeur de la photographie favori Sven Nykvist, Bergman filme les corps comme personne et oppose de manière brutale la sensualité d'Anna à la sécheresse d'Ester. Au milieu du dilemme insoluble qui semble régir la relation entre les deux sœurs dont Bergman ne nous dira rien de ses racines passées hormis une relation incestueuse faiblement mise en lumière par une allusion d'Ester, le jeune Johann (Jorgen Lindström) explore les couloirs de l'hôtel où il fait de curieuses rencontres aussi drolatiques (le vieux serveur, les nains forains) que peut être tragique le drame qui se joue dans la chambre où il doit naviguer entre les humeurs brutalement changeantes des deux femmes. Brutal et angoissant le film fera scandale et Bergman sera même accusé de pornographie. Il s'agit bien sûr de tout autre chose.
jean-paul K.
jean-paul K.

17 abonnés 323 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 9 mars 2017
Comme beaucoup de films de Bergman, l'introduction est longue, l'intrigue se dévoile peu à peu et le film monte en intensité. Mais cette fois la première moitié est vraiment sans intérêt et ne nous dévoile rien. Pour tout autre metteur en scène, j'aurais certainement décroché avant la fin. J'ai l'impression que ce film est surcoté car il s'agit d'un film d'Ingmar Bergmar, vu par de grands amateurs du cinéaste.
Gabith_Whyborn
Gabith_Whyborn

44 abonnés 842 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 18 février 2015
Un très beau film du génie Ingmar Bergman. C'est sobre, très bien filmé et avec deux actrices qui crèvent l'écran!
Plume231

4 406 abonnés 4 639 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 17 octobre 2014
Ingmar Bergman a souvent fait dans l'épure et dans ce domaine "Le Silence" est certainement un de ses sommets. Un scénario qui tiendrait sur trois lignes et demie, surtout peu de dialogues (c'est pas pour rien que ça s'appelle "Le Silence" !!!), peu de personnages importants, un contexte de guerre civile très vague...
En ressort un film assez intelligent sur l'incommutabilité, intelligent parce que le réalisateur place l'intrigue en terre étrangère dont les trois protagonistes ne parlent pas du tout la langue, et aussi beaucoup plus optimiste qu'il n'y paraît car il montre qu'on peut malgré certaines barrières, dont celle des langues, réussir à communiquer. D'ailleurs dans cette optique, le personnage du maître d'hôtel exubérant est très touchant...
Et pour ceux qui sont amateurs de sensualité à travers des corps suintants, ils seront très bien servis par les séquences avec Gunnel Lindblom.
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