Souvent en étroite complicité avec son frère de cinéma Martin Scorsese, il s'est glissé dans la peau de petits voyous, de grands mafieux, de vétérans du Viêtnam traumatisés ou de jaloux pathologiques, dont la fureur contenue affleure et explose tour à tour. Mais si Robert De Niro a incarné comme nul autre la violence pulsionnelle de l’Amérique, il l'a fait avec une singulière douceur. Farouchement pudique, voire secret, celui que l'on considère comme l'un des plus grands acteurs de sa génération a choisi de s'exprimer à travers ses rôles pour écrire une page essentielle du cinéma du dernier demi-siècle. Qui est cet artiste qui a longtemps cherché à se dissimuler malgré les projecteurs, jusqu'à changer, dans sa soif de perfection, de corps et de visage au gré des rôles ? Et si, derrière le masque de ses personnages, il avait livré une part de son mystère ?
L'acteur qui a mis en exergue la violence des États-Unis comme personne avant ni après lui. Il est le monstre par excellence, un monstre de cinéma qui se voit vieillir dans un monde qui perpétue les rôles qu'il n'a cessé d'incarné.