749 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
61 critiques spectateurs
5
33 critiques
4
13 critiques
3
11 critiques
2
2 critiques
1
1 critique
0
1 critique
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
CloakBack
6 abonnés
347 critiques
Suivre son activité
3,0
Publiée le 12 janvier 2026
Fanny et Alexandre se déploie comme une fresque familiale ample, où l’enfance sert de point d’observation privilégié pour explorer le monde adulte, ses règles et ses violences. Le film avance moins par intrigue que par accumulation de situations, mêlant mémoire, imaginaire et quotidien.
Avant de le voir, il faut accepter une œuvre construite sur la durée et l’immersion plutôt que sur la tension dramatique. Le récit progresse par scènes de vie et atmosphères, avec un rythme posé, parfois contemplatif. Le regard, ancré dans l’enfance, permet au réel et à l’imaginaire de coexister sans frontière nette. Il existe deux versions du film. Cette critique se base sur la version cinéma de 3h08, dense et représentative de l’ampleur du projet, mais plus resserrée que la version télévisuelle, ce qui influe sur l’équilibre du récit.
Ce choix formel s’inscrit dans un moment particulier de la carrière d’Ingmar Bergman, marqué par un retour plus direct à des thèmes centraux de son cinéma : la famille, l’autorité, la religion, le théâtre et la mémoire. Le film est souvent perçu comme une œuvre de synthèse, plus généreuse et narrative que ses films les plus austères, sans renoncer à une certaine exigence. Pensé dès l’origine pour la télévision autant que pour le cinéma, il bénéficie d’une liberté de durée permettant de déployer un univers riche et minutieusement reconstitué.
Sur le fond, le film explore la famille comme un espace ambivalent, à la fois refuge protecteur et lieu de domination. Il oppose deux conceptions du monde : l’une fondée sur la parole, le jeu et la représentation, l’autre structurée par l’autorité, la morale et le silence. À travers le regard de l’enfant, Bergman interroge la manière dont ces cadres façonnent les individus et conditionnent leur rapport au réel.
Il développe également une réflexion sur la violence morale et spirituelle. L’autorité religieuse y apparaît comme une force de contrôle qui écrase l’imaginaire et la subjectivité. Face à elle, le théâtre, le récit et l’illusion deviennent des moyens de survie. Le mensonge n’est pas condamné, mais présenté comme une nécessité pour supporter un monde trop rigide, où la vérité imposée devient une forme de violence.
De mon côté, j’ai été plutôt déçu par l’œuvre, sans exclure que ce ressenti soit en partie lié à la version visionnée. L’œuvre est indéniablement belle, portée par une richesse visuelle remarquable et une mise en scène maîtrisée. Le regard d’enfance apporte une sensibilité réelle à plusieurs scènes. Pourtant, je suis resté à distance sur le plan émotionnel, avec le sentiment d’un ensemble parfois inégal, où certaines intrigues ou personnages semblent amorcés sans trouver de véritable aboutissement.
Cette impression tient moins à un manque d’idées qu’à une narration privilégiant durablement l’atmosphère au resserrement dramatique. La profusion de situations et de figures secondaires finit par diluer l’engagement et rend perceptible le décalage entre l’ampleur du projet et la version proposée.
Fanny et Alexandre demeure une œuvre ambitieuse, admirable dans sa construction et ses thèmes, mais dont l’impact émotionnel reste, pour moi, plus respectable que bouleversant.
Au risque de réduire le sujet d'Ingmar Bergman, compte-tenu de la richesse des thèmes qu'il aborde dans ce long film, "Fanny et Alexandre' apparait avant tout l'initiation de deux enfants au monde des adultes. Leur cadre est celui d'un famille bourgeoise du début du siècle que les évènements d'une année va transformer. Avec un certain hiératisme, Bergman met en scène différents personnages charismatiques et l'auteur se détourne constamment des sagas aux effets mélodramatiques ou aux bouleversements et incidents plus ou moins complaisants. Le film, en fait, n'est jamais aussi intéressant qu'avec l'apparition de l'austère pasteur, nouveau précepteur de Fanny et Alexandre, dont la pédagogie, rigoureuse et contraignante, introduit un récit qui, par son dépouillement, rejoint la tragédie classique suivant l'idée de Bergman que la vie est un théâtre. Alimenté par des références théâtrales, le film diffuse un vrai charme, en dépit que le langage du cinéaste soit parfois énigmatique.
Peu de mots me viennent à l'esprit... Ingmar Bergman est un réalisateur d'une prouesse dingue et rare ! Que cela soit dans le travail de l'écriture ou sa réalisation, "Fanny och Alexander" est un chef d'oeuvre ! En 1982, il n'a plus rien à prouver et pourtant, il réalisa un film sur l'enfance, le plus beau, le plus cruel et le plus réaliste possible (ps : je parle de sa trame scenaristique de base). On sent que le thème de la famille, est un thème que Bergman apprécie à traiter (c'était le cas dans "Sonate D'automne"). Dans ce film, il s'aventure plus loin : Parlant de la famille, par le point de vue des deux enfants. Au delà, il rajoute même ce côté "fantastique" qui apporte un brin de magie ou de peur pour les personnages. L'écriture des personnages est une réussite total sur tous les points de vue : chaque personnages sont si vite identifiables malgré une panoplie de personnages. On passe par toutes les émotions, comme ci, on faisait partie de cette famille. On ressent cette "émotion" enfantine qui nous fait rêver. Bien évidemment, ce film est un chef d'oeuvre pas seulement pour son histoire mais aussi par sa réalisation ! Tous les films de Bergman, sont des leçons de Cinéma : entre le choix des cadres, la manière dont Bergman filme les personnages, le côté surréaliste et sa photographie, cette réalisation nous plonge davantage dans cette famille : Rare sont les réalisateurs à nous plonger dans cette immersion. Je ne parle même pas des dialogues, des décors, ou des costumes.... Tout ceci pour dire que je ressors bouleversé par ce film authentique et unique. Et dire qu'une version longue existe... Je n'ai hâte que d'une chose : me replonger dans cette famille avec cette joie, cette tristesse, cette empathie, cette nostalgie... 2h de plus dans un film comme celui là, je ne dis pas non ! C'est plus qu'un grand film, cela s'appelle le 7e Art
Le film commence dans une insouciance presque douloureuse en comparaison de notre époque mais très vite le film cesse d'être drôle ou attendrissant et devient horriblement long et vide : le côté routine de maison est inintéressant, la mise en scène et la direction de la photo sont picturales certes mais ça ne suffit pas à nous faire passer un bon moment. Il y a un côté Ivan Ilitch je vous conseille le livre ça sera plus rapide et plus intéressant. Que dire de ces sinistres personnes d'églises, le film est raté car il tombe dans le mélodrame. Ce film n'est pas la hauteur de sa réputation. Je rappellerai aux gens que ce n'est parce qu'un film dure 3h qu'il est forcément pertinent.
Parties 1 et 2: Pas vraiment de scénario dans ce film-testament du maître suédois - film ambitieux à gros budget ayant décroché quatre Oscars - mais des souvenirs et des ressentis d'enfance et un hymne au Théâtre auquel il consacrera la fin de sa vie. Un film que je rapprocherai par certains aspects du Roma de Fellini. Des scènes magnifiques ou très dures dont on retiendra les amours ancillaires, les situations cocasses spoiler: et surtout la scène sadique d'une extrême violence . Les enfants sont superbes de vérité.
Je ne critiquerai que la version de 3h et non cette première partie qui est pratiquement aussi longue. On pourrait croire que ce film est le point de départ de l'arbre de vie de T. Malick. Donner de l'importance à chaque objet vivant ou inerte de la terre et ainsi rendre insupportable la vie d'Alexandre avec son tyran de beau-père qui ne respecte pas l'être humain en l'avilissant. C'est un film remarquable et philosophique avec cette partie où le surnaturel devient étrange et presque malsain. On peut comprendre que c'est l'imaginaire qui s'évade et l'enfant qui grandit dans ses pensées vengeuses.
C'est sans doute sur le tard que je découvre ce cinéaste mais je ne suis franchement pas déçu. La virtuosité dans la manière de filmer, la reconstitution éblouissante de l'époque (1907), les costumes, on est dès le départ fasciné. Puis, très progressivement, on entre dans les interrogations de l'auteur, sur la vie, la mort, la religion, la morale, l'art, le théâtre. On découvre alors un univers qui ne peut laisser indifférent et qui fait réfléchir. En plus, les acteurs sont extraordinaires, le jeune garçon en tête où tout le monde peut s'identifier durant sa jeunesse. Du très très haut niveau dans ce "septième art", un peu comme Mozart en musique. N'est sans doute pas accessible à tous mais tout de même, je comprends mieux pourquoi certains ne jurent que par ce réalisateur.
Toujours aussi maître de sa mise en scène, Bergman distille dans chaque détail du décor, chaque référence littéraire, chaque symbole des plans une vision psychologique et sociétale d’une famille suédoise bourgeoise du début du XXe siècle où s’expriment tous les sentiments, tous les tourments, toutes les complicités à travers de subtils portraits complexes de femmes ainsi que le point de vue d’un enfant entre fantasme et réalité, entre espoir et désillusion. Epaulé dans son ambition d’un film somme par un excellent casting, le réalisateur offre une œuvre plus accessible par son format de mini-série sans se départir de son exigence réflexive et métatextuelle puisque les questionnements éthiques et métaphysiques l’habitent intimement. Grâce à la justesse des péripéties et surtout des caractères présentés, l’émotion affleure même. Une scénographie réussie du tourbillon de la vie.
Fanny et Alexandre est un film onirique et fantastique où le réalisateur Ingmar Bergman sublime le paradis des moments familiales et défie d'un autre côté l'obscurantisme religieux. Il met en avant un pouvoir qui est celui d'imaginer de rêver pour mieux exister est fantasmer sur une vie différente.
Tout est dans ce film, dont la portée autobiographique est d'ailleurs évidente la magie de l'enfance, la religion, la famille, le deuil, le fantastique, la morale luthérienne, la punition, l'humour, la sexualité... C'est une immense fresque que nous montre Bergman et ce ne sont pas les quelques spectateurs qui ne comprennent que tout dans un film n'a pas à servir directement le fil conducteur d'une implacable intrigue (comme je vous plains, à vouloir que tout soit utile et exploitable dans ce qui a dessein d'être de l'art) qui nuiront à la qualité inestimable de ce chef-d'oeuvre. La plastique est sublime, tous les plans sont construits à la perfection, le réalisateur joue énormément sur la suggestion, le visible et l'invisible, tout y est enfin touchant et intéressant. Qu'il s'agisse de cette famille pittoresque, dont il est étonnant de relever la diversité, les troubles, les quelques joies , ou des leçons de piété protestante, terrifiantes par leur sobriété même, ce film est un véritable chef-d'oeuvre.
C’est la version courte (trois heures quand même) que j’ai pu visionner ; la version longue doit probablement donner une plus grande cohésion à cette œuvre. Un œuvre fleuve, dans laquelle le maître Suédois a mis (presque) tous ses thèmes de prédilection (il manque par exemple le rapport à la nature) : l’importance de l’enfance ; la place du père ; les évasions du réel que sont les différentes représentations comme les marionnettes, la lanterne magique ou le théâtre ; le puritanisme austère, intransigeant et culpabilisant ; le rapport à Dieu, et comme souvent, son reniement. Elle est construite en deux parties. La première consiste essentiellement en la description d’un monde, celui d’une famille aisée, où les convenances guident les comportements, où les déviances et obsessions addictives ou lubriques apparaissent dès que l’on gratte sous les apparences. Cette partie est un peu longue, et manque de trame narrative. La seconde est plus centrée sur l’histoire des deux enfants donnant le titre au film, plus précisément sur leur situation et les événements dramatiques produits par le remariage de leur mère avec un évêque tyrannique tendant au tortionnaire. Cette seconde partie mêle ces événements dramatiques d’une extrême intensité à des moments de rêve, d’angoisse, d’obsessions ou de craintes, parfois teintés de surnaturel. Elle se conclut sur l’importance de l’imagination, et laissera beaucoup plus de traces. Ce film, dont Bergman avait déclaré qu’il serait son dernier long métrage pour le cinéma, est peut-être le plus représentatif de sa personnalité et de son œuvre.
Il faut surtout voir la version télé plus longue que Bergman considérait comme seul à même de révéler la vraie valeur de son travail sur Fanny et Alexandre (il a d'ailleurs renié cette version ciné). Les scènes où Alexandre rêve sont particulièrement impressionnantes.
Entre récit autobiographique et conte, 'Fanny et Alexandre' est un très beau film, malgré quelques longueurs et une conclusion paradoxalement un peu abrupte. La scène chez Isak est un modèle de fantastique à hauteur d'enfant.
C'est très bien. Une réflexion sur les thèmes habituels du cinéaste : l'absence de Dieu, le deuil, les femmes... Les décors, la photo et les costumes sont somptueux. Après c'est un Bergman de 3h15, alors forcement il y a de sacrées longueurs....
Un film empreint de mélancolie sur le temps qui passe, les instants de bonheur qui s'évanouissent... '' Fanny et Alexandre '' baigne dans une atmosphère quasi mystique, un univers coloré peuplé de fantômes et d'apparitions mystérieuses. Il se penche sur les hommes, leurs défauts, leurs chagrins et offre une palette de personnages aussi sublimes les uns que les autres, non pas tant par leur caractère, mais par la place bien définie qu'ils tiennent au sein de cette fresque familiale grandiose et envoutante. Ingmar Bergman signe là un très grand film avec de magnifiques acteurs. Parmi eux, Bertil Guve, profondément intriguant dans le rôle d'Alexandre, et Gunn Wallgren, réellement émouvante dans la peau de la grand-mère Ekdahl, une femme rongée par la nostalgie et la tristesse en dépit du profond amour qu'elle ressent pour les siens. '' Fanny et Alexandre '' fait partie des films qu'il faut voir avant de mourir. Absolument.