La maison et le monde. Comment une femme s'ouvre au monde, le découvre et se découvre. Satyajit Ray a un grand talent de nous faire ressentir la tension des êtres avec, d'une part, la tradition et, d'une autre, la modernité. L'individu, en occurence la femme, est toujours au milieu et au centre de l'oeuvre de Ray. Au fait, elle se deplace de la marge vers le centre, par un travail de sublimation de la mise en scène (ici comme dans "La déesse", par exemple). La femme porte la camera, le regard, le désir: en elle et envers elle. Mais, comme dans le superbe "La maison et le monde", la femme accède non seulement à une connaissance instinctive, mais aussi à une connaissance qu'on peut nommer spirituelle, à la compréhension de l'autre, à l'amour. Le film est, finalement, une ode à l'amour conjugal et, pourtant, d'un subtil déséquilibre, toujours dans un point qui peut basculer dans les tréfonds. Mais S.Ray aime la vie, la femme, l'homme: nous serons toujours sauvés, par son art.