Butterfly est un film complètement tombé dans l’oubli de nos jours. Adapté d’une nouvelle ou d’un roman, il surprend d’abord par son casting où se croise Stacy Keach, Pia Zadora et Orson Welles ! Globalement les acteurs sont plutôt bons, même si Pia Zadora n’a pas beaucoup d’expressivité et aborde parfois son personnage avec un côté un peu trop léger, dans un ton vaguement comique qui détonne avec l’esprit du film, très sombre. Keach en revanche est très convaincant et Welles, même s’il décolle pas de sa chaise, était tout trouvé pour son rôle de juge. Globalement l’interprétation est assez bonne donc, dans un film à l’ambiance western décrépi réussie. C’est le désert, l’Amérique morne, très pieuse, c’est moche et triste. Après faut reconnaître que la mise en scène est parfois assez languissante et que la bande son, pourtant signée Ennio Morricone, manque singulièrement de présence et de verve. Dommage que ça ne suive pas les images.
Pour le reste, il faut admettre que Butterfly est à la peine à cause de son scénario. Le film est lent, offre très peu de rebondissements, et comme souvent avec les films à final à suspense, il est tout tourné vers le moment du dénouement en oubliant un peu trop de meubler tout ce qu’il y a avant. Par ailleurs il fait preuve d’une certaine pruderie assez regrettable, car tourné autrement, le film aurait vraiment pu amener un sentiment de culpabilité ou de doute beaucoup plus fort chez son personnage principal pour augmenter la tension dramatique. Le film est donc particulièrement planplan en dépit de son sujet sulfureux et recourt même à des concepts assez éculés pour avancer qui, à mon sens manquent de crédibilité (on notera d’ailleurs le caractère assez improbable de cette mine très convoitée, genre comme si dans la vraie vie on trouvait des pépites avec son piolet).
Bref, Butterfly est un film séduisant sur le papier, mais d’une exécution mollassonne que son ambiance western intéressante et la solide prestation de Stacy Keach ne suffiront pas vraiment à rendre emballant au spectateur d’aujourd’hui. C’est une sorte de drame rural à la proposition ambitieuse mais en définitive assez monotone qu’il aurait fallu rendre beaucoup plus âpre, rugueux, à la manière d’un Reflecting Skin. 2