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Un visiteur
4,0
Publiée le 29 juillet 2010
John Carpenter nous le prouve sur ce coup-là, pas besoin de tonnes d'hémoglobine, pour arriver à faire peur. Avec un suspens terrible et une réalisation extrêmement efficace, Halloween, La nuit des masques acquiert le statut de film d'horreur culte. Et pour très longtemps encore...
Quel chef d'oeuvre absolu que ce Halloween qui posa les jalons du Slasher (même si Black Christmas était la avant). Une mise en scène grandiose et un sens de l'angoisse omniprésent font de ce troisième film de Carpenter un monument du cinéma. La musique composée par Carpenter également restera pour toujours gravé dans nos mémoires à chaque 31 octobre.
Hormis le nouvel an celtique, ce que constitue le 31 octobre s’ancre dorénavant dans une culture populaire qu’il est important de reconsidérer. Si cette date s’illustre par la cohabitation entre le monde des morts et le royaume des vivants, le temps d’une nuit, c’est avant tout pour rendre hommage aux défunts afin de garder un contact solennel avec les souvenirs qui nous précèdent. Or, John Carpenter prend le parti d’exploiter cette culture à des fins plus emblématique dans le 7ème Art. La figure de cette entité émanant d’outre-tombe est retrouvée en la personne d’un tueur. Il s’agit ni plus ni moins d’un corps dépourvu d’humanité, que l’on parvient à retranscrire le mal à l’état pur qui se répand comme la peste.
Très proche de « Psychose » dans l’énergie qu’il dégage, le film de Carpenter emprunte néanmoins une démarche plus conventionnelle, au sens cinématographique du terme. Il cherche avant tout à nous insuffler de la peur et le sentiment d’insécurité que l’on retrouve en la caméra, qui se place essentiellement sur le point de vue de Michael Myers, le croque-mitaine d’Haddonfield. Les personnages que l’on suit en permanence constituent donc des cibles et le récit nous entraîne inévitablement dans un bain de terreur. Ce subtil stratagème, pourtant très simple d’utilisation, nous invite à prendre les distances vis-à-vis du tueur, car bien que ce soit lui qui commette les crimes atroces, nous pourrions presque avoir l’impression de faire partie du spectacle sanglant. Cela fait également écho aux quartiers de banlieue dans l'Illinois, où d’autres États, en insistant en permanence sur le jeu du regard et de la perspective. Les voisins s’épient entre eux, avec une indifférence glaçante. Dans le cas de ce récit, la vision de Michael est plus agressive, car on en vient à isoler et à enfermer les cibles dans un cadre qui ne leur laissera aucun répit.
Sa démarche, lente et furtive, nous saisit d’autant plus qu’il compose magnifiquement les plans les plus marquants. Une apparition n’est pas synonyme de rage. Il existe une finesse dans chaque agression, aussi bien dans le fond que dans la forme. Les vices, notamment liés à la drogue, l’alcool et le sexe sont prohibés dans un contexte plus global sur des terres en pleine déchirure. Ces valeurs sont ainsi visées, car elles entrent en collision avec l’incarnation du mal même, la cohabitation n’est donc pas possible et l’un des deux prend inévitablement le dessus. Dans le cas de Laurie Strode, campée par une Jamie Lee Curtis authentique et iconique pour ses cris, elle défend toute l’innocence liée à l’enfance, chose qui a grandement conditionné le mal en puissance chez Michael à son jeune âge. Si le destin des deux personnages est incertain jusqu’aux derniers instants, il reste néanmoins la libre interprétation d’une expérience fantastique ou non.
Carpenter a bien su mener son jeu, en réalisant un « Halloween, La Nuit des Masques » qui dépasse largement les attentes du public. Son œuvre travers encore les générations afin de forger cette culture de la peur, souvent banalisée, mais qui aura eu l’impact qu’il fallait afin de donner un sens et un tremplin dans le cinéma d’épouvante-horreur, voire fantastique. Le personnage de Myers, où le diable habite une enveloppe humaine, observe toujours ses proies avec un regard si imposant, mais avec une telle stabilité que le spectateur en est déconcerté et il doute de la véritable identité de ce fantôme d’une nuit. Lutter contre cette entité revient à s’opposer à la fatalité, s’opposer à la mort qui nous est inévitable d’une certaine manière. Et c’est là tout l’enjeu d’une intrigue qui ne perd pas de temps à poser les questions. On ressent et on agit, la peur se développer d’elle-même. Retenons donc que peu de chose, dans ce discours qui essence avant tout les prouesses de mise en scène, avant de penser aux analogies qui en découlent. Référence intemporelle et indiscutable, le premier succès du réalisateur aura posé de nombreuses bases et en aura consolidé d’autres pour des massacres encore plus vicieux.
Tournant majeur du cinéma d'horreur, « Halloween » de John Carpenter est surtout un grand film sur le Mal. Le cinéaste développe un récit en deux parties : une de jour, durant laquelle Myers repère ses victimes, puis celle de nuit où ce dernier passe à l'action. C'est donc par le biais de ce procédé, d'une simplicité alarmante, que la force de la mise en scène va pouvoir se déployer pleinement.
« Halloween » se pose donc comme une œuvre du point de vue, et ce dès l'introduction : une scène de meurtre à la première personne, aussi virtuose que cathartique dans un premier temps, puis glaçante une fois l'identité du tueur révélée. Carpenter se jouera ainsi continuellement de nos attentes et de ce qu'il nous montre, pour mieux nous terrifier de ce qu'il nous cache, à commencer par le visage de Myers, toujours hors du cadre et qui, au moment tant attendu, se révélera être un masque absent de toute humanité ou émotion.
C'est grâce à cette volonté d'abstraction, que Carpenter fait de « Halloween » une réflexion sur le Mal, son tueur mutique ne semblant jamais pouvoir être stoppé et étant totalement ôté de son humanité (le docteur Loomis faisant même référence à ce dernier en tant que «It » ) inscrivant ainsi le long-métrage dans une ambition conceptuelle vertigineuse.
Toutefois, si il est capital de souligner la force thématique de « Halloween », il ne faut en aucun cas sous-estimé son axe horrifique.
Ainsi, Carpenter fera du cadre l'élément principal de la tension, préférant jouer sur la longueur des scènes, pour mieux nous faire appréhender, l'apparition du tueur bien évidemment, mais plus pernicieusement, le lieu de son surgissement. C'est donc une parfaite maîtrise de la profondeur de champs et du cadre, qui permettent à Carpenter de rendre ses scènes si terrifiantes, n'oubliant jamais de faire apparaître et disparaître Myers, sans que ce dernier n'est fait la moindre action, afin qu'il tétanise autant par sa présence que par son absence. « Halloween » est donc une œuvre fondamentale, aussi bien pour la force de sa réflexion que par sa virtuosité formelle. Ces deux éléments gardant le spectateur en alerte, faisant de chaque encadrement de porte une source de terreur.
En inventant le "slasher-movie", Carpenter allait, malgré lui on l'espére, être la source d'un nombre incroyable de navets putrides, le slasher ayant l'inconvénient d'être, en raison du coté formulaique et de "l'inessentialité" du scénario, l'objet d'une infinité de suites d'un intérêt décroissant, sorte de cinéma tendant vers le zéro absolu sans jamais l'atteindre. Pourtant "Halloween" est intéressant en cela que Carpenter crée une réelle tension en adoptant la vision du tueur, tueur dont on ne sait finalement rien, être abstrait, allégorie des pulsions homicides, sans visage, ni paroles. En fait, Michael Myers n'existe pas mais il est toujours là.
Bien que moins effrayant selon les standards modernes, « Halloween » se distingue par son ambiance et son suspense plutôt que par le gore. John Carpenter a réussi à créer une atmosphère de tension grâce à une musique emblématique et une utilisation habile des ombres. Jamie Lee Curtis, dans son rôle de Laurie Strode, livre une performance solide, rendant son personnage attachant. Donald Pleasence, en tant que Dr Loomis, ajoute une profondeur inquiétante au film.Bien que le rythme soit parfois lent, les vingt dernières minutes sont pleines de suspense, montrant Laurie luttant pour sa survie face à Michael Myers. Ce film a marqué un tournant dans l'histoire du cinéma d'horreur, influençant de nombreux films qui ont suivi. WHITE FINGERS : LA PISTE SYSKIYOU (TOME 1) et LE CIMETIERE DES SQUAWS (TOME 2) (Amazon Kindle).
Quoi de mieux (en dehors d'une certaine Zombie Walk) pour fêter Halloween que de mater un film d'horreur ? Et, pur sommet de coïncidence, si ce film s'intitulerait justement "Halloween" ce serait encore mieux non ? Voilà on est le 31 Octobre, et ce soir je m'étais dit qu'il serait bien sympa de se faire un petit film d'horreur... J'hésitais entre plusieurs styles quand j'ai enfin opté pour le slasher. Là m'est venue l'idée du si célèbre film de Carpenter. Et j'ai bien fait ! "Halloween : la nuit des masques" est une œuvre horrifique de bonne facture portée par des comédiens talentueux (Jamie Lee Curtis, Donald Pleasence"). La première partie est parfaitement construite et fait drôlement flipper grâce au travail ingénieux de Carpenter. Son film, jamais ennuyeux, maintient un supense oppressant et quasi permanent - je dis "quasi" parce qu'il y a un moment de relâchement ! Ce-dernier a fait un travail d'artiste impressionnant, primo car disposant d'un petit budget (325 000 $), il a réussi un film culte et fondateur, premier opus d'une saga interminable, et deuzio car il était quand même partout (scénario, mise en scène, musique...) ! On remarque aussi un truc amusant : John Carpenter rend hommage ici à un film qui lui est cher ("The Thing from an Another World") dont il réalisera plus tard le remake sous le titre "The Thing" !
Encore un chef d'oeuvre de Big John . Ce type est mon héros. Halloween est super et n'a pas tant vieilli, il n'est pas très effrayant mais plaisant à regarder. Même si le film est peu flippant, "The Shape" fait froid dans le dos avec ses nombreuses apparitions et ses tp . La bande son est grandiose et la mise en scène est ultra pertinente et maîtrisée. Il gère à la perfection le suspense, comme faire monter le frisson, comment installer le suspense. Pleins de procédés font que le film a une ambiance lourde et pesante comme il en a le secret et cela se ressent de manière palpable. Quelques reproches cependant : Quelques faux raccords (exemple : la porte de la buanderie qui vole en morceaux puis qui est toute propre après), une musique trahissant parfois sa présence et un peu invasive parfois, trop peu de meurtres spoiler: (seulement 3 ) et pour pinailler certains acteurs sont moyens ( ce sont quasi tous des amateurs aussi et ça ne gène pas et en plus c'est totalement récurrent dans le slasher). Un classique encore grandiose et absolument pas inintéressant contrairement à ce que j'ai pu lire
Un vrai classique ce film, evidement y a le coté vieillot de l'image (mais qui se remarque surtout pour la première partie du film en plein jour), l'ancien look tout ça, mais ce film était tellement en avance sur son époque ! Les plans de cameras sont juste grandiose, la musique culte, Michael Myers plus flippant que jamais, même si celui du remake est pas mal mais c'est une autre histoire. Je viens de le revoir rescement, et je peux sincèrement dire que c'est le meilleur opus de la saga (avec 20 ans après et les 2 remakes de Rob Zombie) mais La Nuit Des Masques est vraiment en avant.
Un chef d'œuvre dans le genre du cinéma horrifique avec une intrigue longue à se mettre en place mais qui accentue encore davantage le suspense. Une musique qui met vraiment dans l'ambiance, une mise en scène et des cadrages de génie. Œuvre absolument culte, anthologique.
Une oeuvre importante dans l'histoire du cinéma et notamment du cinéma d'horreur , Halloween est sans doute le maître incontesté du slasher . Une atmosphère si particulière , Une bande son mythique qui colle parfaitement au film notamment lors des deux génériques , un tueurs psychopathe qui deviendra sans doute le croque mitaine le plus emblématique du cinéma ; Malgré qu'il est vieilli , La nuit des masques n'en perd pas pour autant son charme et reste le chef d'oeuvre ultime de John Carpenter ! 20/20
Ah la la je trouve vraiment que ce film a mal vieilli, c’est vrai qu’il en invente des choses, la musique est culte tout comme le psychopathe Michael Mayers. Mais personnellement je me suis ennuyé devant le film et je n’ai pas réussi à le savourer. Mais objectivement c’est un film important pour le cinéma et à l’époque ce genre de films d’horreur faisait peur. Je le conseille aux âmes sensibles qui n’ont pas envie de voir trop d’horreur.
Terrible ! Voila du Carpenter culte, surtout avec la scène d'intro qui restera gravée dans nos mémoire. Un rythme parfait, la répétition des sons et de la musique angoissante fait planer une ambiance propre au film qui lui donne tout son cachet, et c'est ça qui est superbe. Une référence du film d'horreur !
Modèle séminal du slasher, « Halloween » dépasse de loin cette pesante généalogie et demeure un film majeur, une trouée dans l’histoire du cinéma. Dès la première séquence (un plan séquence virtuose), le dispositif du film est posé : on se retrouve dans le regard d’un tueur anonyme qui s’apprête à passer à l’acte (de manière très freudienne) ; nous sommes ainsi à la fois témoin muet et complice de cette libération des pulsions primaires ; spectateur et acteur d’une catharsis sanglante. Le retournement final de ce plan séquence, qui nous dévoile l’identité du meurtrier, est comme une déchirure dans ce mouvement d’identification, un scandale, qui nous ramène à l’ambiguïté première du spectacle cinématographique. Celle qui, dans le même mouvement, libère et guide notre inconscient. En effet, la nature même de ce plan subjectif questionne en abime la position du spectateur, à la fois regard captif et toute-puissance scopique. Il sera décliné tout au long du film et le récit en tirera un pouvoir anxiogène rare. Qui regarde ? Somme-nous dans le subjectif du tueur ou dans un simple plan objectif ? Quasiment à chaque plan, Carpenter joue habilement avec cette double nature du cinéma qui montre tout en regardant. Aussi simple l’argument du film puisse-t-il être, cette ambivalence permanente contamine chaque image et confère au film un pouvoir de fascination et d’inquiétude qui dépasse de loin ses rebondissements narratifs. D’une façon plus ou moins consciente, « Halloween » apparaît ainsi comme l’un des films les plus théoriques existants, tout en jouant la carte d’une narration très classique, construite comme un conte de fées (la référence au croquemitaine n’est évidemment pas gratuite et nous ramène à toutes les peurs enfouies de l’enfance que le film sait convoquer). L’autre atout d’Halloween est évidemment (et c’est lié) son incroyable puissance visuelle, cette façon d’aborder l’espace cinématographique d’un geste impérial de sculpteur, ouvrant sur une véritable poétique de l’altérité. Que ce soient ces lents travellings sur une banlieue anonyme où plane le Mal (le Ca), ou dans les apparitions-disparitions d’un tueur à l’ubiquité grandissante, Carpenter, encore tout jeune cinéaste, fait preuve d’un instinct saisissant pour capter les sensations pures avec sa caméra, maniant le scope comme nul autre et donnant une viscéralité au moindre de ses cadres. L’essence de son cinéma est avant tout de l’ordre d’une évocation matérielle de l’essence des choses. Les inoubliables derniers plans du film donnent ainsi à voir, à travers la pure forme cinématographique (cadrage et montage), une véritable métaphysique du Mal, comme essence pure et libération de la conscience (du spectateur entre autre qui vit ainsi la catharsis parfaite). Ce climat onirique qui baigne le film nous ramène lui ainsi à l’inconscient que Carpenter filme ici à ciel ouvert. D’où l’effroi total dans lequel nous plonge ce chef d’œuvre.