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0,5
Publiée le 28 juillet 2020
Kagemusha, l'ombre du guerrier est l'un des films les plus surfaits que j'aie jamais vu. La seule raison pour laquelle quelqu'un pense que c'est un bon film c'est parce que c'est étranger (japonais). Il y a quelques prises de vue attrayantes mais la plupart des angles de prise de vue sont les mêmes et cela manque de créativité. C'est trop long, trop ennuyeux avec trop de scènes de gens marchant et de chevaux courant. L'histoire est très fade et tourne autour d'un voleur qui a pris la position d'un grand Seigneur en raison de la mort du Seigneur. Cela pourrait être un scénario intéressant mais pour une raison quelconque cela ne fonctionne pas dans ce film. Est-ce que c'est parce que le film entier y prête trop attention ? Il manque peut-être quelque chose et ce film manque simplement d'originalité...
L'histoire est intéressante et retient l'attention. Les acteurs sont bons. Néanmoins, la mise en scène manque parfois de vigueur épique (les scènes militaires sont des parades de cirque ...) et - surtout - les cadrages sont d'un banal académisme télévisuel qui ne s'accordent pas aux attentes du grand écran. Enfin, le scénario aurait été meilleur s'il avait été centré sur la personne du "double" et l'interaction de celui-ci avec son environnement social. Dommage ... J'ai vu et j'ai été déçu. J'espérais un tout autre spectacle. Cela reste toutefois un film distrayant.
Akira Kurosawa est un immense cinéaste et la mise en scène de « Kagemusha, l’Ombre du Guerrier » est très belle et colorée mais il ne faut pas se mentir, son film s’éternise longuement durant toute sa projection. L’histoire est intéressante certes mais là où j’attendais des scènes de batailles épiques, il ne se passe finalement pas grand chose.
Le film d'époque, genre-phare de Kurosawa, revient comme une aura nostalgique dans l'ère hollywoodienne du cinéaste. Mais si on connaît et apprécie son style qui mélange action et grotesque, on peut rapidement être déçu de la tournure qu'a choisi Kurosawa pour sa mise en scène. Plus de bavardage et moins de batailles impressionnantes, ce qui fit le charme des 7 Samouraïs, ainsi que ses gueules d'acteurs, qui sont indispensables pour que le spectateur s'y attache dès le début, on ne retrouve pas Mifune, Takashi, ou ses amis acteurs de son âge d'or, mais des comédiens sans personnalité propre malgré un jeu correct. La réalisation de Kurosawa est très différente, les plans mouvementés qu'on lui connaît laissent la place à de nombreux plans larges et quasiment aucun très gros plan. La première séquence, bien que superbe, conserve beaucoup un aspect théâtral, mais reprendre cette idée sur tout le film devient lassante à la fin. L'histoire est néanmoins intéressante, mais le héros reste inactif, ses actes étant souvent le fruit du hasard. Et la séquence du cauchemar, très belle, est sans doute la pièce maîtresse du film.
Chef d'œuvre sans aucun doute pour moi en tant qu'historien admiratif de cette magnifique reconstitution de l'époque des "royaumes combattants" Japonais. Et tout aussi admiratif d'Akira Kurozawa que je considère comme l'un des plus grands cinéastes de tous les temps. Je vois de plus dans cette "ombre du guerrier" une réflexion sur le rôle de l'acteur qui doit s'approprier l'identité de son personnage avec toutes les difficultés que cela comporte : doutes et scrupules d'y parvenir et après le succès, les difficultés pour se libérer d'un personnage qui continue de vous habiter. Et puis les échecs qui conduisent souvent à une fin de carrière dans l'oubli.
Un chef d'oeuvre japonais. Un petit bijou du cinéma japonais sur le Japon médiéval en 1572 . Un très beau film. Une très belle œuvre cinématographique .
Une très grande fresque, des personnages torturés, une débauche de moyens ( notamment du point de vue du nombre de figurants )... L'histoire du lent naufrage du clan Takeda. Incontournable !
Il est toujours délicat d'avoir vu et détesté un "chef d'oeuvre" que les cinéphiles avertis ont adoré. Car bien entendu, la critique ne peut être que positive. Alors laissez-moi vous dire que je n'ai pas apprécié du tout ce film. Ni le réalisateur. Commençons par les (très très) rares points positifs: de beaux costumes, de beaux décors, et c'est tout. Car n'en déplaise à Besson avec "The Messenger", la pléthore de bons acteur, de magnifiques vues ne font pas un bon film. Et c'est pareil pour Kagemusha. Tout d'abord c'est long. C'est très long. C'est trop long. Si cela peut passer pour la trilogie "Lord of the ring", ici c'est clairement surfait. Aucune innovation dans la mise en scène des batailles. Un sujet qui n'a rien d'original ni d'exceptionnel. Encore une fois des pseudo-acteurs qui auraient mieux leur place dans un kabuki que devant la caméra. A force de grimacer pour bien montrer leurs sentiments, cela ressemble à du Johnny Depp dans "Pirates of the Carribean", sauf que là c'est sensé être sérieux et pas comique. Et pour couronner le tout, des dialogues d'une platitude qui feraient passer les films de Stallone pour intellectuels. Et blablabli, et blablabla, et c'est moi le grand Seigneur de la mort qui tue et je vous l'affirme, tremblez pauvres loques... Et c'est vous les sous-fifres qui vous plierez à ma volonté... Pitié, 3h00 de torture dont clairement 1h30 de trop, je jette l'éponge et déconseille fortement ce film. Si vous voulez réellement visionner un vrai classique de chevalerie, mettez le DVD de Excalibur de Boorman, là au moins vous ne serez pas déçu!
Sommet du cinéma historico-politique de Kurosawa avec une performance légendaire de Nakadai. En filmant la succession d'un seigneur par son double Kurosawa choisit d'entamer une nouvelle étape de sa réflexion sur l'Histoire en se concentrant sur les figures qui la constitue. Encore une fois Kurosawa choisit le pessimisme en montrant que les hommes historiques sont des masques tutélaires dont personnes de peut sonder la profondeur et la véracité de leut être. Le parfait fonctionnement de la tromperie démontre encore une fois l'absurdité de l'histoire des êtres individuels où chacun est plus effrayé par le symbole que par la réalité et plus fasciné par l'individu que par l'espèce. Kurosawa déploie alors l'apogée de sa poésie cinématographique mêlant les contrastes de l'eau et de la boue, de la lumière et de l'ombre, du vrai et du faux. L'image de la montagne et l'importance des forces élémentaires sont les pilliers de la symphonie historique de Kurosawa. La nature inébranlable et fascinante l'emporte car elle ne peut pas tromper alors que l'humain se pare de symboles illusoires. Finalement se sont ces mêmes symboles qui vont démasquer son imposture en le trahissant lui-même. Kurosawa par des gros plans sur Nakadai de façon successives renforce la majesté du personnage en parvenant presque à nous tromper nous-mêmes et à nous méprendre sur son histoire. Le pouvoir serait alors le fruit du hasard et n'aurait pas vraiment de légitimité, seule la croyance en la poésie de la nature permettrait un salut à l'âme tourmentée. Il s'agirait de faire croire au peuple que son souverain est légitime. Ainsi l'histoire devient un jouet incontrôlable aux mains de quelques Hommes et elle finie par retrouver son cours normal en broyant ceux qui s'opposent à son déroulement tragique pour les être contingents que nous sommes. On peut noter la superbe scène de fin qui est une véritable déferlante de poésie guerrière. A mon sens l'un des trois plus grand chef-d'oeuvres du cinéma.
Je reconnais la beauté de Kagemusha, l'ombre du guerrier mais malgré sa splendeur et une interprétation de grande qualité le film souffre de longueurs, de plus certaines scènes pointilleuses à l'extrême deviennent ennuyeuses comme celle ou le soldat explique qu'il a lesté son fusil pour mieux viser. C'est le 1er film d'Akira Kurosawa que j'ai vu mais malgré ma déception je désire néanmoins voir ses autres films car celui-ci au niveau des combats n'a rien d'extraordinaire.
Dans Kagemusha il y a musha. OK c'est pas très fin. Mais le film aussi lui ne l'est pas toujours quand bien même le sensei Kurosawa est aux commandes. Trois heures longues donc où l'on oblige le spectateur à se pâmer devant les costumes (il est vrai superbes) et les paysages (parfois psychédéliques). Avec quelques coupes au katana et une musique moins hors sujet (un solo de trompette pour illustrer un charnier bof...), on tenait là un nouveau chef d'œuvre du réalisateur de Rashomon. Malheureusement ici la Montagne accouche d'une souris...
Une épopée flamboyante qui a l'art du maître japonais de la conscience de l'individu face au groupe. Et pourtant ici le groupe est énorme. C'est un peuple entier face au destin de cet homme qui doit endosser un rôle qu'on le force à tenir
Les années 70 furent difficiles pour Akira Kurosawa, autant sur le plan personnel qu’artistique, le réalisateur peinant à retrouver son succès d’antan. Il eut ainsi du mal à mettre sur pied « Kagemusha », la Toho refusant de couvrir l’intégralité du budget. Il faudra l’influence de deux fans américains du cinéaste nippon pour boucler le financement : George Lucas et Francis Ford Coppola, qui parvinrent à convaincre la Fox de cofinancer le film ! « Kagemusha » fut alors un succès critique et commercial, relançant la carrière de Kurosawa. Le film traite de Shingen Takeda, figure historique japonaise, et seigneur de guerre légendaire du puissant clan Takeda. Mais plutôt que de livrer un biopic, le réalisateur choisit une approche bien plus maligne : le film démarre sur la fin de sa vie, lorsque Shingen a trouvé un criminel qui lui ressemble comme deux gouttes d’eau. Alors que Shingen reçoit une blessure mortelle, il demande à ses généraux de cacher sa mort, en mettant ce kagemusha (« guerrier de l’ombre ») à sa place. Une fantaisie historique, mais qu’importe tant elle est cinégénique ! « Kagemusha » pose ainsi la question de l’influence d’un seigneur, à tous les niveaux (politique, militaire, personnel, religieux…). Il montre que la simple image de celui-ci, voire le seul fait que le monde sache qu’il est encore présent, permet à son ombre de planer et a des répercussions draconiennes. Tout ceci est entre autres symbolisé par les actes du double, homme de basse condition tiraillé, car devant impressionner les puissants et aimer des gens qu’il ne connait pas. A ce niveau, Tatsuya Nakadai s’en donne à cœur joie dans ce double rôle énergique. Comme souvent chez Kurosawa, la mise en scène est subtile et picturale, afin de traduire avec finesse ces enjeux. Intérieurs avec postures théâtrales des personnages évoquant des tableaux. Jeux de mouvements de corps et de regards couplés à des changements réguliers de caméra. Et des séquences militaires utilisant de manière récurrente les ombres, thématique du film. Sans compter un enchaînement assez impressionnant de costumes et de figurants, bien que ceux-ci soient légèrement sous-exploités (la bataille finale en contre-champs a quelque chose de frustrant !). « Kagemusha » est donc une réussite, qui ouvrira la voie à l’excellent « Ran ».