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Maqroll
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4,0
Publiée le 11 novembre 2012
Une palme d’or méconnue, voire oubliée, et pourtant pas vraiment usurpée… La Méprise, d’Alan Bridges, est tiré d’un roman de Leslie Poles Hartley, déjà auteur du roman qui inspira le sublime film de Losey, Le messager… Comme son illustre prédécesseur (palme d’or deux ans auparavant dans le même lieu), ce film se situe dans l’Angleterre victorienne et a pour sujet l’impossible rapprochement de l’aristocratie et du peuple. On pense d’ailleurs plus d’une fois à Losey à travers la mise en scène d’Alan Bridges qui reprend quelques traits du Messager ou de The Servant, autre film sur le même sujet. Les trajets en voiture, les ombres portées, la campagne anglaise sous la pluie sont autant de références utiles à ce rapprochement. Bien sûr, Sarah Miles (déjà interprète de The Servant) n’est pas Julie Christie (loin s’en faut) et surtout Bridges n’a pas le génie de Losey pour restituer une atmosphère et nous entraîner vers des rivages philosophiques… Mais Robert Shaw campe un personnage puissant et digne, qui se laisse peu à peu porter par un rêve fou et la fin du film utilisant la métaphore de cet homme désespéré se heurtant aux murs qui l’enferment dans sa condition sociale est magnifique. Un film à redécouvrir de toute urgence.
Un drame sensible et délicat qui traite du clivage social et du poids des préjugés dans l’Angleterre victorienne, porté par une interprétation convaincante. Palme d’or surprise à Cannes en 1973, à égalité avec « L’épouvantail ».
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3,5
Publiée le 29 mai 2022
Avant tout un duo d'acteurs remarquables! L'impossibilitè de toute vraie communication entre une jeune aristocrate fragile (Sarah Miles) qui ne peut se rèsoudre à enfreindre la barrière des classes et à accepter l'amour de son chauffeur (Robert Shaw) donne lieu à de belles images et à de jolies scènes dont le « God save the Queen » dans le final! Alan Bridges fut d'ailleurs couronnè à Cannes pour ce drame d'èpoque intriguant en recevant la très convoitèe Palme d'or (ex aequo avec le superbe "Scarecrow"). Car ce n'est pas un affront fait à "The Hireling", loin de là, mais qu'en 1973 il y avait trop de beaux films qui ètaient en lice, d'où un èparpillement logique des suffrages et des rèsultats qu'on devine dans un mouchoir de poche tels Eustache pour "La maman et la putain" ou Ferreri pour "La grande bouffe". Sans parler des absents, "Amarcord" de Fellini ou "Badlands" de Malick! Le destin a finalement choisi le so british Alan Bridges qui a remportè une Palme d’or à l'arrachèe devant de très grosses cylindrèes! Une Palme aussi belle que mèconnue avec de longues promenades en voiture à travers un splendide comtè du Somerset couvert et pluvieux...
La Méprise est une de ces nombreuses palmes d'or complètement oubliée. Autant pour certaines, c'est assez injuste, autant pour le film de Alan Bridges, difficile de crier au grand scandale. Et pourtant, un film britannique inspiré d'un roman de L.P. Hartley qui reçoit la palme d'or, ça me fait bien évidemment penser au Messager de Joseph Losey, également palme d'or, également film britannique, également inspiré d'un roman de L.P. Hartley. Mais bon, arrêtons la comparaison ici, car si Le messager est un chef d’œuvre, ce n'est pas le cas de La méprise.
En effet, le film souffre de plusieurs défauts. Si on voit se dessiner une critique sociale et quelque chose d'assez subtil par moment, la mise en scène ne parvient jamais à insuffler un souffle dans le récit. Elle se contente de filmer, de façon élégante, certes, mais sans réelle vie, le scénario. De plus, Sarah Miles ne m'a pas particulièrement convaincu dans ce film.
Si l’œuvre est quand même tout à fait honnête, le film n'est pas pour autant transcendant. On se demande bien pourquoi il a ainsi reçu la palme d'or.
On se demande ce qui a pu conduire les jurés du festival de Cannes 1973 à attribuer la palme d'or (ex aequo) à The hireling et oublier de ce fait La maman et la putain ou La grande bouffe au plus haut niveau du palmarès. Le film est assez pauvre tant sur le plan de la mise en scène, statique au possible même si la qualité de la photographie est indéniable, que sur le scénario souvent prévisible même si les scènes s'enchaînent avec une relative fluidité. L'interprétation, hormis Robert Shaw, est très convenue même si de temps à autre Sarah Miles semble y croire. On remarque bien l'hiver anglais de l'après guerre, le brouillard naissant mais ce ne sont que des clichés. La méprise montre l'impact des pulsions sexuelles non assouvies sur le comportement d'un homme en plein doute et pétri de contradiction. Cette violence de Nedbetter est moins dû à la différence de classe qu'à ses propres contradictions. C'est le point le plus réussi d'un film un peu compassé. La méprise n'échappe ainsi à la médiocrité que grâce à l'interprétation du génialissime alcoolique Robert Shaw, imprégné d'une flagrante fébrilité, qui aurait pu obtenir en 1973 le prix d'interprétation. L'acteur s'est vraiment donné à fond dans un de ses rôles favoris, semble t-il. Celui d'un homme aux traits et au comportement buté, obstiné et auotdestructeur. Un film oublié et oubliable mais au fond, pas désagréable.
Le problème de ce film est l'absence totale d'intérêt de ce qu'il raconte, on se demande sans cesse s’il va enfin se passer quelque chose ! Idéal pour une palme d'or bien sur !
Un beau film sombre où l'espérance va se confronter à la désillusion. L'homme renaît aussi bien que la femme. Ils forment un bon duo mais le film resserre très vite la guérison de la femme autour de son milieu. D'où la douleur de l'homme qui ne voit pas ce changement. M Douloureux et beau.
L'histoire ne dira jamais, et c'est heureux, si Lady Franklin a réalisé que Ledbetter avait raison. Une méprise ? Et comment ! De celle qui va pousser un homme à mentir et à devenir jaloux, puis qui va le conduire au désespoir. Je me souviens avoir pris une sacré douche froide quand j'avais découvert ce film. A quoi cela tenait-il ? A la présence de Robert Shaw. Parce que pour moi, il était ce preneur d'otages dans "Les pirates du métro", ou encore cet antipathique loup de mer qui se faisait bouffer par un requin. Je n'étais pas disposé à le voir autrement. Mais, voyez-vous, de temps en temps, je m'autorise à grandir un peu et à faire sauter certaines barrières. Et en ce qui concerne cette "Méprise", je m'en félicite. Parce que finalement, c'était vraiment chouette comme film. Il est vrai que de prime abord, l'histoire d'une bourgeoise dépressive qui s'ennuie et nouant un lien particulier avec son chauffeur prolétaire n'a rien d'emballant. Mais il y a un truc qui fait que. Personne n'est sans savoir l'acuité anglaise en la matière. Résultat des courses, nous nous retrouvons avec deux personnages principaux très bien écrits, attachants et aux personnalités très bien définies. Et ça marche. Surtout que Shaw et l'exquise Sarah Miles (par tous les Dieux, n'importe quel homme un minimum sensé serait fou amoureux d'elle) y sont excellents. Le seul défaut (en dehors d'une mise en scène passe-partout, mais pour le coup, on s'en fiche, Bridges n'entendant pas marcher dans les pas de Losey) est que cela manque de personnages secondaires forts.
Il arrive parfois que certains magazines établissent un classement des meilleures palme d'or de l'histoire du festival de Cannes et il faut bien dire que " la méprise" ne bénéficie généralement pas d'une très haute considération. C'est ( de mon point de vue) vraiment à tort.
Couronné ex-aecquo avec " l'épouvantail" de Jerzy Schatzberg de la palme d'or en 1973, " la méprise" est le second ouvrage du romancier Hartley dont l'adaptation cinématographique fut couronnée de la plus haute récompense cannoise ( avec " Le messager" mis en scène par Joseph Losey)
On est ici dans le même registre que celui du " messager", voire de " The servant" aussi signé par Joseph Losey ou des adaptations les plus réussies de certains ouvrages de Henry James ou de Forster par James Ivory ( " Retour à Howard end", " une chambre avec vue" ) Jane Campion ( "une femme américaine"), ou de Peter Bogdanovitch ("Daisy Miller ").
" La méprise" c'est l'histoire des catégories sociales, des univers parallèles au sein d'une même société et de manière sous jascente de la lutte des classes.
La première guerre mondiale vient de se terminer et un homme du peuple devient chauffeur amoureux d'une veuve déprimée, membre de la noblesse anglaise.
Alan Bridges cinéaste britannique oublié aujourd'hui, réalise pourtant un coup de maître avec ce " la méprise" exemplaire de ce qu'est le cinéma de haute gamme.
On retiendra l'interprétation formidable de Robert Blake et de Sarah Miles.
Ajoutons que contrairement à ce que certains éminents commentateurs ont pu dire ( c'est à se demander s'ils ont vu le film ) la moitié des scènes ne se déroulent dans la voiture.
Il y en a en effet quelques unes, mais la réalisation de Bridges est suffisamment créative pour ne pas la réduire à cette fausse image.
Pour conclure, notons que Sarah Miles ( son interprétation dans " la fille de Ryan" de David Lean est restée en mémoire) fut une actrice à la réputation sulfureuse, malgré les apparences.
L'épisode où elle fut partie prenante d'un événement tragique aux contours judiciaires qui survint lors du tournage de son film suivant n'y fût pas pour rien. Mais ceci est une autre histoire !
Palme d'or ex aequo avec "L'Epouvantail" de Jerry Schatzberg, "La Méprise" est tombé dans un grand oubli en dépit de ce prix. On peut trouver l'attribution de ce dernier exagéré (un Prix d'Interprétation Masculine aurait été plus justifié !!!) mais ce film regorge pourtant de quelques qualités qui en justifient la vision. Adaptation d'une oeuvre de Leslie Poles Hartley (l'auteur du roman "The Go-Between" qui a eu aussi les honneurs du grand écran à travers un excellent film de Joseph Losey qui a reçu aussi deux ans auparavant la récompense suprême à Cannes; et dont le thème de prédilection a l'air d'être le fossé entre les classes sociales !!!), le cinéma britannique montre une fois de plus qu'il est le spécialiste des non-dits, des frustrations et du bouillonnement intérieur. L'ensemble pêche parfois par une réalisation certes soignée mais trop classique ; par contre le sujet ne manque pas de force et puis surtout l'interprétation est excellente. Robert Shaw, pourtant plus connu pour ses rôles de chef de gangster dans "L'Arnaque" et de vieux chasseur de requins dans "Les Dents de la mer", joue ici ce qui est sûrement son plus grand rôle à travers ce personnage de chauffeur frustré et solitaire. Les dernières séquences où ce dernier explose sont puissantes grâce au talent de l'acteur. Rien que pour ce dernier, "La Méprise" mérite, même à défaut d'être un grand film, qu'on le visionne.
Une terrible histoire. La plupart des scène se déroulent parmi d'opulents salons, et au final X n'est pas qui l'on croit, et puis enfin Lady Franklin n'est pas si dépressive... Il y a des sentiments nobles dans ce film, cependant l'aspect commun de l'intrigue fait qu'on oubliera assez vite les commentaires et frasques des différents personnages et le fait que le la plupart des événement se déroulent pendant les années 30 semblent être déterminant. Hormis le ton critique qui montre bien à cette époque l'importance fondamentale des classes sociales hélas pour le pauvre chauffeur, et un final ou le générique néo-punk se fredonne sur l'air de "God Save The Queen".