Le chef d'oeuvre absolu de Steven Spielberg. Son film le plus personnel aussi. Il retrace l'histoire (vraie) d'Oskar Schindler, un industriel allemand ayant profité de la seconde guerre mondiale, pour créer son entreprise et engranger des sommes astronomiques. Mais parallèlement, c'est également la prise de conscience d'un homme, qui assiste à l'élaboration de la "solution finale", et qui décide de sauver le maximum de juifs possible. Alors que la guerre continue à ravager le monde, Schindler décide de se détourner de son propre "parti", afin de racheter son ignorance et son égoïsme. C'est donc autant un film historique qu'un drame intimiste que filme Spielberg. Rarement un film sur la seconde guerre mondiale aura abordé si frontalement la Shoah. Et rarement un film nous aura saisit à la gorge aussi durement. Même si bien évidemment, le destin de Schindler a été quelque peu romancé, Spielberg choisit pourtant de le montrer dans toute sa complexité. Homme à femmes égoïste, aussi artificiel que beau parleur, son héros est presque une machine, ayant la fortune comme seul objectif. Mais une machine qui se découvre l'existence d'une âme. Et Schindler n'est pas le seul à symboliser l'humanité naissante. Aussi étrange que celui puisse paraître, c'est également par le biais du colonel nazi Amon Göth que l'on discerne la lumière derrière l'obscurité. Ce dernier, psychopathe froid et terrifiant, laisse pourtant apparaître une vraie compassion pour sa servante juive. Spielberg parvient parfaitement à saisir toutes les ambigüités de ces deux personnages, sans tomber dans la démonstration. Le film a beau durer plus de 3h, on est hypnotisé du début à la fin. La réalisation parfaite y est pour beaucoup. Aucune scène n'a été laissée au hasard. Tout comme la direction d'acteur. Liam Neeson tient ici le rôle de sa vie, et nous emballe. Il trône sur ce film, avec toute son élégance. Par son seul regard, il réussit à traduire toute une gamme d'émotions. C'est ce qu'on appelle une performance. Dans un rôle Goth, Ralph Fiennes est aussi saisissant. Mais d'une cruauté si humaine. La reconstitution de cette période a été savamment reproduite, l'utilisation du noir et blanc et des couleurs aussi. La musique de John Williams est, une nouvelle fois, inoubliable. Rarement Spielberg aura à ce point atteint ce degré de perfection dans tous les domaines.