Le Silence
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S M.
S M.

41 abonnés 557 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 10 novembre 2013
"Le silence", chef-d'oeuvre de Bergman sur la crise et l'incapacité qu'ont deux soeurs à communiquer. L'une est complètement renfermée, l'autre est carrément impudique voire délurée. Très peu de dialogues et une ambiance particulière dans ce film. Les deux actrices sont formidables.
Mathias Le Quiliec
Mathias Le Quiliec

81 abonnés 378 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 5 février 2014
Déception. Beaucoup d'attentes autour de ce film qui me paraissait le plus Bergmanien de sa filmographie au vue du synopsis. La beauté des actrices et de la mise en scène peuvent surprendre et plaire 40-45 minutes mais pas plus. Faut dire que la filmographie du suédois ne peut pas se prendre dans tout les sens, après Persona, Monika ou l'Heure du loup, il m'était difficile de passer à autre choses. Ici, si l'on veut être sévère, on reste un peu sur notre faim. Même si parfois on a parfois l'impression de regarder l'Avventura d'Antonioni ou le Ruban blanc, ce qui n'est pas rien donc. Le Silence est une expérience sensorielle étrange que seul Bergman pouvait mettre en scène. A voir par curiosité pour les fans mais à éviter pour les non-initiés à mon sens. Pour résumer, beau, intelligent mais ennuyant. Dans le même genre si vous avez le choix entre un Godard et un Bergman, prenez tout de même le Bergman, vous irez vous coucher un peu moins bête. J'irai jusqu'à dire qu'il faut avoir le talent de voir ce film et de le regarder jusqu'au bout.
Parkko
Parkko

194 abonnés 2 020 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 1 août 2013
Bergman a réalisé beaucoup de films sur l'impossibilité de communiquer entre deux personnes (avec une favorite : l'absence de communication au sein de deux personnes liées par des liens familiaux), avec notamment Sonate d'automne qui reste peut-être le plus célèbre d'entre tous. Cette thématique chez Bergman est apparue avec "Le Silence", où cette fois-ci il s'agit de deux sœurs qui ne parviennent à communiquer.
De ce que j'ai vu chez Bergman, je crois que j'ai finalement du mal avec ce pan là de cette filmographie, car si je vois bien ce qu'il veut nous montrer, cette solitude de deux personnes qui ne parviennent pas à parler l'une / l'autre et cette folle montée dramaturgique qu'il en résulte pour, au final mais cette absence de dialogues, ces visages qui se transforment en grimace quelques fois (et oui, il faut bien le reconnaitre) ne font pas qu'agacer les personnages du film mais aussi le spectateur qui, une fois qu'il a compris où voulait en venir Bergman, n'a plus qu'une chose à faire : attendre.
anonyme
Un visiteur
2,5
Publiée le 9 juin 2012
Ce film constitue une sorte de tournant dans sa filmographie dans la mesure où il délaisse ses premiers sujets fétiches, la métaphysique, le rapport de l'homme à Dieu, etc etc, ici pour se concentrer vers un seul sujet particulier, qui se retrouvera dans plusieurs de ses films suivants, en l'occurrence l'incommunicabilité.
Dans ce film assez court il y a très peu de dialogues (fait exprès bien sûr), on entend seulement à certains moment un "tic tac" semblable à celui d'une montre, prouvant l'impossibilité de contact entre les personnages. Là où c'est intelligent de la part de Bergman c'est que toutes les situations sont dans cette absurdité. Les 3 personnages font halte (à cause d'un malaise de l'un deux) dans une ville où la langue parlée leur est étrangère. Ainsi quand Anna ou le fils vont se promener et essayer d'établir un contact avec des gens de la ville, cela va toujours être un échec. Puis les 2 soeurs ne vont jamais pouvoir s'entendre, et elles vont se délaisser finalement.

Ce qui me déplaît, c'est que l'on ne comprend les raisons de leur éloignement qu'à partir de la 2nde moitié du film, alors que dès la première scène Bergman veut nous faire comprendre que ces 2 soeurs ne sont pas faites pour s'entendre... Ainsi longtemps on patauge, sans savoir où aller. Et les scènes où l'enfant se retrouve seul à errer dans l'hôtel (qui inspira Kubrick pour Shining ? ^^ ) en sont la preuve. Sans les dialogues ici Bergman se retrouve presque démuni je trouve, ça ne prend pas, et on a du mal à comprendre ses réelles intentions, car finalement le film est quasi-identique du début à la fin. Puis pour au début les personnages sont assez clichés (première fois que je vois ça chez lui) même si après ça se rétablit...

Assez moyen donc, la lenteur fait trop souvent surface, on n'est pas captivé comme on l'habitude de l'être avec lui. Première déception chez Bergman.
Régine T
Régine T

30 abonnés 88 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 10 avril 2011
Un chef d'oeuvre absolu de non dits de solitude, de chaleur étouffante, d'ennui, de désir.
En pays inconnu, dans une langue inconnu, la tension est à son comble.
Et la femme qui fait l'amour dans un cinéma avec son amant.

Le comble de l'amour.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 27 février 2010
Un film torride, la confrontation de la chair et de l'esprit.
stebbins

569 abonnés 1 747 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 12 décembre 2009
Extraordinaire ! Le Silence, c'est l'ennui dans son pouvoir de fascination le plus total. Une nouvelle fois Bergman nous plonge au coeur de l'âme humaine, accompagné de trois acteurs remarquables et du grand Sven Nykvist. Tout commence par ce terrible prologue dans le train : paysage sonore, efficacité terrassante, enfant délaissé par deux femmes dont on apprendra par la suite le lien de parenté... Et puis il y a l'hôtel, lieu du vide qui réveille l'ennui, l'angoisse et la souffrance de nos trois visages. Boîte de Pandore discrète, évocatrice. Bergman filme les tourments d'Ingrid Thulin sans la moindre complaisance, sans le moindre mépris. Elle souffre non pas au contact de sa soeur mais bel et bien à celui du présent, présent inévitablement lié au passé, présent indissociable du silence. On sent dans ce film admirable les prémices de Persona et de Cris et Chuchotements : car la parole est l'arme indispensable à l'équilibre, l'incarnation parfaite de la bienveillance d'une nourrice à l'égard de sa maîtresse. Le silence, impitoyable, n'est qu'un chaos fantomatique. Un chef d'oeuvre.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 7 mars 2009
Le cinéma de Bergman est assez particulier voire déroutant mais l'atmosphère qu'il installe est telle que l'on reste admirablement les yeux scotchés à l'écran où le cinéaste nous montre merveilleusemment la beauté des femmes et leur etrangeté sous une ambiance anormalement calme... Et "Le silence" représente parfaitement cet univers cinématographique qu'il faut au moins avoir ressenti une fois dans sa vie cinéphillique...
chrischambers86

16 210 abonnés 13 164 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 28 juin 2008
C'est l'une des oeuvres essentielles de Bergman! Pour le dernier volet de sa trilogie "films en chambre", après "A travers le miroir" et "Les Communiants", le cinèaste suèdois rèunit Ingrid Thulin et Gunnel Lindblom, ses actrices fètiches du dèbut des annèes 60! Dans ce huis-clos oppressant, il limite les dialogues au minimum et filme l'ètat de crise de deux soeurs, l'une renfermèe, l'autre impudique et sensuelle! Deux femmes face au silence de dieu entre rivalitès et dèchirements ou seuls, la haine et le mépris, règnent désormais dans un silence assourdissant dont les objets tiennent ici une place particulière! Tournè en noir et blanc, où les visages retrouvent leur èclat sous l’ombre et la lumière, ce classique important qui se voudrait muet, traduit parfaitement l'impossibilitè de communiquer cher à un certain Antonioni...
Yasujirô Rilke
Yasujirô Rilke

273 abonnés 1 059 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 1 mai 2010
De la question du rôle de la parole dans la communication, Ingmar Bergman réalise «Tystnaden» (Suède, 1963). Deux sœurs, accompagnées du fils de l’une, regagnent leur foyer et font une halte dans un pays étranger dont elles ignorent l’idiome. De l’arrivée en train, Bergman expose la situation en plongeant ses protagonistes dans un noir et blanc charbonneux qui trace les lignes des visages et figurent les saillies de l’âme. A l’accoutumé du cinéma de Bergman, les figures sont les expressions des âmes, le regard en état la voix suprême. Ainsi le film s’articule non plus autour d’une communication parlée, la langue n’étant qu’un frein aux échanges universels, mais autour d’une communication "visagé", ressentis. C’est de ce décalage entre le portrait des actrices et leurs paroles que se nourrit le conflit. Suite à leur voyage en train, les trois protagonistes principaux domicilient dans un hôtel. Là se met en place l’ennui et l’angoisse de leur confidentialité, les crampes de leur rapport et les artifices de leurs paroles. Le peu de texte dont privilégie le film sert à souligner la contingence du discours oral, la parole étant réduite au fardage caduc du silence. Tout n’est que silence dans ce film de Bergman, créant, par surcroît à l’esthétique, un film muet où les gestes sont les mots du discours. «Tystnaden» illustre également les rudesses du couple. Ici couple fraternel, leur déchirement n’en est que plus passionnel, car simultanément que l’une blesse sa soeur, elle se blesse elle-même. Tandis qu’Ester, malade, ivrogne et intellectuelle souffre d’une frustration sexuelle, Anna, mère de l’enfant, use de ses charmes pour assouvir ses désirs. Bergman souligne ainsi l’opposition du désir accomplis au désir inassouvi. Et la morale divine n’est pas là pour sauver les personnages, les délaissant à une conclusion immorale. «Tystnaden» est l’explosion lancinante d’un conflit familial où l’enfant est le témoin innocent, constatant objectivement l’œuvre du Dieu mort.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 12 décembre 2006
Ah ce Silence, qui a tout de même fait assez parlé de lui en 1963. Ici, le Silence est pesant, angoissant, terrible. Le Silence de Dieu. Dans un pays touchée par une guerre étrange, deux femmes et un enfant. Deux sœurs. Elles ne comprennent pas le langage de la population. Dans cet étrange hôtel Ester (Ingrid Thulin) souffre physiquement et mentalement. Elle s’adonne à la boisson, au tabac, au plaisir solitaire seule et désespérée dans sa chambre. Anna (Gunnel Lindblom) sort, couche avec des inconnus rencontrés dans les bars. Elle assiste à l’agonie de sa sœur passivement, silencieusement. L’enfant rencontre quelques personnages inquiétants comme une troupe de nains avec laquelle il joue à la guerre. Une œuvre très pessimiste, grave, sur l’incommunication, la jalousie, la mort, la guerre, les fantasmes refoulés, la solitude.. On a parlé de lesbianisme incestueux, sans doute abusivement. On a parlé de trilogie affirmant que « le Silence » clôturait la série déjà entamée par « À travers le miroir » et « les Communiants » pour former un tout, la trilogie des « films de chambre ». Cela fut démenti par Bergman, qui a avoué dans les années 1990, ne jamais avoir désiré regrouper ainsi ces trois films. Mais qu’importe car s’il n’est peut-être pas le meilleur de Bergman, le Silence est une œuvre essentielle. Trois étoiles bien méritées. Trois étoiles bien noires pour ce silence du desespoir.
VodkaMartini
VodkaMartini

65 abonnés 410 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 29 septembre 2006
Dernière partie d'une trilogie commencée avec "A travers le Mirroir", qui fut suivi du magistral "Les Communiants", "Le Silence" montre Bergman au sommet de sa maîtrise artistique et probablement au point le plus radical narrativement. Empruntant des éléments divers, aussi bien artistiques (référence à Velasquez entre autres) qu'allégoriques, oniriques, parfois surréalistes ( la période "Cris et Chuchotements" verra le maître revenir vers un réalisme plus épuré), la trame du récit se tisse visuellement avant tout. Oppressant et d'une exigeance quasi-insoutenable pour le spectateur, "Le Silence" pave la route pour les chefs d'oeuvre à venir que seront "La Honte" et "Persona".
Anaxagore
Anaxagore

150 abonnés 135 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 29 septembre 2006
L'homme souffre et Dieu se tait! Le silence! De la même manière que, selon Luther, le Père a abandonné son Fils sur la Croix (cfr «Les communiants»), Dieu abandonne sa créature à son autonomie et aux affres résultant des limites de sa condition propre. «Le silence» (1963) de Bergman, troisième volet de la fabuleuse trilogie de chambre, évoque ainsi la déréliction de l'être humain en la personne de deux femmes et d'un enfant qui, voyageant, se réfugient dans les chambres d'un hôtel d'un pays en guerre. Et le réalisateur suggère alors les haines, les souffrances physiques, les névroses, les rancoeurs et les désarrois d'Ester (merveilleuse Ingrid Thulin!) et d'Anna (Gunnel Lindblom) qui s'entre-déchirent sous le regard de l'enfant, lequel cherche à se réfugier dans les couloirs de l'hôtel prenant les allures fantastiques d'un cocon onirique. On a rarement été aussi loin dans la suggestion du non-sens, du désespoir et de l'oppression étouffante, dont la chaleur qui accable les personnages du film est la brillante métaphore. On ressort d'un tel spectacle à la fois éreinté, tant Bergman parvient à nous faire ressentir physiquement l'accablement de ses héroïnes, et émerveillé par la splendeur de la réalisation cinématographique. Les images, souvent à la lisière du fantastique, sont à la fois surprenantes et superbes et la seule musique, qui évoque ponctuellement comme une manière de paradis perdu étrangement apaisé, est bien sûr de Bach. Encore un chef-d'oeuvre absolu de maître Ingmar! On ne les compte plus...
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