Un des chefs-d’oeuvre de Nicholas Ray assurément. Film sur le désenchantement porté par une des meilleures interprétations de Mitchum. Le film nous narre trois destins qui se croisent, s’unissent et se séparent à nouveau sur fond de rodéo. Nicholas Ray a dit que son film portait sur la quête d’un « chez soi » thème très en vogue aux Etats-Unis à l’époque à la fin de la grande crise de 1929. La scène d’introduction où Mitchum retrouve ses économies d’enfant cachées sous l’ancienne maison de ses parents est sans doute significative de la pensée de Ray qui veut qu’un homme passe toute sa vie à tenter de retrouver son enfance période magique où rien n’est encore venu perturber l’innocence. Les deux époux incarnés par Arthur Kennedy et Susan Hayward suivent un ancien champion de rodéo dans l’espoir d’acquérir plus vite le ranch qu’ils visent de leurs vœux. La réussite tournera la tête de l’aspirant champion qui du coup renonce à son rêve initial lui préférant la vie facile sur les routes au gré des tournois. Mitchum lui se prend d’amour pour la jeune épouse délaissée à qui il envisage de pouvoir offrir son « rêve » en lieu et place de son époux. Le film est donc rempli de rêves qui se croisent mais ne se rencontrent jamais au bon moment. Ce trio fruit du hasard finit porteur de rancoeurs et c’est la mort de Mitchum suite à une reprise hasardeuse de son dangereux métier qui viendra dénouer la situation. La raison va enfin revenir à Arthur Kennedy qui pourra enfin trouver sa place. Ce thème est assez récurrent dans l’œuvre de Ray et en général dans le cinéma américain d’après guerre. Une œuvre puissante qui offre un regard désabusé sur les êtres et leurs difficultés à trouver le bonheur.
Un champion de rodéo qui s'est blessé (Mitchum), carrière terminée, vie sans but, a la possibilité de revivre ses rêves en devenant le manager d'un homme plus jeune (Arthur Kennedy) qui, malgré les resistances de sa jolie femme( Susan Hayward), veut gagner de l'argent rapidement en remportant des concours. On se doute qu'avec Nicholas Ray au commandes, ce n'est pas un simple récit d'initiation, avec happy end, qui nous est reservé, mais un amer constat d'une vie ratée, et une ménage à trois qui va, à un moment donné, se déchirer. Pourtant, et c'est une surprise, le film est surtout convainquant dans sa description du monde des rodéos et de la vie dissolue qui l'entoure. A ce titre, le personnage interprété par Arthur Hunnicut est une synthèse de ce milieu où l'argent, la gloire, et la mort se côtoient dangereusement. Si la relation entre Mitchum et Susan Hayward est subtilement amenée, émouvante, le personnage d'Arthur Kennedy est moins intéressant, plus attendu. C'est donc finalement l'aspect documentaire qui est à retenir dans ce film, plutôt que l'évolution psychologique des personnages, un peut sommaire.