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Un visiteur
2,5
Publiée le 16 août 2007
Ce thriller date de 1974, c'est dire qu'il a les atouts de l'époque : une volonté de ne pas brusquer le spectateur et de l'emmener doucement mais surement vers une fin surprenante. Les voitures n'explosent pas toutes les cinq minutes, les immeubles ne s'écroulent pas et les acteurs ne courent pas de tous les côtés. Il y a manifestement une inspiration de type "Hitchcock", avec une atmosphère de plus en plus lourde et inquiétante. Mais il m'a semblé que le scénario comportait des faiblesses, avec quelques scènes certes remarquables, mais d'autres confuses et peu crédibles. Reconnaissons à Coppola le mérite d'avoir fouillé l'analyse psychologique de son personnage principal, mais les autres personnages sont à peine esquissés et rendent le film un peu froid et technique. Je lui ai préféré "La Vie des autres" qui, sur un thème de même nature, privilégie l'émotion et les sentiments. Bravo à Gene Hackman, remarquable, et coucou au tout jeune Harrison Ford !!!
Harry est un expert en surveillances et en écoutes. Travaillant aussi bien à la solde des forces de l'ordre que de clients privés, il est cette fois chargé d'enregistrer un jeune couple dans un parc. Mais il ne peut rester indifférent devant la teneur ambiguë de leur conversation, et se persuade qu'il va mettre en danger les tourtereaux s'il remet l'enregistrement à son client... Parfois un peu oublié car sorti entre les deux "Godfather", "The Conversation" est pourtant un film fort de Francis Ford Coppola, sorti très à propos à l'époque, en plein scandale du Watergate. Cependant soyez prévenus, il ne s'agit pas d'un thriller haletant, mais plutôt d'un polar paranoïaque lancinant, qui utilise les craintes et paradoxes de son protagoniste (un solitaire renfermé qui passe son temps à pénétrer la vue privée d'autrui) pour dénoncer les méthodes de surveillance et d'espionnage des gens ordinaires. Une critique toujours actuelle devant les méthodes de surveillance utilisées aujourd'hui par la NSA... Sur la forme c'est impeccable. Gene Hackman est à la fois touchant et inquiétant dans ce rôle d'expert fragile, dont la conscience le pèse plus qu'il n'y parait. Il est entouré de solides seconds rôle (John Cazale, Robert Duvall, et même un inquiétant et jeune Harrison Ford !). Coppola offre également de beaux moments de mise en scène, et un montage expérimental sonore et visuel percutant : la conversation qui se dévoile peu à peu par fragments, ou encore des images chocs dans le dernier acte.
Le moins connu des films de Coppola et pourtant le meilleur!! Quel scénario original mis en lumière par une mise en scène si intelligente et si élégante. L'un des meilleurs rôle de Gene Hackman qui peut sans modestie prétendre faire partie des grands. On a vraiment l'impression que le film est fait avec un petit budget (pas d'effets spéciaux, pas de décors ou artifices particuliers), pourtant on reste scotché devant une oeuvre aussi magistrale qui nous montre à quel point un grand réalisateur, un grand acteur et un scénario valent 1000 fois certaines énormes productions...
Il fut un temps où l'on faisait des films élégants, lents, sans bavardages ni explosions. Ce thriller est de cette facture. On pense au Samouraï avec Delon. Hackman campe un pro du mouchard, un homme seul, pieu, bourré de remords. La première heure est longue, mélancolique. La dernière demi-heure est glacante, parano, ébouriffante de maitrise. Hackman est un vagabond au milieu de la conspiration, au milieu d'un monde indifférent, silencieux, comme sous écoute lui aussi. Quoi qu'on en dise, dans tout art, cinématographique, musical, littéraire, le plus important reste le style, ce qui vous distingue du reste du monde. Sur cette échelle de valeur, la carrière de Coppola est tout en haut.