Des villages inondés dans les profondeurs du lac Gatun, le lac artificiel qui permet le passage du canal de Panama, il ne reste que les arbres, pétrifiés, morts de vie. Leurs anciens habitants, incurables de la dépossession de leurs terres, ont essayé de se transformer en autre chose qu'en humains avec l'illusion de retourner sur leurs territoires. Une répétition des sensations des corps possédés, des êtres restés sous l'eau et qui se souviennent à travers leur peau. Les incurables sont les arbres, les humains bannis, sont les corps qui continuent à aspirer à leurs terres, à leurs viscères, aux entrailles de ce qui les a fait exister. Ils passent alors à d'autres états, animaux, végétaux, pour être instinctifs et demander de la résilience pour les transformer en autre chose.