Le Genou de Claire
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anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 9 février 2012
Toujours cette grande fraicheur à la Rohmer. L'ensemble est très beau et très bien écris.
groil-groil
groil-groil

105 abonnés 186 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 29 septembre 2006
Les " Six contes moraux " d'Eric Rohmer sortent en dvd pour le bonheur de chaque cinéphile. " Le Genou de Claire ", cinquième conte datant de 1970, est un émerveillement en tous points.
Présenté sous la forme d'un journal intime, cette chronique douce et éphémère d'un mois de juillet narre le quotidien de quelques vacanciers en villégiature au bord du lac d'Annecy.
Jérôme (Jean-Claude Brialy) va se marier dans un mois et s'amuse, à la demande d'une amie romancière toujours à l'affût d'un nouveau sujet, à séduire une jeune adolescente. Il s'en sort bien, avec le recul nécessaire et sans se mouiller, jusqu'au jour où apparaît Claire, la demi-soeur de sa proie qui le fera se prendre à son propre jeu. La tentation est grande, l'émoi de plus en plus présent, et Jérôme va cristalliser son désir sur le genou de Claire, sur lequel il mettra un point d'honneur à poser sa main...
Autour de ce marivaudage d'apparence légère, Rohmer parvient à construire un film extraordinaire, d'une beauté pure et inaltérable. Il sait comme personne filmer ses personnages à la manière d'un naturaliste, dans une approche quasi documentaire, tout en leur faisant jouer des textes écrits à la virgule près, d'une grande valeur littéraire. Et ces points, semblants antagonistes, fonctionnent pourtant magnifiquement ensemble, créant un style inédit, la " rohmer's touch ".
Le chef-d'oeuvre est accompagné sur le dvd de " La Cambrure ", court-métrage anecdotique de 1999.
EricDebarnot
EricDebarnot

239 abonnés 1 262 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 9 octobre 2017
Peinture incroyablement touchante d'un été lumineux au bord du Lac d'Annecy, et de la ridicule mais émouvante complexité de jeux amoureux précieux et puérils, "le Genou de Claire" est le cinquième "Conte Moral", et est généralement considéré comme l'un des tous meilleurs Rohmer. D'abord parce qu'il célébrait magnifiquement cet "esprit français" hérité du XVIIIe siècle, ce dialogue libre entre les hommes et les femmes, l'amour et l'amitié : vu de 2017, il est d'ailleurs frappant combien on était, en ce début des années 70, loin du politiquement correct qui sévit de nos jours, les objets de désir du personnage principal, joué par un Jean-Claude Brialy déjà mûr, qui trouvait là sans doute son meilleur rôle, n'étant pas "majeures" ! Ensuite, ce qui est littéralement magique ici, c'est la manière dont Rohmer questionne le désir masculin, la soif de posséder l'autre, à travers l'irruption à la moitié du film (quel culot...!) du "petit cinéma" d'une minette (la fameuse Claire) au milieu du "petit théâtre" des marivaudages et des babillages habituels à son cinéma. Sur le thème du temps qui passe, et non sans quelques détours par la littérature qui semblent tout justifier, tout expliquer, voici une une toute petite histoire grâce à laquelle Rohmer nous fait encore et toujours rêver de l'infinie sensualité des meilleurs moments de la vie.

PS : Notons aussi combien la toute jeune Béatrice Romand enchante ici, et combien un adolescent blond nommé Fabrice Luchini séduit déjà avec un phrasé et une sensibilité exemplaires. Deux autres excellentes raisons de se laisser aller au plaisir inusable du "Genou de Claire" !
andika
andika

115 abonnés 323 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 2 avril 2019
Le Genou de Claire est le premier film de Rohmer dont j'ai entendu parler mais c'est le quatrième que je vois. Encore un été ensoleillé, mais cette fois-ci, le personnage principal est Jérôme, interprété par Jean-Claude Brialy, 35 ans, diplomate. Il cherche à vendre sa maison familiale dont il a hérité près d'Annecy, sachant qu'il a de grandes chances d'aller vivre à l'étranger avec sa fiancée qu'il doit prochainement épouser.

Par un hasard tout à fait rohmérien, il rencontre une vielle connaissance, Aurora, qui va un peu troubler ses plans. Elle est écrivaine et loge chez une amie qui a une fille, Laura. Et cette dernière semble ne pas être indifférente au charme de Jérôme.

Que faire alors ? Explorer, assouvir sa curiosité plus que son désir. Et s'enfermer dans les sempiternels débats en le faisant. Qu'est- ce que l'amour ? Ne vaut-il pas mieux rester seul comme le clame Aurora: "La solitude est le plus grand plaisir de ma vie actuelle et tu dis qu’il faut  vivre selon son plaisir." Mais le plus intéressant, ce sont les échanges entre Laura et Jérôme. Lui, homme de 35 ans, elle jeune adolescente mais qui montre un recul étonnant et une précocité habituelle chez Rohmer. "Au fond, je ne suis pas contente d’être amoureuse. Je tape des pieds, je ne m’intéresse à rien. Je le vis plus, ce n’est pas drôle du tout." En effet, pourquoi se mettre dans ces états ?

Mais tous ces débats volent en éclat lorsque Jérôme voit Claire. Toute son attention se concentre sur son genou qu'il trouve parfait. Où lorsque tout le désir, toute l'obsession, toute la concupiscence se réduit telle une métonymie sur le petit genou d'une adolescente. Ce petit désir coupable mais en même temps tellement innocent, comment le gérer. Par le faux accident dans un geste rohmerien provoqué par Aurora ? Ou par une compassion forcée qui permet de l'assouvir ce désir. Comme le dit Jérôme, "Une caresse doit être consentie." Et lorsque le désir est ardent, il ne faut pas le perdre de vue. Mais obtenir ce consentement n'est pas une chose aisée, cela requiert une certaine habileté. Et c'est tout le jeu de l'amour, de la romance, de l'été. Il faut parfois être prudent, surtout avec de si jeunes filles, qui sont telles les nymphettes décrites par Nabokov dans Lolita. Mais parfois, il faut prendre des risques, et un peu forcer le destin. Et pourtant, à quoi servent tous ces débats alors que Jérôme avoue lui même la chose suivante: "Tous mes succès me sont venus par surprise. Le désir a suivi la possession."

Hormis ces débats, ces dialogues, ce petit côté sulfureux, le Genou de Claire, c'est avant tout la naissance d'un désir irrationnel, d'une passion qui ne demande qu'à être satisfaite. La photographie du côté d'Annecy est merveilleuse, ainsi, certains plans sont de véritables enchantement, lorsque par exemple on vogue sur l'eau sur le lac. Le Genou de Claire provoque une émotion fugace, c'est en cela qu'il est précieux.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 12 juin 2007
un grand film dialogué à merveille et interprété magistralement par brialy. que du plaisir!
Moorhuhn
Moorhuhn

167 abonnés 579 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 14 février 2012
Mon premier Rohmer et j'en ai une drôle d'impression. Plusieurs aspects du film m'ont plutôt agacé mais en fin de compte j'en suis ressorti plutôt satisfait, j'ai relativement apprécié ce long-métrage malgré tout.
Sur un plan technique j'ai apprécié la sobriété de Rohmer, il n'en fait pas des tonnes, aucune effet de style, pas de musiques si je ne m'abuse, c'est calme, on se laisse balader, il y a des prises de vue sympathiques et il excelle dans les (rares) non-dits. Par contre c'est très bavard sans que ça n'ait forcément lieu d'être... Je m'explique, je trouve que les passages où Rohmer capte les émotions, les regards, les expressions beaucoup plus éloquents que la majorité des dialogues. D'ailleurs je ne suis vraiment pas fan de cette manière de déclamer un texte. les dialogues sont très bien écrits mais je les trouvais inappropriés, ça m'énervait un peu de voir une jeune ado s'exprimer comme Marguerite Duras. Je suis conscient que c'est un choix de la part du cinéaste mais ça ne m'emballe absolument pas. Ca embourbe le film dans un côté vieillot un peu déplaisant, c'est dommage car ça va à l'encontre de ce sentiment de fraîcheur que j'ai pu ressentir d'un côté. Ce film est léger, bien construit. Le fait que l'histoire soit découpée de manière chronologique m'a plutôt plu, c’est ultra linéaire mais ua moins on se repère facilement dans le temps.
Mais certains choix me laissent songeur. Le côté très théâtral du jeu des acteurs et l'aspect très littéraire des dialogues m'a refroidi. Mais Brialy est génial dans le film, j'aime sa présence, sa voix, son visage. Une très bonne performance qui, je dois l'avouer, a maintenu mon intérêt en partie. Après je m'attendais peut-être à moins sage car en effet le film est très sage, très pudique et j'aurais préféré plus de tension sexuelle avec un sujet pareil. Mais bon on fait avec ce qu'on a! Mon premier Rohmer ne m'a pas chamboulé mais j'en garde une impression assez positive, j'en verrais d'autres c'est certain et je n'exclus pas de revoir celui-là par la suite car même si les défauts sont là, il a un capital sympathie non négligeable.
GabbaGabbaHey
GabbaGabbaHey

241 abonnés 1 583 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 22 août 2011
Un tres tres bon Eric Rohmer. Même l'un de ses meilleurs... Film sans réelle intrigue, sans réelle histoire, seulement des personnages, d'un naturel touchant et d'une profonde sincérité (naturellement, c'est ca le cinéma de Rohmer). Un film d'une grande pureté, transmettant admirablement de nombreuses émotions diverses. "Le Genou De Claire" est un film sublime, tres tres émouvant.
titusdu59
titusdu59

85 abonnés 696 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 22 août 2011
Que dire? Ou plutôt que reprocher? Rohmer est décidément un artiste, et par n'importe lequel! Car tout dans ce film, et comme tous les autres à vrai dire, est significatif de son cinéma, mais là c'est vraiment l'osmose parfaite ou presque. Entre les dialogues à la fois personnels, intimes et pertinents, ces amourettes ambiguës et aussi vaines que sincères, ces personnages tous plus réels les uns que les autres (et formidablement interprétés, grande performance de Jean-Claude Brialy notamment), cette ambiance légère, fraiche, et ces décors naturels qui ne font que magnifier l'ensemble, on ne peut être que touché par la grâce de ce "Genou de Claire". Assurément un grand film.
Matthias T.
Matthias T.

52 abonnés 612 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 décembre 2016
Comme les cinq autres Contes Moraux Rohmériens (1962-1972), Le Genou de Claire, Prix Louis-Delluc en 1971, peut être synthétiquement résumé par la phrase suivante: "Un homme, lié à une première femme, en rencontre une seconde qui accapare son attention jusqu'à ce qu'il revienne vers la première".

Ici, l'homme c'est Jérôme, attaché culturel de trente-cinq ans. Il s'apprête à se marier avec Lucinde, qu'il connaît depuis huit ans, et, ainsi, à se fixer. Mais, à ce moment-là, alors qu'il passe des vacances aux alentours du lac d'Annecy, il se sent, irrépressiblement, attiré par le genou de la jeune Claire, la fille de Mme W.; une attirance qui confine d'ailleurs à l'obsession. Pourquoi cette attirance, tout à coup? Il ne saurait le dire lui-même. En tout cas cette attirance met momentanément sa vie sentimentale en suspens; jusqu'à ce que Jérôme reprenne ses esprits et son bateau, (re)fasse ses bagages et parte pour, en tout cas c'est ce qu'il affirme, se marier avec cette femme, Lucinde, dont on ne voit que la photo au début du film, qu'il présente à Laura, en lui demandant: "Tu ne trouves pas que nous sommes un couple bien assorti?".
À ce schéma narratif simple s'ajoute la présence d'Aurora, romancière roumaine, qui utilise Jérôme comme "cobaye", s'imaginant les dévergondages amoureux de Jérôme matière à roman. Ainsi Le Genou de Claire joue continuellement sur l'ambiguïté concernant le libre-arbitre ou non de Jérôme: ses "aventures" amoureuses avec Laura et Claire sont-elles l'oeuvre d'Aurora, ou sont-elles l'expression du désir propre de l'attaché culturel trentenaire?

Le film collectionne de cette façon les paradoxes (de la même façon qu'Haydée collectionne les hommes dans La Collectionneuse, autre Conte Moral de Rohmer, 1967), la plupart dignes objets de fascination.
Par exemple, malgré le côté forcé de certains dialogues trop écrits - notamment dans la bouche d'une Béatrice Romand qui se contente de les réciter avec une nonchalance d'écolière un peu agaçante à plusieurs reprises - le film dégage une surprenante impression de naturel. Même si ceux que les personnages disent est souvent tourné de manière sophistiquée, on a constamment l'impression de les prendre sur le vif - assis sur des chaises longues près du lac d'Annecy, en balade dans la montagne, pendant une partie de tennis ou de volley-ball.
A la fois artificiel par son dialogue très écrit et débordant de naturel par la simplicité déconcertante de ses situations (Gilles et Claire, sur une échelle, cueillent des cerises tout en s'échangeant un baiser), dans un style autant fabriqué qu'authentique, documentaire que "cinématographique"; le cinéma de Rohmer, à l'aune du Genou de Claire, se dérobe définitivement à tout adjectif réducteur pour se déplier en toute liberté, et se révéler une surprise de chaque instant pour un spectateur conquis du moment qu'il veuille bien céder au charme rohmérien.

Mais, tout en étant très bien représentatif du "style Rohmer", ce cinquième des six Contes Moraux vaut également pour lui-même et ses qualités propres. Remarquons dans ce sens qu'il est très beau sur le plan visuel - l'image de Jérôme, barbe et cheveux noirs, une chemise blanche en guise de haut, une écharpe bleue enroulée autour des épaules, un chapeau de paille sur la tête, rapprochant, extasié, son index du pied d'une Claire installée sur une échelle pour cueillir des cerises, est par exemple tout à fait mythique. Certaines images du film, superbement cadrées par Nestor Almendros, s'imposent à nos yeux avec une évidence nuancée de simplicité, estivales, lumineuses, magnifiques dans leur dépouillement minimaliste, leur agencement des couleurs qui paraît ne pas en être un, qui paraît être simple hasard.
Mephiless s.
Mephiless s.

72 abonnés 697 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 16 mai 2015
Le prestigieux prix Louis-Delluc est totalement mérité pour ce 5ème épisode des contes moraux! Jean-Claude Brialy en barbu est touchant et naturel, dans un cadre magnifique, bien appuyé par la photographie. Une fois de plus les dialogues sont très bien écrits, ils font bien l'analyse des sentiments de chaque personnage (chacun très bien travaillé)! Un très beau film et une belle histoire!
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 24 février 2014
Pure poésie ! Une merveille. De loin, un de mes Rohmer préférés.
Julien D

1 338 abonnés 3 461 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 4 août 2014
La réputation qu’a acquise Le genou de Claire en tant que film majeur d’Eric Rohmer est méritée car le réalisateur y utilise à la perfection tous les éléments qui font son cinéma. C’est en effet à la qualité - trop travaillée pour être réaliste- des dialogues, le jeu excessivement théâtral des acteurs, le minimalisme de la mise en scène -qui ne passe que par de souples mouvements de caméra- et le découpage qui va droit à l’essentiel qui font que l’on reconnait immédiatement le style si particulier du réalisateur. Le scénario également est caractéristique de Rohmer puisque les jeux amoureux auxquels se livre Jérôme renvoient directement à la littérature du 18ème siècle qu’il apprécie tant, et en particulier à l’esprit libertin de certaines œuvres telles que Les liaisons dangereuses. Le personnage auquel Jean-Claude Brialy prête ses trais (et ici surtout sa voix) est l’incarnation du séducteur qui aime à théoriser ses aventures amoureuses. Mais ce sont surtout les relations, qu’elles soient sincères ou non, qu’il entretient vis-à-vis des trois femmes avec lesquels il partage ses vacances au bord du lac d’Annecy, un cadre paradisiaque magnifiquement sublimé par la photographie, qui font de ce conte moral un film, que le peu d’intrigue n’aide pourtant pas à rendre captivant, un beau moment de cinéma.
BlindTheseus

347 abonnés 2 566 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 21 mars 2008
S'il s'agit là d'une sorte de jeu qu'organise Brialy avec sa femme, nous nous retrouvons "soufflés" par ce dénouement un peu facile, et cette galerie de bourgeois ayant un point de vue élégant & convenu sur tout est de toute façon très peu surprenante : De quoi préférer Russ Meyer !..
Louis Morel
Louis Morel

61 abonnés 850 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 10 octobre 2013
Du pur Rohmer: poésie et scénario brillant son au rendez vous, avec en prime un casting en or massif.
Henrick H.
Henrick H.

4 abonnés 119 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 6 septembre 2014
Dans le cadre magnifique des Alpes et du Lac d'Annecy, de riches oisifs dissertent sur l'amour, l'engagement et la liberté. On y sent le souffle post-soixante-huitard de l'ode à la liberté au sein du couple. Même si l'ensemble est prude, un certain érotisme latent se dégage en se focalisant sur ce fameux genou (à priori, pas la zone la plus érogène). La beauté de la jeune Claire y contribuant pour beaucoup, également. Malgré la très bonne interprétation de Jean-Claude Brialy, l'ensemble pâtit de l'amateurisme des autres comédiens qui semblent réciter leurs textes tels des écoliers venant d'apprendre leur poésie. D'autre part, il m'aurait semblé plus intéressant d'aborder la même thématique avec des personnages moins nantis car cela affadit le propos (en gros, ils n'ont que ces futiles préoccupations dans l'existence).
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